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Panneaux photovoltaïques : vers un encadrement du risque incendie

Défauts de matériel ou de mise en œuvre, les panneaux photovoltaïques peuvent être à l'origine de départ d'incendie. Sur un bâtiment en feu, ils requièrent également le respect de consignes de sécurité par les équipes d'intervention.

Risques  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Panneaux photovoltaïques : vers un encadrement du risque incendie

"Au début de l'été, des panneaux Scheuten Multisol® ont été à l'origine de deux incendies en Alsace et dans les Landes, pointeBruno Gaiddon, responsable du département photovoltaïque de l'association Hepsul, un défaut de conception de cette gamme, un câble mal connecté à la carte de circuits imprimés, provoque des arcs électriques ".

Durant la production de courant,les boîtiers de jonction peuvent alors fondre et entraîner un embrasement du système. Hespul préconise aux propriétaires de ces modules un certain nombre d'actions préventives dont - par sécurité - l'arrêt de la production d'électricité.

Les produits concernés sont les modules de type Multisol®, produits entre septembre 2009 et juillet 2010 équipés de boîtes de jonction Solexus. 5.000 installations pourraient être équipées de ces produits. La probabilité de jonction défectueuse sur ces modules serait de 0,25 pour 1.000 selon le fabricant et entre 6 et 8,8 pour 1.000 selon les installateurs et le groupement des particuliers producteurs d'électricité photovoltaïque (GPPEP).

La gestion de ce problème et le remplacement des panneaux se heurtent aujourd'hui à une difficulté : la société Scheuten a fait faillite en mars 2012. Son repreneur, Scheuten Solar Solutions BV exclut sa responsabilité dans ce disfonctionnement mais propose aux propriétaires de vérifier si leurs installations sont concernées (par l'intermédiaire d'un formulaire) et le remplacement éventuel des boîtiers. La main-d'œuvre sera cependant à la charge du particulier.

Le GPPEP ainsi que l'association de professionnels Touche pas à mon panneau solaire (TPAMPS) se sont saisis du dossier : ils informent et proposent de fédérer l'ensemble des personnes concernées.

864 installations non conformes

Ce disfonctionnement de panneaux photovoltaïques n'est pas un cas isolé. Sur 2.341 installations photovoltaïques contrôlées en 2009, 864 seraient non conformes, selon le Comité national pour la sécurité des usagers de l'électricité (Consuel). Parmi celles-ci, 28 % présenteraient un risque d'incendie. "Pour parer des départs de feu potentiels, il faut éviter les mauvais contacts électriques et notamment que les connecteurs mâle et femelle soient du même fabricant. Malheureusement, des copies ont circulé, ce qui fait que des matériaux de marques différentes ont été reliés ensemble", noteGérard Moine, directeur technique pour le bureau d'études spécialisé dans les énergies renouvelables Transenergie

Tarifs d'achats intéressants, crédits d'impôts, à ses débuts, le secteur a attiré de nombreux acteurs pas forcément tous qualifiés. En 2006,des mesures incitatives ont été mises en place pour encourager l'intégration au bâti des panneaux photovoltaïque. "Cette mesure a été trop brutale : de nombreux acteurs se sont mis à faire de l'intégration, dénonce Bruno Gaiddon, ces systèmes fonctionnent très bien lorsque les installateurs sont consciencieux et ont le temps d'intervenir sur le bâtiment mais peuvent devenir catastrophiques lorsqu'ils ne connaissent pas leur métier et enchaînent les chantiers".

Ce type d'installation demande une vigilance plus particulière par rapport à la toiture : le panneau photovoltaïque génère en effet une chaleur importante : entre 50 et 80 °C.

"Conserver la toiture et mettre un panneau par-dessus s'avère meilleur d'un point de vue sécurité car cela permet de laisser passer de l'air en dessous : il n'y a pas de contacts directs entre le panneau et la charpente", assure Stéphane Duplantier, responsable du pôle phénomènes dangereux et résistance des structures de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris).

Risque lors de l'intervention des pompier

Défauts de fabrication du matériel ou de mise en œuvre, si les panneaux photovoltaïques peuvent être à l'origine d'incendie, ils peuvent également - dégradés par le feu - présenter un risque pour les pompiers. Ces derniers ont recherché les situations à risques et ont établi des préconisations pour y faire face. Ils redoutent notamment des chocs électriques lors d'intervention sur des bâtiments équipés de modules.

"Lorsqu'un bâtiment est en feu, repérer des panneaux photovoltaïques n'est pas évident, souligne Gérard Moine. Désormais il existe des étiquettes obligatoires qui sont placées à proximité des disjoncteurs d'électricité pour indiquer qu'il y a des modules". Certains fabricants proposent également des "coupures pompiers" pour éviter les risques de contacts électriques lors des incendies. La coupure des modules photovoltaïques se fait alors automatiquement.

Transénergie a élaboré un guide à destination des installateurs pour réduire les risques liés aux panneaux photovoltaïques. Un guide de bonnes pratiques à destination des pompiers devrait sortir prochainement.

"Aujourd'hui, nous recensons 300.000 installations et seule une trentaine d'installations pour lesquelles il y a eu des incendies, modère Gérard Moine. Et nous ne sommes pas toujours sûrs que cela soit dû au photovoltaïque". Une évaluation du risque incendie associé à l'implantation de panneaux photovoltaïques sur différents bâtiments réalisés par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et l'Ineris montre que les panneaux photovoltaïques ne jouent pas un rôle déterminant dans la propagation d'un feu.

Future réglementation pour les bâtiments industriels

Lors de cette étude, un groupe de travail s'est également penché sur les perspectives réglementaires pour les installations classées. "Les entrepôts sont propices à l'implantation de panneaux photovoltaïques, c'est en train de se développer mais hors contexte réglementaire : à chaque fois c'est du fait de dérogations, explique Stéphane Duplantier, responsable du pôle phénomènes dangereux et résistance des structuresde l'Ineris. Il y a deux ans, le ministère nous a demandé d'identifier les risques et les freins réglementaires pour mettre en place ce type de technologie".

Ce texte viendra préciser les règles d'implantation en fonction des risques que présente le bâtiment. La réglementation sera cependant applicable à toutes les installations classées. " Nous ne voulons pas faire de rubriques spéciales, les installations PV devront respecter les arrêtés spécifiques aux installations supports", précise Stéphane Duplantier. " L'idée n'est pas de faire une réglementation pénalisante, mais un texte de bon concert entre l'activité et l'implantation des panneaux".

Les règles d'intervention seront également homogénéisées pour que les indications soient les mêmes chez le particulier et l'industriel.

La future réglementation devrait insister sur le contrôle et la maintenance des modules : inspection de l'intégrité du circuit électrique, le bon fonctionnement des coupe-circuits, l'inspection visuelle des câbles ou connectiques, un repérage des points d'échauffement ou des impacts éventuels par exemple après un épisode de grêle.

"Ce texte pourrait sortir au début de l'année prochaine au plus tard : il a été mis entre parenthèse avec les élections et les travaux devraient reprendre à la rentrée", estime Stéphane Duplantier.

Réactions10 réactions à cet article

 

souhaite des information

j'ai une installation depuis juillet 2011
beaucoup de probléme

maurice | 29 août 2012 à 12h11
 
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Intéressant mais il faut peut-être un peu plus développer Maurice : quoi comme problèmes ? Liés au risque électrique ou pas ?

Lionel | 29 août 2012 à 13h54
 
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Votre New Letter attire l'attention sur le risque d'incendie inhérent aux installations photovoltaïques et vos remarques sont pertinentes, pour les causes et les mesures de prévention. Toutefois, je ne suis pas d'accord avec le propos, ci-dessous.
"Conserver la toiture et mettre un panneau par-dessus s'avère meilleur d'un point de vue sécurité car cela permet de laisser passer de l'air en dessous : il n'y a pas de contacts directs entre le panneau et la charpente", assure Stéphane Duplantier.
Je voudrais nuancer le côté radical de l'explication et de l'argumentation, en effet des générateurs ont été conçus en vue d'une intégration en toiture sécurisée et fiable et en respectant les préconisations gouvernementales et administratives!
Il existe des matériels où le laminé est collé sur un bac en composites de qualité M1, c'est à dire non inflammable, avec en plus aucun cadre métallique, pas de mise à la terre et pas de conduction ....outre ces avantages, un système de ventilation efficace qui permet de dissiper la chaleur produite.
Merci de ne pas généraliser et surtout de vulgariser les meilleures conceptions et techniques.

Ph D 53 | 29 août 2012 à 17h16
 
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Juste @ Ph D 53 :
Je suis d'accord sur le fait que les produits désormais sur le marché sont de bonnes qualités mais malgré tout l'intégration bâti génère des surcoûts, de fabrication et surtout d'installation. De plus cela nuit toujours un peu au productible, si efficace que puisse être le système de ventilation.

L'intégration bâti, une spécificité plutôt française aura et a quand même coûté cher, mais pourquoi pas.

Tombour | 30 août 2012 à 15h18
 
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Tous les panneaux sont potentiellement dangeureux. Un défaut dans le circuit électrique peut provoquer un échauffement rapide. loi de Joule
W = RI2t. L'échauffement est proportionnel au carré de l'intensité. S'il n'y a pas d'entretien programmé, alors tous les panneaux sont à risque.

dany87 | 06 mars 2013 à 17h36
 
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@Dany87 : ça c'est la théorie commune à n'importe quel appareil électrique mais chacun est sensé avoir une ou plusieurs sécurité pour ses divers risques. Cela doit faire l'objet de réglementation sur les normes de construction et leur contrôle.

Lionel | 06 mars 2013 à 18h07
 
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Non Lionel, on peut mettre toutes les réglementations en vigueur et on n'empèchera pas un connecteur de devenir défectueux, un rongeur se délecter des câbles et autres. La maintenance de ces panneaux souvent posés de façon anarchique et absolument nécessaire et je pense qu'elle va rapidement devenir obligatoire, ce qui augmentera le prix de production à l'avantage d'autres sociétés bidon qui se lanceront dans la faille.
L'incendie des panneaux n'est pas du à un court circuit comme on l'entend souvent. Le court circuit est détectable au moyen d'un disjonteur. En revanche un échauffement est indétectable sauf si on utilise la caméra infra rouge qui donne les points chauds.

dany87 | 07 mars 2013 à 11h53
 
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j'ai une installation pv de marque scheuten multisol je vous dis pas la déception face aux cas d'incendies ... que dois je faire pour continuer de produire sans risques( faut bien au minimum amortir ) y a t il un suivi des installations incriminées ? est ce qu'il y a eu d'autres cas ou est ce tout simplement une mauvaise installation voir arnaque a l'assurance , on peut tout envisager pour quoi pas : ce qui est sur c'est la confiance bafouée ; dorénavant pas plus confiance en personne ni en rien que pour un homme politique

tilou71 | 03 mai 2013 à 20h15
 
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Bonjour à tous,

J'ai sur mon toit des panneaux PV de marque Scheuten modèle Multisol Performance. Ils ont été installés en octobre 2008 : y a t-il un risque dû à un hypothétique boitier de raccordement (je ne me rappelle pas avoir vu de boitier lors de l'installation de ces panneaux). Merci d'avance.

BrunoB | 17 mai 2013 à 23h09
 
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pour ceux qui ont une installation scheuten il y a des actions en cours ..participez tous activement afin de faire "bouger" les choses ..

Regismu | 31 mai 2013 à 10h27
 
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