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“Les 18 filières de la croissance verte relèvent véritablement d'une réflexion industrielle”

Dans une étude récente, le Commissariat Général au développement durable (CGDD) a analysé les forces et les faiblesses des filières dites de la ''croissance verte''. Un outil d'incitation à l'investissement que Michèle Pappalardo, Commissaire générale au Développement durable et Déléguée interministérielle au Développement durable, commente pour Actu-Environnement.

Interview  |  Gouvernance  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
   
“Les 18 filières de la croissance verte relèvent véritablement d'une réflexion industrielle”
Michèle Pappalardo
Commissaire générale au Développement durable
   
Quels sont les facteurs qui vous ont permis de dénombrer 18 filières de la ''croissance verte'' ?
En 2009 parallèlement à la crise, on a assisté dans tous les pays du monde au développement du concept de croissance verte. Pour autant au-delà du concept, il était essentiel de déterminer quelles étaient les filières qui illustraient ce renouveau de croissance plus sobre et d'analyser celles sur lesquelles la France pouvait jouer un rôle majeur. 18 sont ressorties1.
Pour certaines, il est vrai que les filières que l'on a identifiées ne sont pas d'une grande originalité. Par exemple, les filières énergies renouvelables et efficacité énergétique résonnent dans la tête de tous. En revanche la partie sobriété en ressource naturelle qui vient compléter la sobriété en énergie semble plus originale avec cette idée que l'économie verte, peut-être une économie non seulement décarbonée, mais aussi sobre en ressource naturelle. A donc été identifiée la filière déchet, avec l'optimisation des procédés par exemple, mais aussi la filière ''eau'' qui relève bien de cette logique de sobriété de ressources.
Qu'elles se répartissent en filières de sobriété énergétique, en filières de sobriété en ressource naturelle ou en filières de décarbonisation (développement des énergies non-productive de GES ou des techniques de lutte contre les émissions telles que la capture et le stockage du C02) ces 18 filières s'inscrivent sur un même fil conducteur : à terme, nos modèles de consommation devront évoluer pour que les 9 ou 10 milliards d'hommes de la planète vivent en adéquation avec les ressources disponibles sur la planète.

Finalement les procédés sobres, tels que vous les avez identifiés, devraient être en mesure de relever conjointement les défis écologiques, économiques et industriels ?
Nous pensons que les 18 filières identifiées reposent sur des activités qu'il sera indispensable de déployer. Les questions que l'on se posait, relevaient dès lors d'une véritablement réflexion industrielle : quelles sont les filières sur lesquelles la France va pouvoir tenir un rôle majeur ? Quelles sont les conditions à satisfaire pour y parvenir ?
Notre travail a donc été de préciser les conditions nécessaires pour accompagner les filières qui revêtent un fort potentiel de développement et sur lesquels nous affichons dès aujourd'hui des atouts industriels qui entretiennent notre compétitivité au niveau mondial.
Pour d'autres filières sur lesquelles la France est déjà trop en retard pour devenir réellement l'un des leaders mondiaux, et même si l'on ne dit pas qu'il ne faut rien faire, il paraît préférable de laisser les entreprises étrangères s'installer.
Parfois, la logique est encore différente : pour certaines filières sur lesquelles on ne sera peut-être pas des leaders mondiaux mais qui affichent un potentiel important, il faut alors que l'on sache ensemencer le tissu industriel français de PME pour tenir notre rang.

Justement, quelle est la place de l'innovation dans les filières que vous avez identifiées ?
Pour la plupart des secteurs, on n'est pas tout de suite en présence de grands opérateurs mais plutôt d'un foisonnement d'acteurs qui aujourd'hui nous font penser que l'on pourra tenir un rang notable dans un proche avenir. En effet, les filières sont positionnées assez différemment. Certaines sont déjà matures telles que celles de l'efficacité énergétique des bâtiments et des déchets, tandis que d'autres sont vraiment très innovantes et en amont à l'instar de la filière biocarburant de troisième génération. Tout est donc une affaire de pondération : il est plus difficile de prendre du retard sur une filière qui est très innovante que sur une autre qui s'avère plus mature. Au final sur les secteurs qui sont les plus innovants, on peut imaginer que l'on a un meilleur potentiel de positionnement à condition, et c'est aussi l'intérêt de notre travail, de bien définir quelles sont les actions que les pouvoirs publics devront engager pour que ces filières s'épanouissent et que l'on ait des industriels qui investissent vraiment en France pour les soutenir.

Votre étude est pour l'instant prospective : comment se concrétisera-t-elle ?
Nous avons fini notre rapport en septembre dernier. Il a ensuite été publié sur Internet pour demander aux concernés, leur avis sur notre constat. À peu près 400 retours de formes diverses ont été enregistrés : consistants pour la plupart, avec des réflexions d'entreprises, de secteurs professionnels, d'acteurs financiers voire d'établissements de recherche…
La version définitive du rapport qui intégrera le résultat de la consultation sera finalisée dans les jours voire les semaines qui viennent.
Suite à ce rapport, seront établies des feuilles de route et des plans d'action qui porteront à la fois sur l'offre et la demande et qui influeront à terme sur la réglementation.
Mais l'objectif est avant tout de venir conforter la vision des industriels et des financiers pour la filière verte et de les motiver à y investir. Car si l'investissement public peut intervenir au niveau de la recherche en amont, il n'en est pas tout à fait de même pour la filière industrielle et ce, même si l'on fait en sorte que le grand emprunt soit en phase avec ces projets. Des chargés de mission en cours de recrutement s'occuperont des plans d'actions pour les achever à la fin du premier semestre. Le but est de donner une vision globale de ce qui est entrepris un peu partout et de partager ces éléments d'information avec les industriels concernés.


1/ Biomasse énergie, éolien, photovoltaïque, géothermie, énergies marines, biocarburants, véhicules décarbonés,
captage et stockage de CO2, réseau électrique intelligent (smart grids), stockage de l'énergie et batterie, efficacité des bâtiments, biomasse matériaux, recyclage des déchets à haute valeur ajoutée, chimie verte,
métrologie instrumentation, optimisation des procédés industriels, logistique et gestion de flux, eau.

Réactions5 réactions à cet article

 
...ensemencer le tissu industriel...!!!! Avancer !

''....d'autres filières sur lesquelles la France est déjà trop en retard pour devenir réellement l'un des leaders mondiaux...,'': triste constat !
Particulièrement vrai pour l'éolien offshore !!!! Qd est-ce que les 105 MW de Veulettes, déjà annoncés par François Loos en son temps de Ministre, vont enfin tourner et produire, puis faire école ailleurs sur notre pourtour côtier de, soit-disant, 2ème potentiel éolien offshore européen''...

''...pour certaines filières qui affichent un potentiel important, il faut que l'on sache ensemencer le tissu industriel français de PME pour tenir notre rang.'': on en est où des actions inhérentes ! Va falloir que le MMEEDM se bouge !!!
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 11 mars 2010 à 08h58
 
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ET alors...ça veut dire quoi en pratique?????????

blablabla

arthur duchemin | 11 mars 2010 à 10h15
 
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Un paradoxe fondamental

Par essence, la 'croissance verte' est un paradoxe. La croissance économique, telle qu'elle est souhaitée par les élites financières et politiques, implique un maintien voire une hausse des volumes de production, des exigences toujours plus importantes en termes de mobilité physique et de flexibilité sociale, facteurs ayant un impact négatif direct sur l'environnement (épuisement des ressources naturelles, appauvrissement des sols, pollution de l'air et des eaux, etc.). Or, l'environnement a ses limites que l'économie ne semble pas reconnaître. La croissance dite 'verte' ne va donc pas améliorer l'état de l'environnement puisqu'elle entend faire croître indéfiniment une économie réelle dans un monde fini. Il s'agit seulement de maquiller le système antérieur pour le rendre plus tendance, pour faciliter son assimilation par les branches écologistes et socialistes de la population.

Drexl | 11 mars 2010 à 12h48
 
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Tout est règlé

Tout le monde est d'accord, même Georges W Bush aurait dit OK - la Technologie va nous sauver.
Nul besoin de changer nos petites habitudes!
Pas de soucis, on va tous être HEUREUX.

Casterac | 11 mars 2010 à 14h01
 
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La vraie croissance presque verte est ailleurs...

Comme exprimé dans les messages précédents, ce rapport est une honteuse tromperie.
Visitez le site http://bloomenergy.com/products/pour comprendre que c'est ailleurs qu'on trouve, sinon LA SOLUTION (il n'y en a pas), mais une action à la fois industrielle, économique et... presque écologique
Faut-il aller en Californie pour trouver autre chose que des administrations qui nous prennent pour des jobards ?

michous | 13 mars 2010 à 12h38
 
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