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Les parcs éoliens français se multiplient lentement mais sûrement

Alors que La Compagnie du vent continue de défendre son projet de parc éolien offshore en mer des Deux Côtes, Endesa France a inauguré son premier parc dans l'Aisne. Si la filière semble enfin décoller, il reste malgré tout des obstacles importants.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Parmi toutes les énergies renouvelables, l'éolien connaît la plus forte croissance. De 4.800 MW en 1995, la production mondiale a été multipliée par 12 en 10 ans pour atteindre 59.000 MW en 2005. Plus de 50 pays dans le monde développent leur capacité installée avec en tête l'Allemagne (19.000 MW), l'Espagne (11.000 MW), les Etats-Unis (9.149 MW), l'Inde (4.430 MW) et le Danemark (3.122 MW). Alors que le gisement éolien français est estimé à 50.000 MW, dont 30 000 MW en offshore, le parc éolien français devrait atteindre près de 2000 MW au premier trimestre 2007. Si cela reste tr ès peu comparé aux voisins allemands et espagnols, après un démarrage particulièrement lent et difficile, la filière semble décoller.

Le 14 mars dernier, Endesa France a inauguré le premier de ses cinq parcs éoliens à Lehaucourt dans l'Aisne. Pour sa première réalisation, Endesa France a choisi la technologie éolienne du constructeur Nordex. Hautes de 125 mètres et d'une puissance nominale de 2,5 MW, les quatre éoliennes d'une puissance installée de 10 MW produiront l'équivalent de la consommation électrique (hors chauffage) de 22.000 habitants. Cet investissement d'environ 10 millions d'euros s'inscrit dans le plan industriel d'Endesa France qui prévoit de développer 200MW d'éolien à l'horizon 2010. Quatre autres parcs éoliens sortiront de terre dès 2008, dont deux en Bretagne de 10 MW chacun et deux en Champagne-Ardenne respectivement de 10 et 7,5 MW.

Mais si pour Endesa, le projet a réussi à voir le jour après 3 ans de procédure et d'études ce n'est pas le cas de tous les projets éoliens prévus en France. Le projet de parc éolien offshore prévu en mer des Deux Côtes (Somme et Seine-Maritime) et déposé par La Compagnie du Vent en est un exemple. Rejeté en décembre dernier par la préfecture en raison des mines présentes dans la zone et exposé à l'opposition des pécheurs et de certains élus, le projet prévoit l'installation de 156 éoliennes pour une puissance totale de 702 MW. Malgré ce refus qu'elle espère temporaire, La Compagnie du Vent poursuit le montage de son projet. Elle vient ainsi de finaliser avec le gestionnaire du Réseau de Transport d'Electricité (RTE) les conditions de raccordement électrique du parc. Il sera raccordé par des lignes souterraines à un poste électrique situé à proximité de la centrale de Penly sur la côte. L'électricité produite par les éoliennes pourra ensuite être acheminée jusqu'aux consommateurs par les structures existantes, sans qu'il soit nécessaire de construire de nouvelles lignes électriques, ni même de renforcer celles actuellement en place sur le réseau électrique.
Parallèlement, face au refus de la préfecture d'instruire sa demande, La Compagnie du Vent a adressé un recours gracieux aux préfectures de la Somme et de la Seine-Maritime. Si les préfectures ne donnent pas une suite favorable à ce recours, La Compagnie du Vent pourrait poursuivre son action en déposant un recours contentieux auprès du tribunal administratif.

Ces blocages au niveau des préfectures sont l'une des difficultés rencontrées par les porteurs de projet éoliens. Pour harmoniser la prise de décision à ce niveau et rendre cohérent le développement de l'éolien sur le territoire, le Syndicat des Energies Renouvelables propose par exemple de créer un comité national de pilotage de l'éolien. Car selon lui plus de 10.000 MW de projet pourraient être opérationnels en 2010 si les obstacles rencontrés aujourd'hui étaient levés et s'ils n'en surgissaient pas de nouveaux. Globalement le SER se félicite des outils contenus dans la loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique : Zone de Développement Eolien (ZDE) même si pour l'instant seules 6 ont été approuvées, révision des tarifs d'achat de l'électricité de source éolienne porté à 82 €/MWh sur les 10 premières années du contrat puis entre 28 et 82€/MWh pour les années restantes, programmation pluriannuelle des investissements qui prévoit d'atteindre 18.000 MW éoliens installés en France d'ici 2015… Le SER reconnaît que ces outils offrent un cadre de développement à la filière mais il reste encore des obstacles à lever notamment les interférences radars provoquées par les éoliennes qui laissent en suspens près de 3.000 MW éoliens. Le SER estime également qu'il faut encore quelques éclaircissements de la part des pouvoirs publics pour que le dispositif des ZDE prenne de la vitesse et joue le rôle positif pour lequel il a été créé. Ces efforts semblent encore plus nécessaires depuis la décision du conseil des ministres de l'Europe de porter à 20 % le taux d'électricité provenant de source renouvelable à consommer en Europe d'ici à 2020. Selon le SER, la majeure partie de l'augmentation de production d'électricité verte proviendra de l'éolien.

Réactions3 réactions à cet article

 
Nous n'avons pas à rougir, nous français.

Une fois de plus je lis que la France est en retard sur d'autres pays en matière d'environnement et particulièrement face à l'allemagne.
Qui en Europe rejette le moins de gaz à effet de serre?
Qui en Europe a le plus important ratio de production électrique à partir d'énergies renouvelables?
Qui en Europe produit les voitures les moins polluantes?
Ce n'est pas l'Allemagne même si ils disent le contraire mais bien la France.
Et pourtant en Allemagne aussi ils ont des rivières et des fleuves capables d'etre utilisés, mais eux n'ont pas eu le courage d'affronter leurs populations pour imposer les barrages.
Alors de grace faisons plutot les louanges de l'énergie hydraulique capable de fournir quand nous en avons besoin que de l'énergie éolienne qui fournit quand le vent veut bien se lever mais pas trop. Le gros problème est que dans ce cas nous français serions présentés comme précurseurs actifs ce qui est contraire à notre culture.

Vincent Dassonville

Anonyme | 22 mars 2007 à 12h36
 
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Re:Nous n'avons pas à rougir, nous français.

bravo, mille fois bravo.
Non à l'écologie punitive et vive la France

Anonyme | 16 avril 2007 à 23h38
 
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Bulle Eolienne: du profit à 11% sur le dos des...

Quand donc la bulle éclatera? A 4% de la consommation du pays dans...20ans? Et alors éclatera le scandale vert "payez petits français, nous empochons les dividendes à 11%".
Allez au Danemark qui a dû stopper net le financement technocratique de l'éolien dès fin 2004. L'Allemagne suivra tôt ou tard et retournera au....charbon et vive le CO2.
Alors félicitons-tous ces petits malins qui écopent le bateau qui coule avec une petite cuillère.
Quand est-ce que nos technocrates auront le courage de rétorquer à la Commission que ses mesures sont futiles et surtout dérisires face à un pays dont 95% de la production électrique ne relache pas de CO2, sauf par le mégot du chef de centrale.

Herve | 06 juillet 2007 à 21h20
 
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