En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Voies sur berges : la Région Ile-de-France veut une réouverture partielle

La Région Ile-de-France reste opposée à la fermeture des voies sur berges parisiennes. Elle propose d'en rouvrir une des deux. Son dernier rapport montre toutefois une diminution des temps de parcours sur l'itinéraire alternatif.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Ce mardi 14 mars, Valérie Pécresse a présenté les conclusions et les propositions du comité régional d'évaluation de la fermeture des voies sur berges parisiennes. La présidente (Les Républicains) de la Région Ile-de-France renonce à demander à la Ville de Paris et au préfet de police la réouverture totale de la rive droite des voies sur berges parisiennes. La Région "ne propose pas de scénarios orthogonaux" qui s'opposeraient frontalement à la volonté de la Ville de Paris, défend Valérie Pécresse, ajoutant qu'elle "ne remet pas en cause la piétonisation". Néanmoins, elle tient absolument à rouvrir une des deux voies sur berges.

Valérie Pécresse suggère "une solution de compromis progressive", qui aboutirait, à terme, à la fermeture des voies sur berges. A quelle échéance ? La Région "n'a aucune visibilité sur la suite", explique sa présidente. Parallèlement à cette réouverture au trafic des voies sur berges, l'Ile-de-France réclame aussi des mesures compensatoires. Elle attend maintenant une réponse de la Ville de Paris qui doit prendre la décision finale en concertation avec la préfecture.

Amélioration des temps de parcours

Les propositions de la Région sont issues des travaux du comité régional d'évaluation de la fermeture des voies sur berges parisiennes. Selon le comité, il n'y a pas eu de diminution du trafic depuis la fermeture des voies sur berges. Toutefois, les données du comité semblent contredire cette conclusion. En s'appuyant sur les chiffres de janvier, le comité met en avant des allongements de 3 minutes le matin à un peu plus de 7 minutes le soir. Ces chiffres font apparaître une amélioration par rapport au pré-rapport qui se basait sur des chiffres de novembre 2016 : à l'époque, l'allongement du temps de parcours était de 11 minutes. Le temps de parcours semble donc s'améliorer progressivement.

Pour mesurer l'évolution des nuisances sonores et de la pollution atmosphérique, le comité reprend les chiffres de son précédent point d'étape réalisé en janvier. S'agissant du bruit, la Région avance des hausses allant de 0,5 décibel (dB) à 3,5 dB, selon les endroits et les moments de la journée. Quant à l'impact sur la qualité de l'air, les résultats "sont beaucoup plus complexes à analyser", explique le président du comité, Pierre Carli. Il évoque en particulier les conditions climatiques variables qui rendent délicates les comparaisons entre différentes périodes.

A ce stade, le comité est "très en faveur d'une prolongation de la période de test", explique Pierre Carli, plaidant pour une extension de l'expérimentation d'"au moins trois mois" pour améliorer la connaissance des impacts de la fermeture des voies sur berges.

Rouvrir une des deux voies sur berges

Du côté des propositions, le comité soumet deux scénarios. Le premier, appelé "transit apaisé", prévoit de rouvrir une des deux voies sur berges au trafic. L'espace restant serait aménagé pour les piétons et les cyclistes. Les voitures pourraient y circuler à 30 km/h et pourrait emprunter les rampes d'accès depuis et vers les quais hauts. Sur ces derniers, trois files de circulation à 30 km/h et un service de bus en site propre seraient mis en place. Une piste cyclable à double sens serait aussi aménagée.

Le comité préfère ce scénario qui prévoit "un partage des espaces et assure la sécurité", explique Pierre Carli. La Ville de Paris propose pour sa part de n'ouvrir au trafic routier que les quais hauts. Elle souhaite aussi y aménager deux voies de bus (une pour chaque sens).

Le second scénario du comité régional, appelé "apaisement des quais hauts et transit limité", prévoit l'ouverture d'une voie de transit à 50 km/h sur les berges, entre la place de la Concorde et le bassin de l'Arsenal. Contrairement au scénario précédent, les voitures ne pourraient pas regagner les quais haut en cours de parcours. Les quais hauts seraient aménagés avec deux voies de circulation à 30 km/h et un bus en site propre. Le trottoir côté Seine serait aussi élargi et une piste cyclable protégée à double sens serait aménagée.

Douze mesures compensatoires

Enfin, la Région demande la mise en place de douze mesures compensatoires. Les quatre premières concernent l'amélioration des transports en commun : création d'un bus électrique en site propre sur les quais hauts avec un retour par la rue de Rivoli, création de trois parkings relais de 300 places chacun aux portes de Paris, renforcement des parkings relais existants, création d'une navette fluviale sur la Seine et renforcement de l'offre sur la ligne 1 du métro.

La deuxième série de mesures vise à fluidifier la circulation. La Région y fait figurer la réouverture d'une voie de circulation sur les berges, conformément à son premier scénario, la création de six carrefours intelligents et l'optimisation du trafic des véhicules de service urbains. Sur ce dernier point, elle souhaite interdire la circulation des véhicules de livraison et de propreté en période de pointe. Enfin, elle veut protéger les riverains des nuisances sonores en installant un revêtement acoustique sur la chaussée et en demandant à la ville de Paris d'apposer une isolation phonique sur les façades des logements les plus impactés.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question au journaliste Philippe Collet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…