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Actu-Environnement

L'UE renforce ses relations avec le Brésil dans le domaine des biocarburants

À l'occasion du premier sommet UE-Brésil qui s'est tenu à Lisbonne le 4 juillet dernier, l'Union européenne a approfondi ses relations avec le premier pays d'Amérique du Sud en concluant un partenariat stratégique sur les biocarburants.

Agroécologie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Le secteur des transports produit presque un tiers des émissions de CO2 dans l'Union européenne (UE) et dépend presque exclusivement du pétrole, combustible fossile largement importé, dont le prix devrait grimper au fur et à mesure que ses réserves diminuent. La nouvelle politique énergétique de l'UE, adoptée en mars 2007, propose de réagir à cette situation en favorisant la production et la consommation des biocarburants pour remplacer l'essence et le diesel et en se fixant un objectif de 10% minimum pour la part du marché des biocarburants d'ici à 2020. Or, si en 2005 l'UE a produit 3,9 millions de tonnes de biocarburants soit une augmentation de 60% par rapport à 2004, ceci ne correspond seulement qu'à 1% de la consommation d'essence et de diésel dans l'UE.
C'est pourquoi, dans la prolongation du premier sommet UE-Brésil qui s'est tenu au Portugal le 4 juillet dernier, la Commission européenne a souhaité réunir les acteurs du secteur des biocombustibles pour discuter des avantages et des enjeux de la production et de l'utilisation de ces nouveaux carburants. À cette occasion, Andris Piebalgs, membre de la Commission européenne et Celso Amorim, ministre brésilien des relations extérieures ont signé un cahier des charges pour établir un dialogue régulier CE-Brésil sur la politique de l'énergie. Le principal objectif de ce nouveau dialogue sur l'énergie est de faciliter les échanges de vues entre l'UE et le Brésil sur tous les aspects liés à la sécurité de l'approvisionnement et à l'énergie durable. L'accord vise également à développer la coopération bilatérale dans des domaines d'intérêt commun, en particulier les biocarburants et les autres sources d'énergie renouvelables, les technologies énergétiques à faible intensité carbonique et l'amélioration de l'efficacité énergétique.
Rappelons qu'avec 13 millions de tonnes de bioéthanol produites en 2005, le Brésil est le premier producteur mondial. Sa position sur le marché international des biocarburants est donc majeure. Le développement du commerce international des biocarburants a d'ailleurs été au cœur des discussions de la conférence au cours de laquelle certains membres de la commission ont plaidé pour l'importation massive de biocarburants en provenance du Brésil afin de répondre à l'objectif que s'est fixé l'UE.
Selon le commissaire à l'énergie, Andris Piebalgs, l'Europe pourrait atteindre son objectif des 10% d'ici 2020 grâce uniquement à la production nationale de biocarburants, notamment en utilisant la terre agricole en jachère et en réduisant le rythme auquel la terre cultivable est abandonnée au sein de l'UE. Cependant, le commissaire estime que même si cette approche est techniquement possible, ce n'est pas celle que nous souhaitons adopter. Nous estimons que cette option visant à se contenter uniquement des biocarburants produits au niveau national n'est ni probable, étant donné les règles commerciales actuelles et la libéralisation commerciale accrue que nous souhaitions voir à l'avenir, ni désirable.

Cette position est loin de faire l'unanimité au sein des agriculteurs européens et des associations de protection de l'environnement qui une fois n'est pas coutume se rejoignent. Les deux acteurs estiment que l'Union européenne ne se rend pas compte des conditions de production du bioéthanol au Brésil : en appeler à des importations de biocarburants venant de pays producteurs à bas coûts en évoquant des motifs environnementaux, c'est fermer les yeux sur les réalités économiques de ces pays, estime Pekka Pesonen, Secrétaire-général du Comité des Organisations Professionnelles Agricoles de l'Union Européenne (COPA) et de la Confédération Générale des Coopératives Agricoles de l'Union Européenne (COGECA). L'avantage au niveau international dont bénéficie par exemple la production brésilienne repose uniquement sur le bas prix des terres, prix qui est maintenu à ce niveau par la destruction des forêts vierges tropicales et des savanes et par une exploitation des travailleurs qui va parfois même jusqu'à l'esclavage, ajoute-il.
La position des Amis de la Terre Europe est similaire et s'appuie sur la situation en Indonésie où la production intensive d'huile de palme exploite illégalement les forêts tropicales, provoque d'immenses incendies et viole les droits des communautés locales selon une récente étude de l'ONG.

Au final, il semblerait que l'Europe ait à choisir entre importer du bioéthanol par vraiment labellisé « commerce équitable » ou « issu de terres durablement gérées » et produire ses agrocarburants sur ses terres plus ou moins intensivement au risque d'accroître la pollution des sols et des eaux. Mais la protection de l'environnement ou l'indépendance énergétique ne sont pas les seuls critères qui entrent en jeu. Même si pour l'instant aucun accord commercial n'est envisagé, le marché européen représente une belle opportunité commerciale pour le Brésil et l'Europe semble déjà imaginer « un retour d'ascenseur » pour d'autres domaines. Pour l'instant, il ne s'agit que d'un dialogue privilégié sur l'énergie entre l'UE et le brésil. Une première réunion aura d'ailleurs lieu à l'automne 2007.

Réactions8 réactions à cet article

 
Amusant article "objectif"

Je me pose la question en lisant votre article: pourquoi ne mettez vous en lien que la position des amis de la terre et pas celle de la profession agricole que vous citez ? Est-ce à dire que, comme le laisse entrevoir vos articles précédents sur le sujet agricole, vous avez des liens privilégiés (idéologiques et informatifs) avec les associations environnementales? Etes vous encore un journal d'information sur ce sujet ou un organisme de communication?
En effet, le choix que vous donnez (pollution ici ou destruction dans les pays en développement) ressemble étrangement à la position des associations sus citées. Ne pouvez vous pas envisager la production de ces biocarburants en Europe sans le corolaire pollution auquel vous semblez tenir?
Cordialement,

Patrick C. | 10 juillet 2007 à 09h17
 
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Re:Amusant article

Bonjour,

Étonnant que votre point de vue. Si tout le monde fait des études, tous ne les rendent pas publics où ne souhaitent pas communiquer dessus.

Après, libre à vous de penser ce que vous voulez sur Actu-Environnement et sur d'éventuels liens, pourquoi pas occultes qui nous unissent avec le monde associatifs, voire pire...

Plus sérieusement nous sommes une SARL indépendante, et n'avons aucun lien particulier avec les assos, ni avec le monde agricole.

Cordialement

David ASCHER

David Ascher | 10 juillet 2007 à 09h26
 
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Re:Amusant article

Habitué à lire actu, ce n'est pas cette impression qui me vient. Je viens de lire l'article qui traite du béton et de Lafarge et je n'ai pas eu le sentiment d'un parti pris, encore moins pro-associatif...

J'en reviens à vos remarques, pour vous rappeler que les eaux de Bretagne, le maïs dans le Lot, l'ardéche ou le sud-ouest ne sont pas le fait d'associations mais bien d'agriculteur.

Si aujourd'hui une partie de la profession n'a pas su s'adapter au créneau de la qualité (mais bcp réussissent en faisant de bons produits), ce n'est pas dans les bio-carburants (ou agrocarburants) qu'elle trouvera des revenus à la fin de la P.A.C...

Enfin, d'un point de vue énergétique les biocarburants sont (pour l'instant ??) une hérésie. Comment accepter de produire 1L d'agrocarburant en consommant 1,2L de fuel ? Et surtout, quelle quantité à terme la France sera-t-elle capable de produire ? Si ces questions vous intéressent, renseignez-vous du côté des spécialistes (je n'en ferai pas la promotion ici), vous verrez que les agrocarburants appartiennent plus au probléme qu'à la solution...

Biling | 10 juillet 2007 à 21h23
 
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Re:Re:Amusant article

Je n'ai pas dit que vous aviez des liens occultes, je dis juste que vous avez une proximité informative et de pensée. Vous en reprenez les termes de communication sans les discuter en général : à titre d'exemple, vous aviez fait un article sur les produits phytosanitaires où vous repreniez la litanie de "la France 3ème consommateur mondial". Cette affirmation, sans compter le fait qu'au dernière nouvelle la France a dû baisser dans le classement, reste une affirmation de communication environnementale car elle ne tient pas compte de l'essentiel en matière écologique à savoir le niveau de pression (la quantité par hectare).
C'est à ce titre que je relevais la fin de votre article où vous ne pouviez vous empécher de reprendre comme une évidence que le choix était si les biocarburants étaient produits en Europe d'accepter une pollution associée. Reprenez les études de l'INRA (elles sont publiques, si vous avez besoin d'aide elles datent pour certaines de quelques années déjà) sur la production de végétaux à destination énergétique et vous verrez que justement dans ces cas là on doit baisser au maximum le niveau d'intrant.

Cordialement,

Patrick C. | 11 juillet 2007 à 07h13
 
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Re:Re:Amusant article

Vous ne voyez pas le lien informatif et l'absence d'objectivité mais vous reproduisez automatiquement cette même pensée unique environnementale. Pour vous, le critère qualité est essentiel, mais vous ne sauriez définir ce critère là: la qualité vous la voyez que d'un point de vue consommateur luxueux citadin. Sauf que des difficultés, on en rencontre chez tous les agriculteurs: petits producteurs et gros (si tant est que l'on ait de vrai gros en France, comparez avec nos voisins idéalisés comme l'Allemagne). Il y a deux problèmes de pollutions, ponctuelle et diffuse: les pollutions ponctuelles qui posent le plus de problème sont "accessibles" à tout agriculteur y compris bio puisque les produits les plus dangeureux sont les hydrocarbures. La pollution diffuse n'augmente plus (contrairement aux communications tapageuses des associations). Le problème sera d'expliquer à ceux qui voudront le comprendre (en êtes vous ?) que ce que l'on observe dans certaines nappes est le résultat d'action d'il y a quelques années.
Tiens, un exemple de communication tapageuse reprise à l'envie (j'attends de revoir un article d'actu environnement là dessus) sur la pollution diffuse: la confusion entretenue entre prélévement et nappes. On nous sort régulièrement que x % des nappes sont touchées alors que c'est x % des prélèvements, certaines nappes ayant plusieurs prélèvements. On fait aussi la confusion entre détection et niveau de risque. On ne fait pas cela pour le monoxyde de carbone, pourquoi le fait-on pour les produits phytosanitaires ?
Ce qui est triste avec cette communication, c'est qu'elle finirait presque par rendre crédible les firmes qui prétendent limiter l'usage de leurs produits, c'est qu'elle leur sert d'excuse pour retirer les produits les moins chers à partir du moment où elles ont une alternative plus chère.

Concernant les biocarburants, vous retombez à nouveau dans la communication environnentaliste: de quels biocarburants parlez vous ?En France on sait en faire à partir de colza, de tournesol, de betterave et de blé. Vous êtes vous penché sur l'étude de l'ADEME sur le sujet (elle est publique, sur leur site AGRICE) où certains des biocarburants les moins efficaces dans leur filière industrielle sont ceux qui ont le plus d'évolution possible (passage d'hydrolyse à des systèmes par membrane). Et je ne parle pas de la deuxième génération qui ne se mettra en place que si une première existe en Europe (et que tout n'est pas importé).

Bref, à quand une information objective où l'on laisse de coté la part d'agitation pour aller chercher la part de vrai ?
Cordialement,

Patrick C. | 11 juillet 2007 à 07h36
 
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Re:Re:Re:Amusant article

Bonjour,

C'est drôle, quand j'écoute de nombreux agriculteurs (je ne les mets pas tous dans le même panier car il y en a de très bien ,et la vie d'agriculteurs est en règle générale très difficile), j'ai véritablement l'impression que l'appât du gain est plus fort que tout :
• Sur-consommation d'intrants,
• Réceptivité quasi-aveugle aux arguments prônant la rentabilité des OGm malgré le problème évident de la dissémination et d'aliénation au producteur de semence
• Débouchés votre reconversion lucrative dans les biocarburants qui sont, tout le monde s'accorde pour le dire tout sauf bio...

Cette relation avec la terre nourricière m'étonne. Comment se déclarer en venir, l'aimer et la connaitre lorsque l'on est capable de l'exploiter à tout prix...

Le pire c'est que je me dis que si je mange c'est grace à eux... Je crois que je vais me mettre au bio,même si c'est parfois très bobo...

Daaaavid

Daaaavid | 11 juillet 2007 à 08h03
 
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Le risque avec les agrocarburants

Le risque avec les agrocarburants c'est de faire tout et n'importe quoi, portés par cette frénésie nationale, européenne et mondiale au risque de voir d'ici quelques années les premières conséquences environnementales pour certaines irréversibles.
Le scandale de l'amiante nous prouve tous les jours qu'il est plus difficile de stopper l'utilisation de certains produits que de prendre le temps en amont d'en observer tous les impacts. Autrement dit, il vaut toujours mieux prévenir que guérir.

Or si on ajoute à nos cultures alimentaires des cultures énergétiques, la pression sur l'environnement sera mathématiquement accrue même si ces cultures énergétiques ne demandent pas autant d'engrais ou de pesticides que les autres.

Je préfèrerai donc plutot que l'Europe nous disent : " on peut produire x millions de litres d'agrocarburants sur notre territoire sans accentuer les pressions environnementales et sans mettre en péril nos stocks alimentaires, alors arangeons nous pour consommer que ces x millions de litres d'agrocarburants en modifiant nos habitudes comportementales pour éviter de devoir importer des produits ".

Je vous rapelle que nos dirigeants nationaux et européens nous rabachent avec l'idée d'indépendance énergétique qui justifie notamment le nucléaire. Devenir dépendant des importations d'agrocarburants brésiliens ne règle en rien ce problème !!! Si pour l'instant nos relations ave ce pays sont cordiales il se pourrait que ce ne soit pas toujours le cas dans quelques années.

Cordialement

mimineflo | 11 juillet 2007 à 10h20
 
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priorité aux priorités

Les manœuvres de l'Europe envers le Brésil pour les Agro-carburants (je préfère ce terme à bio-carburant) montrent une fois de plus quelles sont les priorités de notre société. Il apparait qu'il est plus important pour l'Europe de conserver la capacité actuelle de déplacement des personnes et marchandises que de se préoccuper de l'environnement (conservation des forêts tropicales) et de commerce équitable (situation des travailleurs au Brésil).
Cependant, quelle importance l'Europe accorde-t-elle aux autres possibilités qui permettrait à des véhicules de ce mouvoir (électricité, hydrogène, ...)?

marie | 12 juillet 2007 à 11h04
 
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