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ClimAgri : un vaste chantier de mesure de l'impact de l'agriculture sur le climat

Alors que les collectivités travaillent à leur plan climat, l'Ademe a présenté le retour d'expérience de ClimAgri, un outils de modélisation de l'impact de différentes stratégies agricoles en fonction des caractéristiques du territoire considéré.

Agroécologie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Dans le cadre de la préparation des Plans climats énergie territoriaux (PCET), l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a développé ClimAgri, un outil de modélisation des émissions agricoles de gaz à effet de serre (GES) permettant d'évaluer l'impact climatique de la modification de certaines pratiques agricoles et forestières.

Mi septembre, l'Ademe a organisé une journée technique afin de dresser un bilan de l'expérimentation réalisée sur 12 territoires.

Connaître les pratiques agricoles

En premier lieu, l'outil évalue les consommations d'énergie de l'agriculture, les émissions de gaz à effet de serre et la production de matière première agricole, à des échelles allant de la région aux pays agricoles intercommunaux. Une tache délicate qui nécessite d'obtenir des informations particulièrement précises qui généralement vont au-delà de l'information directement disponible sur les pratiques agricoles.

Pour cela, ClimAgri compile les données sur la structure agricole (cheptel, surface agricole utile, etc.) et sur les pratiques agricoles (nature des cultures, usage des intrants, etc) relatives au territoire étudié. Afin d'obtenir le bilan carbone de l'agriculture du territoire, les informations collectées sont couplées aux coefficients de conversion déterminés par le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa).

ClimAgri s'appuie sur un comité de pilotage et la sensibilisation des acteurs impliqués (conseils régionaux et généraux, chambres d'agriculture, coopératives agricoles, etc.) afin de collecter les données nécessaires à la modélisation des impacts climatiques des pratiques agricoles.

Un travail de fourmi

Il s'agit là d'un long travail, explique Laurence Ligneau, de la Chambre régionale d'agriculture Bretagne qui fut la première à entamer l'expérimentation en mars 2009. Concrètement, "il a fallu 8 mois de collecte d'informations pour créer la base de données", rapporte-t-elle. Quant aux autres territoires concernés par l'expérimentation, ils font état de 40 à 60 jours de travail répartis sur plusieurs mois. Une estimation qui ne tient pas compte du travail effectué par les acteurs chargés de fournir certaines données.

Le travail est d'autant plus minutieux qu'il consiste à recueillir des données qui parfois ne sont pas disponibles à l'échelle du territoire étudié. Il faut donc faire preuve d'originalité, explique Etienne Halbin, professeur au Centre de formation professionnelle et de promotion agricole de Bar-le-Duc (Meuse) chargé de renseigner la base de données pour l'expérimentation du Pays Barrois, qui rapporte avoir eu recours aux données des centres de gestion. En effet, ces centres en charge de la comptabilité des exploitants ont pu fournir des données précises sur les différents achats effectués par les agriculteurs du territoire Barrois. "Cependant, beaucoup de travail reste à faire", déplore-t-il, citant notamment la collecte des informations relatives à certaines pratiques agricoles, comme les labours ou l'épandage azoté. Des informations qu'il faut parfois collecter exploitation par exploitation…

Elaborer des scénarios

Une fois le diagnostic établi, il devient possible de définir et d'évaluer les actions à mettre en œuvre en vue de réduire les impacts climatiques des activités agricoles sur le territoire.

Il s'agit là de la première étape vers la mise en place de plans d'action qui ont vocation à constituer le volet agricole des PCET. Pour Marc Bardinal, de la direction régionale de l'Ademe Lorraine, "l'avantage de ClimAgri est de faire se rencontrer deux mondes, les collectivités locales et le monde agricole, en sécurisant tout le monde autour de données fiables".

Quant aux résultats obtenus suite à l'expérimentation, ils permettent avant tout de comprendre la dynamique des émissions agricoles. Sans grande surprise, les principaux postes sont la consommation de carburant, l'usage des engrais azotés (émissions de protoxyde d'azote) et l'élevage (émissions de méthane).

Désamorcer les craintes

S'agissant de la perception des résultats, elle est variable selon les territoires et les acteurs. "Le diagnostic n'est pas partagé par tous", révèle Gilles Guillaumon de la Chambre régionale d'agriculture Bretagne, soulignant que les éleveurs se demandent "ce qui les attend", vu la part de l'élevage dans les émissions de GES bretonnes.

Une crainte qui n'est pas partagée par tous les agriculteurs. En effet, Julien Frat, chargé de mission PCET pour le pays Albigeois (Tarn), fait état d'une réaction inattendue. "Avec 12 % de la consommation énergétique du territoire et 65 % des émissions de GES, les élus territoriaux étaient effrayés et s'apprêtaient à apposer leur veto à la publication des résultats", se rappelle-t-il. Il n'en fut rien finalement car la Chambre d'agriculture a eu une réaction surprenante : les agriculteurs était satisfait de tels résultats qui, loin de faire de l'agriculture un bouc émissaire, prouvent qu'elle est la principale activité économique du territoire.

"ClimAgri permet de désamorcer les craintes", résume Jacques Blarel, de la Chambre d'agriculture Nord-Pas-de-Calais, expliquant notamment que l'outil apporte une réponse aux agriculteurs qui craignent d'être stigmatisés comme des pollueurs. Un constat partagé par Lise Lambert de la direction générale de l'Ademe Pays de Loire qui souligne que "ClimAgri met aussi en avant des éléments positifs et notamment le puits carbone associé aux haies du bocage".

Réactions2 réactions à cet article

 

donc si j'ai bien compris climagri prouve que l'impact de notre agriculture industrielle est mauvaise mais que les agriculteurs s'en foutent puisque la seule chose qui les intéressent c'est le rendement!!Ce qui prouve que notre agriculture et surtout la mentalité des protagoniste est restée bloquée aux années 60 !!pour des gens qui sont censés "protéger" la nature c'est un comble!!

lio | 29 septembre 2011 à 11h35
 
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bonjour,

comment peut-on accéder à ces études ? quels sont les territoires expérimentaux ? y a-t'il un cahier des charges pour collecter les données, sur quoi est-ce basé ?...
merci

Neige | 24 octobre 2011 à 19h05
 
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