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Les pêcheurs hollandais doublent leur flotte pratiquant le chalut électrique

Biodiversité  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

Depuis 2006, à la demande des Pays-Bas, l'Union européenne autorise à titre expérimental la pêche au chalut électrique en mer du Nord et permet aux pays riverains d'équiper 5% de leurs flottes. En 2006, la Commission européenne expliquait que cette technique était "conçue pour réduire l'effort, les captures accessoires et les effets environnementaux de la pêche des poissons plats au chalut à perche. Elle devrait de surcroît permettre de réduire la consommation de carburant".

Il s'agit d'employer l'électricité à l'avant des chaluts de fond "et d'électrochoquer les soles et autres poissons cibles enfouis dans les sédiments des fonds de la mer du Nord", dénonce l'association environnementale Robin des Bois. Or, pour motif "scientifique", les Pays-Bas viennent d'obtenir une dérogation jusqu'à 10% de leurs flottes, se sont indignés les pêcheurs français opposés à cette pratique.

La Direction générale de la pêche à la Commission européenne "vient d'autoriser l'extension du chalut électrique en mer du Nord. Elle justifie cette décision par la capacité des Etats membres à mener des projets-pilotes", a précisé Robin des Bois. 87 chalutiers hollandais peuvent désormais pratiquer la pêche électrique contre 42 en 2012, selon l'association. "Le projet pilote européen dure depuis 2006 et ne fait l'objet d'aucun rapport d'étape. Des poissons remontés dans les chaluts montrent des brûlures, des ecchymoses et des déformations du squelette consécutives à l'électrocution", a-t-elle déploré.

La pêche électrique "pourra être utilisée dans le sud de la Mer du nord et en Manche", a ajouté Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches Nord-Pas de Calais/Picardie, selon le quotidien La Voix du Nord le 9 mars. "A ce rythme dans quelques années, la ressource sera anéantie, la pêche à Boulogne sera un lointain souvenir", a fustigé Olivier Leprêtre.

Les chalutiers hollandais "mais aussi belges et anglais disposant de chaluts électriques" pourraient débarquer leurs prises dans des ports comme Boulogne-sur-Mer ou Dunkerque, a indiqué Robin des Bois.

Réactions4 réactions à cet article

 

Décidément tout est bon pour épuiser totalement la ressource en poissons!! Lamentable... Peut-on encore aujourdh'hui acheter du Poisson quand on sait qu'il sn'ont plus, depuis longtemps, le temps d'arriver a leur taille normale?
Anecdote: Il existe quelques réserves sous marines en France et on est surpris d'y voir la taille que les poissons ont atteints en étant protégés: cela montre bien que ceux que nous achetons n'ont soit pas fini de grandir soit pas reçu assez de nourriture pour atteindre leur taille normale.

ami9327 | 19 mars 2014 à 17h57
 
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Au delà de la biomasse capturée, le chalut de fond est aussi responsable de la dégradation des fonds marins: de nombreuses études mettent en évidence les dommages causés sur les habitats des fonds marins. Les structures biogéniques et géologiques comme les coraux, les éponges, les tubes de vers, les récifs de bivalves, les champs de rochers, les récifs, fournissent aux espèces benthiques des refuges et augmentent leur taux de survie. Les chalutages de fond dégradent et détruisent ces structures complexes, réduisant massivement la biomasse benthique. Ces changements sont irréversibles à court et moyen terme car ces récifs mettent plusieurs milliers d'années à se former et se peupler.

Le chalut de fond remet en suspension des sédiments entretenant une turbidité défavorable à certains organismes fragiles. L'effet de ces sédiments remis en suspension est à l'origine de la disparition progressive des récifs de coraux d'eau froide en Suède. Certains pêcheurs estiment ne pas avoir plus d'impacts qu'un agriculteur entretenant son champ avec le labour, hors cette technique terrestre est elle aussi remise en cause pour des raisons assez proches des critiques du chalut.
Aujourd'hui il est difficile de nier l'impact négatif du chalutage sur les fonds marins et leur richesse biologique.
Donc électrique ou pas le chalutage n'est pas une bonne solution,il est urgent de mettre en place un label (MSC?) qui permettrait de garantir un pêche réellement durable

lio | 20 mars 2014 à 10h55
 
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Demain, ce sera le chalut à la grenade.

zaravis | 20 mars 2014 à 11h19
 
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Je cherche des explications complémentaires.

Si j'ai bien compris, il s'agit de faire sauter les poissons plats à l"avant de l'ouverture du filet par un moyen électrique. Aujourd'hui comment font-ils?
Je crois me souvenir que l'avant de l'ouverture est précédé d'un lourde chaîne qui frappe les poissons tapis au fond. Beaucoup doivent être sérieusement abîmés par ces chocs, en ayant reçu sur le dos une chaîne devant faire 30 kg/m. Les dégâts collatéraux sont certainement énormes sur tout le milieu du fond (crustacés, coquillages, petits poissons etc. etc.) et en sus avec un accroissement de la consommation de carburant du fait du frein.

Je ne trompe peut-être, mais au niveau de l'Environnement cela ne me semble être un problème.

VD69 | 25 mars 2014 à 12h32
 
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