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Chalutage en eau profonde : le ministre de la Pêche "mène le combat" contre le projet d'interdiction en Europe

Devant la commission des affaires économiques, le ministre de la Pêche, Frédéric Cuvillier, a confirmé son opposition à l'interdiction du chalutage envisagée par l'UE et mise sur les avis scientifiques pour aboutir à une réglementation plus mesurée.

Biodiversité  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Chalutage en eau profonde : le ministre de la Pêche "mène le combat" contre le projet d'interdiction en Europe

Auditionné le 25 juillet par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, le ministre délégué à la Mer et à la Pêche Frédéric Cuvillier a réitéré devant les députés son opposition à la proposition de règlement par la Commissaire européenne Maria Damanaki, visant l'interdiction du chalutage en eaux profondes dès 2014 dans l'Atlantique nord-est. La France, aux côtés de l'Espagne, étant les deux pays les plus visés par ce projet d'interdiction.

A l'issue du Conseil des ministres européens le 16 juillet, Frédéric Cuvillier avait déjà déclaré qu'une "éventuelle interdiction de certains engins de pêche, sans discernement, aurait de très lourdes conséquences socio-économiques et ne serait pas acceptable, au regard des efforts déployés par les pêcheurs pour une gestion durable de ces ressources".

"La pêche en eaux profondes est réglementée en France", a souligné le 25 juillet le ministre à l'Assemblée qui entend ''mener le combat contre ce projet" de règlement qui pose ''des difficultés". Une dizaine de bateaux et "environ 500 emplois directs sur ce type de pêche" seraient concernés en France, principalement à Lorient (Morbihan), mais aussi à Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) - fief du ministre -, Concarneau et Le Guilvinec (Finistère), a rappelé M. Cuvillier. Et d'ajouter : '' 80% de la pêche font appel à ces réalités de chalut".

La France veut adopter ''une voie mesurée" sur cette réglementation ''en se basant sur les analyses scientifiques", a indiqué le ministre en s'appuyant sur le dernier avis du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) datant de juin dernier stipulant que "10% des zones de pêche de grands fonds exploités ne comportent pas d'écosystèmes vulnérables", a-t-il indiqué.

Les Etats membres et le Parlement européen doivent encore valider le texte, selon la procédure de co-décision. Les eurodéputés devraient se pencher sur ce projet fin septembre.

Réforme de la pêche : "limiter les prises accessoires"

''Il existe des réalités méconnues en matière de connaissances sur la durabilité des stocks de poissons'', a déclaré le ministre en pleine réforme de la politique commune de la pêche (PCP) prévue en 2014 qui fait aussi l'objet de débats dans l'UE.

La France s'oppose également à l'interdiction des rejets en mer prévue dans la réforme et reportée à 2018 lors du Conseil des ministres du 12 juin. Le ministre est favorable à un développement de techniques ''pour limiter les prises accessoires" qui serait prôné dans une résolution du Parlement européen, invité lui aussi à examiner la réforme en première lecture. Si le ministre mise sur cette procédure de co-décision sur ce texte ''encore imparfait", il a assuré durant l'audition des députés ne pas vouloir "opposer exploitation et préservation des ressources". "Il est temps qu'environnement et pêche ne se tournent pas le dos. Les pêcheurs sont des acteurs de la biodiversité et c'est leur intérêt'', a affirmé Frédéric Cuvillier.

Réactions14 réactions à cet article

 

Encore et toujours la même inconscience des hommes politiques !!
Quelque soit leur bord , toujours l'effroyable ignorance des problèmes de finitude de la ressource et de sa capacité de renouvellement.
Et par contre toujours la même soumission aux corporatismes.

jms | 26 juillet 2012 à 13h25
 
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Pitoyable, prêt à sacrifier l'avenir de millions de personnes pour 500 qui ont un intérêt immédiat à se gaver facilement.
commet faire pour signifier au gouvernement français et à l'Europe que les français réprouvent se genre de comportement corporatiste.
A Hollande : Les ministres ne sont pas des VRP des corporations, tu t'es trompé de changement !!!

Man | 27 juillet 2012 à 11h16
 
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Comment un ministre nouvellement nommé peut-il ainsi continuer dans cette désinformation qui concerne la pêche en eaux profondes. Elle détruit les fonds marins ET les emplois, cf un livre passionnant: plus de poisson d'ici 30 ans? de Stéhan Beaucher qui démontre parfaitement ces mécanismes et l'aveuglement constant de nos politiques en la matière.

Abeille | 27 juillet 2012 à 11h35
 
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Ce qui est (tragi)comique, c'est sont les arguments de cet individu censé nous représenter :

- "Une dizaine de bateaux et environ 500 emplois directs sur ce type de pêche" seraient concernés en France,et [...] 80% de la pêche font appel à ces réalités de chalut" => bon, donc 10 bateaux (usines) et seulement 500 gugusses représentent 80% du tonnage pêché? On imagine sans peine ce que la disparition de ces "écumeurs de la ressource halieutique" pourra apporter de bon pour l'environnement et aussi pour une pêche plus traditionnelle à plus forte "intensité sociale" (petits bateaux, plus d'emplois au tonnage pêché)...

- "10% des zones de pêche de grands fonds exploités ne comportent pas d'écosystèmes vulnérables" => OK, donc on peut sacrifier 90% des écosystèmes des grands fonds, il en restera toujours 10% soit disant inaltérables (dixit les "éminents scientifiques", qui savent tout ce qui se passe dans ces zones très accessibles)?

Rappelons (sans rire, hélas!) que le titre complet de ce monsieur est " ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche"....

maxelio | 27 juillet 2012 à 16h07
 
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Scandaleux quand on sait que sur la dizaine de bateaux, 7 appartiennent au groupe Scapêche qui n'est autre que la flotte de pêche des magasins Intermarché. Beau pouvoir de lobbys des industriels encore une fois. Bravo Monsieur le Ministre de tant de résistance. Et je passe que les dégâts écologiques que je n'ose même pas citer.

Crok | 29 juillet 2012 à 18h01
 
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Quel que soit le sens du vent, la direction est la même !
Le Titanic avance dans la brume, et ce qui compte c'est l'instant présent. Vous reprendrez bien un petit verre de champagne mon capitaine, heu monsieur le ministre pardon !

chocard | 30 juillet 2012 à 09h04
 
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Il est utile de se reporter aux propos précis du ministre :
"Nous avons un combat à mener contre la Commission qui veut supprimer la pêche en eaux profondes alors même que les ONG ne sont pas unanimes au sujet de cette nécessité pour protéger les écosystèmes maritimes vulnérables. La France a pris une voie mesurée en demandant à la Commission de se fonder sur des enquêtes scientifiques, telles que celles du conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), qui mettent en évidence un rétablissement des stocks y compris sur la pêche en eaux profondes. Consultés par mes soins, les armateurs ont indiqués qu’ils ne travaillaient pas sur des zones de pêche à écosystèmes fragiles mais bien sur des zones de pêche sableuses. Il n’est pas justifié de remettre en cause un type de pêche sans se fonder sur des données scientifiques propres à éclairer la mise au point d’une réglementation"

Max | 30 juillet 2012 à 12h35
 
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Au Sénat, le même jour, Frédéric Cuvillier ajoutait :
"De fait, si la préservation des espèces s'opposait à la pêche en eau profonde, nous aurions à suivre l'avis des scientifiques, qui nous alerteraient sur l'insuffisant renouvellement des espèces marines ; or c'est l'inverse qui se produit : les scientifiques nous disent que les stocks au-dessus du seuil de durabilité progressent - nous sommes passés de 27% à 53% de stocks au renouvellement assuré -, tout nous indique que la pêche en eau profonde ne dégrade pas les habitats vulnérables, mais la commissaire européenne propose de l'interdire. La moindre des choses serait de cartographier les habitats et les espèces concernés, d'écouter les scientifiques, mais aussi les pêcheurs, qui sont d'autant plus disposés à débattre, qu'ils ont été parmi les tout premiers à s'inquiéter du renouvellement des espèces, qu'ils font beaucoup pour que leur pêche respecte l'environnement"

Max | 30 juillet 2012 à 12h37
 
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C'est bien Max de prendre la défense de son ministre:):):). Mais le sujet est de qui ce ministre défends les intérêts: les armateurs ou les citoyens lorsqu'il entrave une proposition de la Commissaire européenne Maria Damanaki. Si 53% des espèces ne sont pas menacées, cela veut dire que 47% le sont, pour un écoystème c'est énorme. Heureusement que les pêcheurs s'inquiétent de la préservation de la ressource, leur futur en dépend et la proposition de la commissaire permettra de cartographier les habitats et les espèces concernées avant qu'elles aient disparu.

Abeille | 30 juillet 2012 à 14h08
 
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Je vous conseille aussi la lecture de ce communiqué de l'IFREMER : http://wwz.ifremer.fr/peche/content/download/62817/851747/file/12-07-23-p%C3%AAches-profondes.pdf
On trouve beaucoup d'informations par soi-même sur le web !
Un simple citoyen critique, qui a vu beaucoup d'inepties venir de la Commission européenne ces dernières années.
PS : les CR des auditions des ministres sont consultables sur les sites de l'Assemblée et du Sénat. Source précieuse d'informations pour ceux qui souhaitent aller à la source.

Max | 30 juillet 2012 à 15h25
 
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Abeille, la cartographie actuelle des habitats et ecosystèmes de grands fonds est basée sur les données reccueillies par les pêcheurs eux mêmes. Aucune organisation scientifique ou publique n'est en mesure de prospecter ces zones.
Les zones sensibles sont d'hors et déjà fermées à la pêche (aires de reproduction, zones à coraux, sikis, etc...) et les bateaux (français du moins) travaillent sur des fonds vaseux.
Informez vous! merci!

Arcacid | 03 août 2012 à 19h33
 
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BonjourArcacid,
Je ne fais que cela me renseigner en particulier auprès de celle qui en France est une spécialiste, lisez son livre les Abysses: Claire Nouvian. Et il semble que même ce que vous appelez des "fonds vaseux", participe à un écosystème fragile. Et de toutes façons, quelque soit l'endroit où elle s'effectue, la pêche en eaux profondes capture des espèces dont les cycles de reproduction sont tellement lents que les prélévements actuels vont les détruire en quelques années encore plus surement que la morue du côté de Terre Neuve.

Abeille | 06 août 2012 à 10h02
 
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Abeille, Madame Nouvian n'est pas une source neutre. Son apparition dans un reportage de Thalassa m'a réellement fait penser à une personne dont l'argumentaire est creux...dommage, je suis aussi un peu écologiste, mais trop c'est trop!
Le site de l'ifremer regorge d'informations, je vous invite à lire les fiches "espèces" sur le site www.ifremer.fr/sih

Arcacid | 08 août 2012 à 14h31
 
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Bonjour Arcacid,
Personne n'est neutre sur ce sujet et c'est normal car les enjeux sont vitaux. Merci pour les coordonnées du SIH. Seulement je suis allé voir ce qui est dit pour 3 espèces citées dans cette newsletter dans un article du 20 juillet 2012. Le grenadier de roche, la lingue bleue et le sabre noir. Elles sont indiquées au vert, alors que le guide des espèces à l'usage des professionnels édité par Seaweb Alliance produits de la mer explique que ces espèces sont respectivement avec un stock non durable, un stock fragilisé et à éviter. Qui croire?

Abeille | 08 août 2012 à 18h03
 
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