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Actu-Environnement

Vers des bâtiments moins énergivores…

Le bâtiment, responsable de 43 % de l'énergie consommée en France et de 25 % des rejets de gaz à effet de serre, est au centre des enjeux d'efficacité énergétique. Etat des lieux des mesures actuelles pour améliorer ses performances.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
La France s'est engagée à diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050. C'est le fameux facteur 4. Pour y parvenir, il faut notamment améliorer l'efficacité énergétique dans l'industrie, les transports mais aussi dans le bâtiment… Avec 43 % de la part de consommation d'énergie et 25 % des émissions de gaz à effet de serre, ce secteur constitue une cible prioritaire. D'autant que de formidables marges de progrès existent pour améliorer ce diagnostic et réduire l'impact du bâtiment sur l'environnement. Energies renouvelables, isolation, performance énergétique… Les technologies sont pour la plupart disponibles dès aujourd'hui pour améliorer l'efficience énergétique du secteur.
On peut faire autrement et on doit faire autrement, note Carole Le Gall, directrice opérationnelle déléguée à l'ADEME (Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie), lors d'une journée d'information sur la réglementation thermique dans le bâtiment. Il faut amorcer le cercle vertueux d'une économie écologiquement performante.
Pour ce faire, l'Etat renforce ses exigences en matière de performance énergétique. L'objectif ? Encourager l'innovation, favoriser le développement des technologies les plus efficientes et permettre leur accès au plus grand nombre.

Un parc immobilier ancien

Les deux tiers du parc résidentiel français ont été construits avant 1974, date de la première réglementation thermique : 33 % des logements ont été construits avant 1948, 32 % entre 1948 et 1975, et 35 % après 1975. Le taux de renouvellement du parc est relativement faible, avec un taux de construction annuel se situant entre 1 et 2 %.
La première réglementation thermique, mise en place par l'Etat en 1974 après le premier choc pétrolier, visait alors à réduire les déperditions du local et donc à améliorer l'isolation dans les bâtiments neufs. Par la suite, les différentes réglementations ont élargi le champ d'action aux besoins de chauffage (1982) et aux consommations et performances des équipements (1988). Mais aujourd'hui, le chauffage constitue encore le plus gros poste de dépense en énergie de l'habitat, avec 66 % des consommations.
Il est donc urgent de s'attaquer à l'efficacité énergétique des 31,5 millions de logements français, sans oublier les bâtiments tertiaires qui représentent 875 millions m² de surfaces chauffées. Et si la priorité porte sur l'existant, il ne faut pas oublier le neuf qui représentera à l'horizon 2050 30 % du parc immobilier français.

Inciter l'innovation et la performance

Aujourd'hui, plusieurs réglementations thermiques encadrent l'habitat. Depuis le 1er septembre 2006, les nouvelles constructions, qu'elles concernent le résidentiel ou le tertiaire, doivent respecter la RT 2005. Cette réglementation vise à améliorer la performance énergétique des bâtiments et à limiter le recours à la climatisation. Les objectifs sont d'améliorer de 15 % les consommations énergétiques. En favorisant le recours aux énergies renouvelables, la construction bioclimatique… L'exigence de la RT porte sur les résultats, explique Jihane Loudiyi, chef de projet RT pour le MEEDDAT. Il y a donc une totale liberté dans la mise en œuvre des solutions. Les objectifs de consommation maximale ont été fixés par région, du fait des grandes différences climatiques dans le pays.
Cette RT a été renforcée par une obligation de diagnostic de performance énergétique : depuis le 1er juillet 2007, le maître d'ouvrage d'une construction neuve doit faire réaliser un DPE à l'achèvement du bien. Enfin, depuis le 1er janvier 2008, pour toute construction nouvelle de plus de 1 000 m², une étude de faisabilité sur les approvisionnements en énergie doit être réalisée préalablement au dépôt de la demande de permis de construire. Cette étude vise à examiner les diverses solutions d'approvisionnement en énergie du bâtiment afin de faire émerger les énergies renouvelables et les systèmes les plus performants.
Concernant l'existant, la réglementation porte sur les moyens mis en œuvre. Tous travaux de rénovation, de remplacement ou d'installation d'équipement doivent, depuis le 1er novembre 2007, présenter une performance énergétique minimale. Cela concerne les travaux d'isolation, les fenêtres, les systèmes de chauffage, de production d'eau chaude…

Permettre l'accès à la performance énergétique

Ces différentes mesures tendent à favoriser l'émergence de technologies innovantes et permettre au plus grand nombre d'accéder à la performance énergétique : il s'agit de faire évoluer l'offre de produits vers la performance, d'être un moteur pour aller vers des pratiques plus efficientes, commente Jihane Loudiyi.
Afin d'inciter le développement de ces pratiques durables, les pouvoirs publics ont mis en place tout un arsenal d'aides financières : crédit d'impôts, TVA à 5,5 %, bonus de coefficient d'occupation des sols (COS)… à quoi viennent s'ajouter les aides des collectivités territoriales, de l'ANAH (Agence nationale de l'habitat), de l'Union européenne, des fournisseurs d'énergie… Et les prêts pourraient bientôt verdir, précise Marc Schoeffter, ingénieur au département Bâtiment et urbanisme de l'ADEME. …
Car le Grenelle de l'environnement risque d'accélérer les dispositifs mis en place. Les différentes orientations issues des travaux du Grenelle fixent en effet des objectifs encore plus ambitieux. L'ensemble des logements neufs devraient être basse consommation (50kWh équivalent pétrole/ m²/an contre 80 à 230 aujourd'hui) d'ici 2012 puis bâtiment à énergie positive d'ici 2020. Concernant l'existant, l'objectif serait d'atteindre pour tous travaux lourds de rénovation une moyenne de consommation de 150kWh ep/m²/an. Les différentes lois Grenelle devraient venir préciser ces objectifs et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. Rendez-vous à l'automne.

Réactions7 réactions à cet article

 
Performances des bâtiments et urbanisme

Les performances énergétiques des bâtiments sont en effet un enjeu majeur. Mais elles ne se résument pas selon moi aux qualités intrinsèques du bâtiment mais aussi à son intégration dans son environnement.

C'est-à-dire :
la construction d'une maison passive en zone péri-urbaine - qui rendra ses occupants structurellement et durablement dépendant de la voiture pour aller travailler, emmener les enfants à l'école, faire ses courses etc. - n'est pas un bon calcul d'un point de vue énergétique. Les économies permises dans le fonctionnement de la maison par les technologies utilisées sont fortement atténuées (ou annihilées) par la consommation de carburant supplémentaire engendrée.

Conseil, lisez la publication : "Pour un nouvel urbanisme, la ville au coeur du développement durable" (Gérard Magnin, Hervé Vouillot, Claude Chalon, Denis Clerc)

Tom | 26 juin 2008 à 09h31
 
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Re:Performances des bâtiments et urbanisme

Merci pour votre remarque que j'approuve et pour la référence à la publication. Il est vrai qu'on doit nécessairement avoir une approche globale de la problématique énergétique pour être efficace.
-Yvan-

espiaigle | 26 juin 2008 à 12h39
 
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Des incohérences au niveau politique

Article intéressant qui met en évidence des incohérences au niveau politique (ou administratif).
Une loi bientôt pour réduire l'éclairage des villes. Des incitations depuis des années à économiser les énergies. Et bientôt la nouvelle réglementation RT et autres obligations énergétiques. Des appareils bien plus performants.
Alors on ne comprend pas pourquoi ce premier puis le second réacteur nucléaire EPR. Ils sont complètement inutiles puisque la consommation dans l'habitat devrait diminuer plus rapidement. Plus que la croissance démographique. On devrait même en toute rigueur prévoir l'arrêt de certains des réacteurs existants.

René-Pierre | 26 juin 2008 à 12h46
 
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Re:Des incohérences au niveau politique

Et en plus... Le démantelement de nombreaux réacteurs qui commencent à atteindre leurs phases critiques... (le "noyau" des anciennes centrales) . En parallèle : actuellement, une recherche de nouveau sites d'enfouissement en FRance... plus de 3000 communes sont présenties... Mais l'agence nationale ne veut pas rendre publique cette liste !!! ACtion : cf. Réseau Sortir du Nucléaire !!!
Allez !!! consommons de l'énergie !!! Vive la France

cécé | 26 juin 2008 à 20h00
 
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Comment faire pratiquement?

Belles paroles, mais comment faire pratiquement.
Je suis propriétaire d'une maison plutôt bien isolée pour son âge! Mais grande et consommatrice de fuel pour le chauffage central. Comme j'ai une grande cheminée, j'ai voulu mettre un insert; ça fait plus d'un an que j'essaie de trouver un installateur qui ait le temps de se déplacer pour me dire ce qu'il est posible de faire. Il faudrait que je fasse isoler davantage le toit. Quant au double vitrage qui date de plus de 30 ans, certaines fenêtres mériteraient réfection, mais le devis que j'ai fait faire est inabordable malgré le crédit d'impôt. Alors je bricole en solo. Le problème est double: compétence et disponibilté des professionnels et finances des propriétaires. Je ne crois pas à la réfection des maisons anciennes; elles seront rachetées par des promoteurs pour construire des immeubles aux nouvelles normes, pas d'autres solutions

deuxetun | 28 juin 2008 à 06h38
 
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Re:Comment faire pratiquement?

Bonjour,
certes la refection de maisons ancienes n'est pas une mince affaire mais des choses sont quand même envisageables.
Pour l'insert, tournez vous vers des installateurs QUALIBOIS et pour revoir le projet dans son ensemble allez voir un espace info énergie (gratuit neutre et objectif).
Adresse sur le site de l'ADEME.

Rémi8 | 30 juin 2008 à 10h49
 
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Le monde à l'envers

Je cite : "Depuis le 1er septembre 2006, les nouvelles constructions, qu'elles concernent le résidentiel ou le tertiaire, doivent respecter la RT 2005".
Ce serait déjà pas mal si c'était vrai. Or je me suis laissé dire (il n'y a pas de fumée sans feu) que 50 % des bâtiments en cours de construction (je dis bien "en cours") ne sont même pas conformes à la RT ... 2000 !
La raison ? C'est bien d'instaurer des normes, mais le sport national étant de faire systématiquement le contraire de ce qui est imposé, il n'est pas difficile de s'en affranchir, puisqu'il n'y a aucun contrôle à postériori.
Le Français ayant pris l'habitude d'acheter au moins cher (le prix au m2), il aura vite fait le choix entre un constructeur proposant uns maison aux normes et un concurrent moins rigoureux mais "moins cher". Il ne lui restera plus ensuite qu'à se plaindre pendant trente ans qu'il s'est fait avoir et que la société est mal faite !
Pour enfoncer le clou, je cite toujours : " depuis le 1er juillet 2007, le maître d'ouvrage d'une construction neuve doit faire réaliser un DPE à l'achèvement du bien." Et si le DPE montre que la construction n'est pas conforme ? Que se passe-t-il ? Dans la pratique, rien. La construction n'est pas conforme, mais elle est là pour un siècle. Utilité ?
Tant qu'il n'y aura pas une procédure obligatoire, contraignante, avec étude thermique, suivi de la construction, suivi sur plusieurs années des résultats et éventuelle mise au point, rien n'avancera. Impossible ? Je travaille comme ça, en imposant à mes clients de se payer la meilleure assurance qu'ils puissent à l'heure actuelle trouver sur le marché : un VRAI label qui fonctionne de cette façon, en l'occurrence MINERGIE ou PASSIVHAUS suivant le niveau d'efficacité visé. Mais je vous accorde qu'il ne doit exister dans l'immédiat que peu de professionnels prêts à ce genre d'engagement personnel.

suzzarini jf | 01 juillet 2008 à 13h19
 
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