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Eolien offshore : le gouvernement tente de rassurer la filière sur le long terme

Alors que l'incertitude plane sur le devenir des premiers parcs en mer, l'Etat tente de rassurer les acteurs sur le long terme, avec la mise en place du permis enveloppe et la présentation d'un calendrier des appels d'offres dans la future PPE.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Le gouvernement veut aller vite. Il entend faire aboutir, d'ici la fin du mois, les négociations sur les tarifs d'achat avec les lauréats des deux premiers appels d'offres pour l'éolien offshore posé. Et a déposé le 11 juin, dans ce but, un amendement introduisant la possibilité de renégocier ce cadre tarifaire, en vue de l'examen, en commission spéciale, du projet de loi "société de confiance"...

 
S'il devait y avoir une remise en cause de l'éolien offshore posé, les perspectives pour les autres EMR ne seraient pas très roses  
Jean-Louis Bal, SER
 
L'objectif : "partager les gains entre l'Etat et les industriels" des avancées technologiques et des mesures de simplification mises en place entre l'attribution des projets, en 2012 et 2014, et leur lancement, a expliqué Olivier David, de la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), lors de l'ouverture des assises des énergies marines à Cherbourg, le 12 juin. Pour l'heure, les tarifs d'achat négociés atteignent entre 200 et 230€/MWh, alors que les projets annoncés dans les autres pays européens affichent des prix compris entre 50 et 100 €/MWh.

Alors que cet amendement doit être discuté par les députés en commission aujourd'hui ou demain, la filière lance l'appel de Cherbourg, signé par plus de 60 acteurs, élus, industriels, ports, armateurs, associations de protection de l'environnement… "Il y a aujourd'hui des inquiétudes très fortes, a souligné le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) Jean-Louis Bal. [La possibilité d'annuler les projets si la négociation n'aboutit pas] n'est pas sans conséquence sur les autres énergies renouvelables et sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui doit être publiée prochainement". Et de rappeler que les énergies marines doivent représenter 10% du mix électrique à l'horizon 2030, selon la PPE actuelle. "S'il devait y avoir une remise en cause de l'éolien offshore posé, les perspectives pour les autres EMR ne seraient pas très roses", ajoute-t-il.

A venir : permis enveloppe et calendrier des appels d'offres

Concrètement, la renégociation entamée entre l'Etat et les acteurs pourrait se conclure de différentes manières : une baisse effective des tarifs d'achat et un maintien des projets, l'abandon d'un ou plusieurs projets ou enfin une réduction de la taille des parcs. Mais le gouvernement semble vouloir regarder au-delà. Le lauréat du troisième appel d'offres, pour la zone de Dunkerque, devrait être désigné d'ici la fin de l'année. Le cahier des charges définitif, élaboré selon la nouvelle procédure de dialogue compétitif, a été notifié à la Commission européenne.

La PPE, qui sera présentée en juillet, devrait quant à elle détailler le calendrier des prochains appels d'offres pour l'éolien en mer posé, en fixant notamment un prix plafond par zone. "Dans la PPE il y aura [aussi] l'annonce du lancement des appels d'offres commerciaux pour l'éolien flottant", a indiqué Olivier David.

Par ailleurs, le gouvernement poursuit la simplification des procédures. Après avoir réformé les procédures de raccordement, les autorisations et le contentieux, une autre mesure de simplification très attendue a été introduite dans le fameux amendement gouvernemental : le permis enveloppe. Il s'agit de donner une "autorisation environnementale sur un projet qui peut ensuite varier en fonction de différents paramètres", a expliqué Olivier David. L'idée : que l'Etat prenne en charge un certain nombre d'études préalables, qu'il lance le débat public sur la zone d'implantation et sur un projet type (nombre d'éoliennes, hauteur des mâts…) et qu'il laisse une marge d'évolution au projet après la délivrance de l'autorisation environnementale. Le décret détaillant cette nouvelle procédure devrait être présenté à l'automne.

En parallèle, l'Etat a initié les concertations par façade maritime en vue des prochains appels d'offres. Les documents stratégiques de façade, les cartes des vocations, permettront d'identifier les "macrozones" dans lesquelles pourront être installées des EMR. Ils devraient être présentés d'ici la fin du mois.

Réactions1 réaction à cet article

 

A l'horizon de plusieurs décennies, la pénétration de l'éolien en France ne peut se faire qu'en dégradant le fonctionnement du nucléaire et au risque de la construction de back-up au gaz. On paye très cher pour un moyen inutile et on renchérit le moyen de base, uniquement pour des motifs dogmatiques ou politiciens. On perd donc sur les deux tableaux. Il faut arrêter cette gabegie. Le problème n'est pas sur la production mais sur le stockage : ça s'appelle mettre la charrue avant les bœufs...

dmg | 14 juin 2018 à 08h43
 
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