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Permis minier "Limonade" : le parquet de Cayenne ouvre une enquête

Biodiversité  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

Une enquête préliminaire pour faux et usage de faux a été ouverte par le parquet de Cayenne concernant le dossier d'enquête publique ayant donné en 2009 un avis favorable à la société minière Rexma pour une exploitation aurifère en plein parc amazonien de Guyane.

Confirmé en décembre 2012 par le ministère du Redressement productif au dam des ONG environnementales, le polémique permis minier "Limonade" autorise Rexma à exploiter l'or présent dans le secteur de la crique Limonade en Guyane, à 3 kilomètres du bourg de Saül. Les 120 hectares concernés par le permis se situent en zone de libre adhésion du parc national amazonien de Guyane. En aval, le bassin de la Crique Limonade se retrouve en zone cœur du parc. Mais depuis le 1er janvier 2012 le Schéma Départemental d'Orientation Minière (Sdom) classe l'ensemble de la zone comme étant interdite aux activités minières.

L'enquête préliminaire a été lancée début juillet et concerne "une possibilité de faux dans les documents d'expertise environnementale déposés par Rexma", a précisé jeudi 1er août à l'AFP Ivan Auriel, le procureur de Cayenne, confirmant une information du site Mediapart parue la veille.

Après s'être procuré le document original auprès du bureau d'études et l'avoir comparé au document en possession des services préfectoraux de la Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Deal), "nous nous sommes aperçus de changements fondamentaux en faveur de l'implantation de Rexma sur le site" de la crique Limonade, a indiqué Ivan Auriel à l'AFP. "Il nous faut déterminer à quelle date a été fait ce faux et qui pourrait en être l'auteur", a-t-il ajouté.

Contacté par Guyaweb.com le 31 juillet, le procureur précise que "dans le document original, il est dit que l'exploitation met fin à la présence [de la grande loutre] et dans le document [remis par Rexma] ça dit que c'est favorable à l'extension de cette espèce ! Il y a un grand écart !", a-t-il également relevé.

M. Auriel a confié l'enquête à la section de recherches de la gendarmerie de Cayenne, spécialisée dans les infractions liées à l'orpaillage et dans l'environnement économique de cette activité.

Pour l'heure, l'autorisation d'ouverture des travaux miniers n'a pas été délivrée à Rexma par le préfet de Guyane. Institué auprès du ministère chargé de l'Ecologie, le conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité (CSPNB) a émis un avis "défavorable" à cette autorisation préfectorale et estime que ce projet "aura des impacts très importants" sur l'ensemble de ces milieux ainsi que sur ceux situés dans le bassin versant. "Il est en contradiction avec les objectifs de préservation de la biodiversité du parc amazonien de Guyane et d'un développement durable souhaité par la population de Saül pour mettre en valeur le parc", prévient le CSPNB.

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