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Actu-Environnement

Perturbateurs endocriniens : l'Europe scrute la position française

La position française sur la définition des perturbateurs endocriniens serait-elle en train de fléchir ? Inquiète, la société civile se remobilise pour éviter que la définition actuellement sur la table ne soit votée le 4 juillet prochain.

Risques  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com

Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, hérite d'un dossier sensible sur lequel il va devoir très vite se positionner : la définition des perturbateurs endocriniens. Depuis juin 2016, la Commission européenne tente de faire accepter aux Etats membres sa proposition de définition. Une proposition qui a évolué en un an mais qui ne fait toujours pas l'unanimité. Le Danemark, la Suède et la France se sont toujours positionnés contre, estimant que ce texte n'exclurait que peu de molécules dangereuses pour la santé et l'environnement. Cette minorité de blocage serait-elle en train de céder ?

 
Si la France tombe, la minorité de blocage tombe aussi et le texte sera voté en l'état  
François Veillerette, Générations Futures
 
C'est ce que craignent les ONG européennes mais également trois sociétés savantes d'endocrinologie regroupant des chercheurs et des médecins spécialistes de cette question.  Dans une lettre adressée à la Commission européenne, les trois sociétés affirment que "les critères proposés ne permettront pas d'identifier les perturbateurs endocriniens qui causent actuellement un préjudice humain et ne garantiront pas un niveau élevé de protection de la santé et de l'environnement". Les spécialistes s'inquiètent surtout de la dérogation prévue pour les molécules spécialement conçues pour perturber le fonctionnement du système endocrinien.

Cette dérogation a été introduite en décembre à la demande de l'Allemagne. "Cette dérogation sort de nulle part, elle n'avait jamais été évoquée et, depuis qu'elle est dans le texte, l'Allemagne vote favorablement", remarque François Veillerette, président de l'association française Générations Futures. Le militant refuse cette possibilité car elle aurait comme effet pervers d'encourager au final la fabrication de pesticides ayant comme mode d'actions la perturbation endocrinienne puisqu'ils ne pourraient pas être visés par une interdiction. "Cette dérogation est illégale car elle contrevient à la réglementation votée par le Parlement européen en 2009", estime-t-il.

La position de la France très attendue

Lors du dernier rendez-vous du très fermé Comité permanent des plantes, des animaux, de l'alimentation et des aliments (Scopaff), le vote n'avait pas eu lieu. Le nouveau gouvernement français n'avait pas encore fixé sa position sur ce dossier. Selon des informations du quotidien Le Monde, la réflexion française avance mais sa position jusque-là très ferme serait en train de fléchir. Si le ministère de la Transition écologique se réfugie encore sous l'argumentaire "prise en main du sujet", l'Administration semble prompte à clore le dossier ouvert depuis bien trop longtemps à ces yeux. "Si la France tombe, la minorité de blocage tombe aussi et le texte sera voté en l'état", s'inquiète M.Veillerette. "On nous avance l'argument qu'on a perdu beaucoup de temps et que cela empêche d'interdire dès maintenant des molécules, mais l'urgence n'est pas là. Il faut négocier encore quelques mois pour faire évaluer ce texte dans le bon sens et avoir une définition correcte", répond Générations Futures. Surtout que cette définition, fixée dans le cadre de la réglementation des pesticides et des biocides, sera la base pour gérer la présence des perturbateurs endocriniens dans d'autres réglementations comme les cosmétiques ou l'alimentation.

Dans leur lettre, les trois sociétés savantes demandent de revenir sur trois points : supprimer l'exemption pour les biocides et les pesticides conçus pour agir sur les systèmes endocriniens, fixer une définition fondée sur la science qui comprend des catégories pour les perturbateurs endocriniens connus et les produits chimiques pour lesquels une plus grande information est nécessaire, et maintenir un système d'identification axé sur les dangers intrinsèques des molécules sans prendre en considération le niveau d'exposition de la population (approche par l'évaluation des risques). Des demandes également formulées par les associations environnementales.

Réactions4 réactions à cet article

 

Terrible et mortifère pouvoir plus ou moins caché des lobbies.

Y'a pas que pour les vaccinations

Et on nous berce avec une croissance de l'espérance de vie ... en bonne santé

Sagecol | 22 juin 2017 à 05h15
 
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Le premier "perturbateur endocrinien" est cette "commission européenne" de "non-élus" sous influence lobbyiste !
Il est urgent de l'inscrire en tête de liste des perturbateurs à supprimer.
Premier dossier intéressant du gouvernement Philippe 2, à suivre pour jugement sur les actes

DODO59 | 22 juin 2017 à 09h57
 
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Ils vont vous rétorquer qu'ils sont légitimés par un vote du parlement européen

De toutes façons être élu ne veut pas dire qu'on est un bien élu, et encore moins un bon élu

Regardez là France :-(((((

Donc même s'ils étaient élus ...

Qu'on ait ou non entendu parler des théorèmes de Condorcet, Arrow et Gibbard-Satterthwaite, c'est plus ou moins manquer de sens critique élémentaire que de considérer comme rationnel et louable notre culte de ce qu'il est abusivement convenu d'appeler « la démocratie », le concept en lui-même – dont l'historicité est très mal connue - déjà et a fortiori son application quotidienne dans les « meilleurs » états considérés comme « démocratiques ». Nos médias sont pourtant quotidiennement emplis des tristes , voire horribles conséquences de ce culte grégaire.

On aura beau dire, on aura beau faire « Dès que nous disons le mot « démocratie » pour nommer notre mode de gouvernement qu’il soit américain, allemand ou français, nous mentons. La démocratie ne peut jamais être qu’une idée régulatrice, une belle idée dont nous baptisons promptement des pratiques très diverses. Nous en sommes loin, mais encore faut-il le savoir et le dire »(A.E)  

Sagecol | 22 juin 2017 à 10h38
 
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On le savait que les écolos n'étaient pas démocrates: En voici une preuve manifeste.
"La Terre ne ment jamais": ça fait froid dans le dos et réveille de sales souvenirs.

Albatros | 22 juin 2017 à 20h10
 
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