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Actu-Environnement

L'insecticide Cruiser est autorisé tandis que le Poncho reçoit un avis défavorable

Le gouvernement a donné un avis défavorable à l'emploi du pesticide Poncho-Maïs, jugé dangereux pour les abeilles, mais autorisé celui du Cruiser en l'assortissant de mesures de précaution sur son utilisation.

Agroécologie  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Les associations environnementales* l'avaient annoncé le 3 janvier dernier : le ministre de l'agriculture Michel Barnier a autorisé l'insecticide Cruiser fabriqué par Syngenta. Ce produit, qui contient du thiaméthoxam, appartient à la même famille que les substances actives du Gaucho et du Regent incriminés pour leur impact néfaste sur les abeilles.
En revanche le Gouvernement a décidé de ne pas autoriser le Poncho-Maïs, fabriqué par Bayer. Ce produit contient du thiaméthoxam, qui dont le principe actif est la clothianidine de la famille des néo-nicotinoïdes.
Les substances actives présentes dans le Régent (fipronil), le Gaucho (imidaclopride), le Poncho (clothianidine) et le Cruiser (thiaméthoxam) appartiennent à la même famille d'insecticides systémiques utilisés en enrobage de semences, notamment de maïs. Elles sont homologuées au niveau européen, même si la France a été le seul pays européen à retirer l'autorisation d'usage du Régent et du Gaucho.

Rappelons que l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) avait été saisie début septembre pour évaluer ces deux préparations dites aussi phytopharmaceutiques. Sur la base d'une analyse notamment des effets sur les abeilles, l'AFSSA a donné un avis défavorable pour le Poncho, et favorable pour le Cruiser en l'assortissant de préconisations d'usage.
Le Gouvernement a décidé de suivre ces avis puisque le Poncho n'est pas autorisé à l'inverse du Cruiser qui sera toutefois soumis à des conditions de précaution prévoyant notamment une autorisation limitée à 1 an suivie d'une nouvelle évaluation, une limitation de la période d'utilisation avant le 15 mai afin de réduire la période de Floraison et une application autorisée uniquement sur le maïs ensilage, le maïs grain et le maïs porte-graine femelle.

Les associations se sont réjouies du refus d'autorisation du Poncho, mais ont exprimé leur surprise quant à la décision du gouvernement d'autoriser le Cruiser, alors même qu'une réduction de l'usage des pesticides a été validée dans son principe par les pouvoirs publics lors du Grenelle de l'environnement. Alors que les travaux du Comité Scientifique et Technique (CST) chargé d'évaluer les causes de dépérissement des colonies d'abeilles sont volontairement arrêtés depuis deux ans, nous nous élevons contre cette autorisation qui permettrait à un insecticide qu'on sait être extrêmement dangereux pour les abeilles d'être répandu dans l'environnement au mépris du principe de précaution, déclare le MDRGF même si Michel Barnier a imposé la mise en place d'un suivi et d'une surveillance des ruchers portant sur 3 régions minimum. Les modalités de ce suivi seront définies en concertation avec les représentants des apiculteurs et avec les associations protectrices de l'environnement, indique dans un communiqué le ministère de l'agriculture. Une première réunion du comité scientifique et technique est prévue le 30 janvier.
La décision d'autorisation a été présentée aux associations de protection de l'environnement et aux représentants de la profession apicole. À la demande de certains d'entre eux une audition de scientifiques va être réalisée par l'AFSSA à l'occasion du comité d'experts spécialisé du 16 janvier prochain, précise le ministère.
Enfin, une mission sur la filière apicole sera prochainement confiée à un parlementaire. Son objectif : la mise en place d'un plan d'action apicole portant sur l'organisation de la surveillance de l'état des ruchers, l'aménagement du territoire et sur l'accompagnement technique, scientifique et économique durable de la filière.

Pour FNE, le problème de fond reste la monoculture de maïs, à l'origine de la dépendance de cette culture aux pesticides. De ce fait la fédération d'association demande à ce que cette monoculture soit remise en cause et que les techniques alternatives à l'usage des pesticides soient promues, en particulier la rotation des cultures.

Rappelons que dans le prolongement des décisions prises à l'issue du Grenelle de l'environnement, Michel Barnier, ministre de l'agriculture et de la pêche, a installé le 15 novembre dernier, le comité d'orientation du plan de réduction de l'usage des pesticides. Ce plan de réduction comporte deux volets : le retrait du marché dans les meilleurs délais au regard des solutions alternatives existantes, des produits contenant les 53 substances actives les plus préoccupantes, dont 30 avant la fin 2008 et l'élaboration d'un plan de réduction de 50% de l'usage des pesticides dans un délai de dix ans, si possible. Un groupe d'experts composé d'une quinzaine de personnes est chargé de formuler des propositions d'action sur les thématiques suivantes : définition d'indicateurs précis et consensuels pour assurer le suivi, évaluation des marges de progrès sur les substances et itinéraires techniques, mobilisation de la recherche, du développement et du transfert des méthodes alternatives et des systèmes économes en pesticides, formation des agriculteurs à l'utilisation des pesticides et professionnalisation des métiers de la distribution et du conseil phytosanitaire autour d'un objectif de certification et renforcement des réseaux de surveillance sur les bio-agresseurs et sur les effets non intentionnels de l'utilisation des pesticides avec une mise en transparence de la connaissance.

* Amis de la Terre, MDRGF, WWF et FNE.

Réactions18 réactions à cet article

 
Triste maïs

La culture de cette plante tropicale détruit depuis 30 ou 40 ans les sols, les insectes (utiles ou pas), les nappes, les cours d'eau et entraine un appauvrissement de la diversité végétale.

La liste de "spécialités agricoles" autorisées pour elle est impressionnante et ses demandes en eau sont connues de tous !

La remise en question de cette culture passe par une diminution de la consommation de viande qui est elle aussi souhaitable dans nos pays.
C'est une importante remise en cause de nôtre modèle agricole et alimentaire qu'il faut souhaiter.

jms | 09 janvier 2008 à 15h09
 
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Précision sur l'autorisation de Cruiser

J'ajoute aux indications que j'ai données un peu plus tôt deux précisions concernant l'autorisation de l'insecticide de traitement de semences Cruiser sur maïs. D'abord, ce qui est normal, il n'est pas autosrisé sur maïs doux, qui est un légume. Ensuite, précision pour les apiculteurs, il n'est pas autorisé sur lignées mâles des maïs semences.

croquedale | 10 janvier 2008 à 17h57
 
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la belle pommade du grenelle de l'environnement

que d'encre s et de discourts pour ce grenelle de l'environnement,la façade etait trop belle pour etre realiste ,encore un ministere qui n'est plus sur les rails ,la chimie et tous les laboratoires ont encore de beaux de jours ,merci pour notre terre et nos enfants....

phil.loudia | 11 janvier 2008 à 19h42
 
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Re:Précision sur l'autorisation de Cruiser

je suis apicultrice depuis 25 ans et attérée
On enlève un produit nocif pour le remplacer par un autre sans penser que tous ces produits détruisent notre terre et ce qui va avec Les apiculteurs sont une minoritée donc pas rentables Entre le varroa , les insecticides , le frelon asiatique etc etc et maintenant le Cruiser , les abeilles n'ont plus beacoups de temps à vivre .Les apiculteurs non plus Je plains nos enfants

jo | 22 janvier 2008 à 20h16
 
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Re:Re:Précision sur l'autorisation de Cruiser

Je n'ai pas autorité à me substituer aux scientifiques, ni au ministère de l'agriculture. Visiblement des précautions sont prises (interdiction sur lignées mâles). Je ne peux que vous conseiller d'aller sur le site de l'AFSSA. Les études de ces dernières années montrent comment s'interpénètrent les causes de mortalités d'abeilles, du paysage cultural souvent monotone (cas de la monoculture de maïs) aux maladies foudroyantes comme la nosémose qui, aux USA ou en Espagne (en France ? on en saura probablement plus bientôt), décime les ruchers de façon hélas spectaculaire, en passant par le varroa, les pollutions atmosphériques (gaz d'échappements, pesticides, etc), le frelon asiatique (Vespa velutina).

Les insecticides agricoles retrouvés sur nombre d'abeilles mortes sont souvent issus du traitement de la varroase (y compris, parfois, des tentatives d'utilisation d'un produit vétérinaire, le Frontline, qui est identique au Gaucho).

croquedale | 28 janvier 2008 à 16h39
 
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Re:Précision sur l'autorisation de Cruiser

J'ajoute aux précisions apportées que le Régent (fipronil) ne fait pas partie de la famille des neo-nicotinoïdes et que cet insecticide n'est pas systémique. Il ya visiblement quelques imprécisions dans l'article d'Actu Environnement

iroise31 | 01 février 2008 à 00h10
 
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une fois de plus on cède !

Pourquoi Barnier a cédé sur le Cruiser ?
On sait que cet insecticide détruit les colonies d'abeilles
voir en Italie ... !!!

Anonyme | 10 février 2008 à 12h16
 
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condoléances pour les cerveaux

N'avez vous pas remarqué, ces dernières années, l'augmentation en flêche du nombre des malades atteints de troubles neurologiques ?
Dans ces mêmes années ont proliféré les insecticides neurotoxiques.
Eh bien, j'y vois un rapport... et qu'on me prouve que j'ai tort !

Tipanda | 22 février 2008 à 23h10
 
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Re:Re:Précision sur l'autorisation de Cruiser

N'y a-t-il pas une pétition à signer pour vous soutenir et faire interdire le cruiser. Amicalement. Daniel POIRRIER

Anonyme | 23 février 2008 à 08h11
 
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Re:Re:Re:Précision sur l'autorisation de Cruiser

Bonjour,
ni de vous substituer aux apiculteurs respectueux de leurs abeilles, qui utilisent des le thymol, l'acide oxalique, l'extrait de pépins de pamplemousse selon les préconisations des vendeurs de ces produits et des études faites à leurs sujets et qui constatent quand même de graves problèmes.

lolb | 08 avril 2008 à 11h43
 
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Re:Re:Précision sur l'autorisation de Cruiser

Quels sont réellement les produits que vous utilisez contre les parasites tels que la teigne et le varoa (entre autres ?)

Bibi | 23 mai 2008 à 14h52
 
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Re:Triste maïs

La consommation d’eau
Je suis de la ville et je n’ai connais pas bien la campagne. Mais je me demandé toujours, pour quoi les arrosages automatique ne s’arrêtent pas en cas de pluie (vu sur L’ A42 entre Lyon et Bourg en Bresse). Je pense un détecteur qui arrêt automatiquement en cas d’humidité, pluie etc suffisant ne devrait pas faire un surcoût. Et n’est il pas possible de remplacer le maïs par autres produits ou mélanges nutritives basé sur des végétaux consommateur de moins d’eau ?
(dans la famille des betteraves etc)

FJS

FJS | 26 septembre 2008 à 08h11
 
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Re:une fois de plus on cède !

Quand ils auront la tete dans le mur ils n'auront toujours pas compris signer :un maraicher apiculteur BIO

Anonyme | 26 novembre 2008 à 23h16
 
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Ma monoculture du maïs n'est pas la cause

La région Limousin est une région d'élevage où la monoculture du maïs n'est pas pratiquée. Les rotations y sont longues : 2 à 7 ans de prairie temporaire, 1 à 2 ans de maïs ensilage, 1 à 2 ans de céréale à paille avant le retour à la prairie. Cette dernière constitue le lieu de reproduction préféré du taupin qui est un ravageur majeur du maïs et qui occasionne régulièrement des dégâts importants dans les maïs semés après la prairie. Ici la monoculture n'est donc absolument pas la cause. Les produits habituellement employés et qui n'étaient pas mis en cause dans les problèmes relevés chez les abeilles sont cette année interdits (sauf l'Oncol qui à une dérogation pour 2009 mais il n'y a pas assez de produit disponible). Ces interdictions vont forcer les éleveurs à utiliser des semences traitées Cruiser et cela à leurs dépens puisque le coût/ha de ce produit est de 70€ contre 30€ pour les produits maintenant interdits.

urkt | 31 janvier 2009 à 11h56
 
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Re:Re:Triste maïs

Quand un agriculteur décide d'arroser son champ de maïs, c'est parce que la terre de surface est sèche, en général il décide de mettre de 40 à 45 mm d'eau par tour d'arrosage, c'est la quantité que le sol superficiel peut retenir avant l'excès. S'il se met à pleuvoir pendant qu'il arrose, il va surveiller ce que le ciel lui donne et n'apporter que la différence, par exemple s'il tombe 10 mm (ce qui est déjà une bonne pluie pendant l'été), l'agriculteur apportera 45-10=30 mm. C'est pourquoi vous pouvez voir les systèmes d'irrigation en action même sous la pluie.

urkt | 31 janvier 2009 à 12h09
 
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Re:Re:une fois de plus on cède !

Nous avons tous envie de manger bio. Le problème est que chaque matin il y a 200000 êtres humains de plus sur notre planète et, sauf à réduire cette prolifération, il faut bien envisager des solutions pour nourrir tout le monde. Je crains que l'agriculture biologique n'en soit malheureusement pas une. L'agriculture intensive n'est pas non plus une solution puisque l'on sait qu'elle n'est pas durable même si elle nos permet temporairement de faire face aux besoins, non sans dégâts. Il nous reste donc à chercher une autre voie et à la trouver sans quoi la nature nous ramenera à la réalité et régulera d'elle même l'expansion de l'espèce humaine. Elle le fait dèjà d'ailleurs dans nombre de pays pauvres.

urkt | 31 janvier 2009 à 12h28
 
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neuro-toxique;lait contaminé

Le Finistère, un des premiers départements laitiers, a semé la moitié de son maïs en traitement Cruiser, après une campagne médiatique commencée en septembre au Space, puis relayée par la presse professionnelle tout l'hiver
Les abeilles meurent et tout le monde s'en fout; mais le maïs contaminé (Cruyser est absorbé par la plante )ingéré par les laitières suivra la chaîne alimentaire, et le lait sera contaminé
Vive le grenelle de l'environnement

beebee | 26 avril 2009 à 21h45
 
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On se doute bien que l'autorisation du Cruiser se fait dans un réel souci de protection de l'environnement et non pour des questions d'intérêt et des raisons purement économiques...

U muntagnolu | 25 juin 2011 à 00h45
 
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