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Semaine 2010 pour les alternatives aux pesticides : c'est parti !

Du 20 au 30 mars, des actions citoyennes sont lancées dans toute la France pour sensibiliser citoyens, agriculteurs, jardiniers et collectivités aux risques liés aux produits phytosanitaires et à la nécessité de réduire leurs usages.

Agroécologie  |    |  Agnès Sinaï  |  Actu-Environnement.com
   
Semaine 2010 pour les alternatives aux pesticides : c'est parti !
   
Chaque année, quelque 76.000 tonnes de pesticides sont répandues sur le territoire français, dont 90% proviennent de l'agriculture. Ces quantités sont considérables : elles représentent un tiers de la consommation européenne de produits phytosanitaires. La France se classe ainsi au premier rang européen des pays utilisateurs de ces substances, qui contiennent le plus souvent des molécules dangereuses pour la santé, susceptibles de provoquer selon les cas, des cancers, des problèmes de reproduction, des maladies neurologiques voire des perturbations du système hormonal. L'épandage de pesticides a aussi des conséquences néfastes pour l'environnement. ''Les pesticides polluent nos rivières, stérilisent nos sols et contaminent nos assiettes'', s'inquiète le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), à l'origine de la semaine pour les alternatives aux pesticides, pour la cinquième année consécutive1. En son dernier rapport, publié en 2006, l'Institut français de l'environnement (IFEN) constatait que 96% des eaux de surface et 61% des nappes phréatiques étaient contaminées aux pesticides. Aujourd'hui, ''aucun élément ne traduit une amélioration concrète de la situation et un tiers des espèces aquatiques ont disparu'', note Cyril Deshaye, du WWF.

Le respect du vivant et des cycles naturels, le maintien de la productivité des sols et du bon état des eaux sont autant d'enjeux qui sollicitent le débat sur le modèle agricole français. Un débat qui se tend à nouveau depuis que Nicolas Sarkozy a affirmé, il y a quinze jours, lors de son passage au Salon de l'agriculture : ''toutes ces questions d'environnement, ça commence à bien faire''. Président du MDRGF, François Veillerette craint que le gouvernement ne revienne sur son engagement de réduire de moitié l'usage des pesticides d'ici à 2018, pris dans le cadre de l'article 31 de la loi de programme sur le Grenelle de l'environnement du 5 août 2009. Aux termes de cette loi, ''l'objectif est de réduire de moitié les usages des produits phytopharmaceutiques et des biocides en dix ans en accélérant la diffusion de méthodes alternatives, sous réserve de leur mise au point''.

Réticences des agriculteurs

La réduction des usages des pesticides tient à la promotion de solutions alternatives. Les agriculteurs peuvent-ils vivre décemment de leur activité en réduisant, voire en éliminant l'usage des pesticides ? 
Dès 2007, à la demande des ministères en charge de l'environnement et de l'agriculture, l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) a lancé une étude sur les itinéraires culturaux économes en pesticides. Quatre filières ont été prises en compte : grandes cultures, arboriculture fruitière, viticulture et cultures légumières. Pour chacune d'elles, différentes stratégies de limitation du recours aux produits phytosanitaires ont été analysées, au vu des connaissances disponibles. Il en ressort qu'une réduction importante du dosage des pesticides est possible : ''une baisse de l'ordre du tiers de l'utilisation des pesticides par rapport à 2006 serait atteignable avec des changements significatifs de pratiques, mais sans bouleversement majeur des systèmes de production, et avec des effets sur les niveaux de production et les marges variables selon les secteurs de production et les niveaux de prix. En grandes cultures, qui représentent la majorité des surfaces et de l'utilisation des pesticides, les marges seraient peu ou pas touchées avec les prix 2006, mais une baisse de production de 6% serait observée''.

Malgré ces chiffres plutôt encourageants, les agriculteurs demeurent souvent réticents à changer les pratiques. Ces évolutions impliqueraient une refonte des méthodes culturales difficiles à mettre en œuvre au sein de filières devenues spécialisées. Comme le souligne l'étude de l'INRA, il faut agir sur l'ensemble du système socio-technique, au-delà des incitations adressées aux seuls agriculteurs. Et élaborer des référentiels techniques alternatifs qui mettent les producteurs en confiance. Pour l'heure, Pascal Ferrey, vice-président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), exprime la défiance du monde agricole : ''le chiffre annoncé à l'issue du Grenelle était purement politique et nous ne l'avons jamais cautionné'', déclare-t-il dans Le Parisien du 19 mars, ''c'est bien beau d'annoncer une réduction de la moitié des pesticides, mais il faut ensuite assumer cet objectif''.

L'offensive pour revenir sur les objectifs du Grenelle I pourrait reprendre dans le cadre de l'examen du Grenelle II, qui a d'ores et déjà exempté les cultures de fruits et légumes - dites cultures mineures - de réduction d'usage des pesticides, ''sous la pression des lobbies agricoles et de leurs relais au Parlement'', selon François Veillerette. Membre de l'Office parlementaire des choix scientifiques et techniques (OPECST), le député de la Manche (UMP), Claude Gatignol est de ceux qui cherchent à relativiser les impacts des pesticides sur la santé humaine. Dans un rapport remis à l'OPECST en février 2008, M. Gatignol notait que ''si les risques liés à une exposition aiguë aux pesticides sont avérés, ceux liés à une exposition chronique à faible dose sont très controversés''.

En cette année internationale de la biodiversité, la semaine pour les alternatives aux pesticides met l'accent sur l'importance de la protection du vivant. Toutes les régions de France y participent, outre nombre de collectivités locales, d'associations et d'entreprises, Jardiniers de France, Botanic, Biocoop, Léa Nature, mais aussi l'Unaf (Union nationale de l'apiculture française), le WWF, la LPO et la Mairie de Paris, qui s'engage à l'objectif zéro pesticides dans tous les espaces verts parisiens d'ici à 2014.

Réactions3 réactions à cet article

 
Concentrations maximales - usage domestique

Souvent, les produits de ce genre sont munis d'une étiquette indiquant la concentration minimale pour qu'ils soient efficaces.

Indique-t-on aussi la concentration maximale avant qu'ils ne soient toxiques ?

Le problème est l'attitude courante du consommateur : si on en met un peu plus, cela marchera encore mieux et plus vite ...

HERVE | 25 mars 2010 à 08h50
 
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semaine 2010 .... plutôt année 2010

année de l'environnement .. souhait que cette année 2010 soit l'année des bonnes décisions = définitives, et non des décisions "alternatives", vites oubliées, tout comme les bonnes décisions que nous sommes déja trop nombreux à prendre le jour de l'an, et qui sont vite oubliées.

donc souhaitons que les décisions pour l'objectif du zéro pesticides d'ici 2014 soit maintenues.

OUI, de manière massive, lels agriculteurs peuvent Bien vivre avec moins de production massive, dont une partie de cette production est bien souvent détruite d'o^perte d'argent pour l'état qui subventionne ces pertes, perte de temps pour l'agriculteur qui brasse de l'air assis sur son tracteur, perte financière pour le consommateur qui est en fait celui quui perd le plus. Le consommateur urbain n'a pas de jardin pour faire ses légumes et sa viande, ce qui permet à tout agriculteur de vivre mieux, car pour sa production personnelle il devient BIO et il n'achète donc pas ses produits premiers de consommation.

OUI l'agriculteur vivra tout aussi bien, mais encoroe faut-il reprenne le bon chemin, car qui sur terre veut, accepte de resserer les cordons de sa bourse ? tout le monde ne pense et pense que l'argent "sonnant et trébuchant" est la seule source de richesse. Soyons honnêtes avec nous mêmes, nousavons transormé nos valeurs essentielles, nous cherchons trop à augmenter un capital d'une autre nature que la raison dicterait.

OUI les agriculteurs peuvent vivre tout aussi bien, leur bétail aussi, les apiculteurs, donc, aussi. En zone d'élevage, les agriculteurs ne laissent plus pousser les fleurs sauvages ; en hâte, dans les prés, il leur faut semer l'engrais avec pesticides dès les premiers beaux jour du printemps ... pour que l'herbe à vache pousse en abondance sans "mauvaises herbes". Les mentalités ont changé, combien sont les agriculteurs du fin fond de nos belles régions, limousin, Auvergne ou ailleurs, où les espaces verts, pardon les "prés" sont nombreux, qui ne consulteront pas mon message car ils n'ont pas d'informatique ni d'internet, et du reste le rendement est primordial. Il ne faut pas perdre de temps ! les abeilles, dans ces zones, n'ont plus rien à butiner quasiment de tout l'été. Herbe, Herbe et herbe, c'est tout ce qu'ils veulent. Et puis, les Haies à quoi ça sert ? allez supprimons les haies, laissons la place même quelques cms carrés à l'HERBE, herbe, herbe.
plus de haies, plus de ronces, plus de nids d'oiseaux, plus d'insectes, etc ... plus d'abeille.

Ce que je dis, je le constate dans un endroit où j'ai des ruches, BIEN SUR.

MEILLEURES SALUTATIONS APICOLES - AENDANGER

Abeillendanger | 25 mars 2010 à 09h30
 
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Les conclusions ne sont pas rassurantes ...

Les conclusions ne sont pas rassurantes ...

- Il semble impossible aujourd’hui de dire si le risque lié aux pesticides agricoles est vraiment réduit.

- Les quelques indicateurs de risque disponibles démontrent, entre autres, de hauts risques pour la culture de pomme de terre, risque subi par l’applicateur donc l’agriculteur principalement.

- En ce qui concerne les abeilles, une augmentation (du risque) est observée. Les apiculteurs, qui redoutent un printemps noir, en ont assez d’être considérés comme responsables et non comme victimes de la mortalité dans leurs ruches. Il y a en outre une augmentation du risque pour les apiculteurs.

- Pour ce qui est de l’usage amateur des pesticides, les indices montrent une augmentation générale des risques. Un tiers de la consommation des pesticides est lié à l'usage des particuliers et les ventes se portent bien. Et pour cause, la publicité ne connaît pas d’entraves. Le contrôle est insignifiant.

- Les brochures et sites internet publiés pour «sensibiliser» le consommateur ne contiennent que de faibles avertissements. Par exemple aucun message ne cible les femmes enceintes alors que de récentes études ont démontré le caractère critique de l’exposition du fœtus aux pesticides à usage domestique.

Il faut bien sûr sensibiliser, former, informer la population de ces problèmes mais il faut oser appliquer plus sérieusement le principe de précaution aux différents stades de la production et de la distribution de ces produits :

- au niveau de l’agrément des substances, en procédant à des tests sur la toxicité chronique

- au niveau de l’usage, en poursuivant la recherche de modes de production et de pratiques alternatives, ayant pour but l’élimination des substances toxiques du marché

- au niveau de la commercialisation en réglementant les conditions de vente, les emballages, les doses, et l’étiquetage, surtout pour les usages amateurs

- en interdisant une fois pour toutes la publicité vers les consommateurs

HERVE | 25 mars 2010 à 14h07
 
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