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Pesticides dans l'air : Atmo France et l'Anses lancent la campagne de surveillance nationale

Les modalités de la campagne nationale de mesure des pesticides dans l'air se précisent. A terme, la France pourrait se doter d'une stratégie nationale de surveillance des pesticides dans l'air.

Risques  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°376 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°376
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En 2018, les associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (Aasqa) mesureront la présence de 90 pesticides. Ce mardi 28 novembre, le ministère de la Transition écologique et solidaire, la fédération des Aasqa (Atmo France) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ont signé la convention et l'accord-cadre relatifs à cette première série de mesures nationales harmonisées des pesticides dans l'air.

Cette campagne est prévue par le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (Prepa) pour la période 2017-2021 adopté en mai dernier et confirmée début novembre par Nicolas Hulot. Elle répond notamment à la Cour des comptes qui recommandait en janvier 2016 de "rendre obligatoire la surveillance par les Aasqa de la présence dans l'air des pesticides les plus nocifs".

Mieux connaître l'exposition chronique de la population

Les Aasqa "collectent depuis près de 20 ans des données sur les concentrations en pesticides dans l'air ambiant", rappelle Atmo France. Mais ces mesures restent volontaires et suivent des protocoles variés. Le territoire français ne fait donc pas l'objet d'un suivi systématique et harmonisé. Pourtant, les différentes campagnes menées "ont permis de mettre en évidence la présence de pesticides dans l'air, près des zones agricoles comme dans les villes, [et ont montré] que l'exposition par la voie aérienne représente une composante importante dans l'exposition totale aux pesticides".

Cette première campagne nationale vise essentiellement à améliorer les connaissances sur les pesticides dans l'air ambiant et l'exposition des populations. En fonction des résultats, la France pourrait définir une stratégie nationale de surveillance des pesticides dans l'air. "L'objectif est d'évaluer l'exposition moyenne de la population à cette pollution de fond mais aussi d'identifier d'éventuelles situations de surexposition (professionnels, riverains, ..) et de faire la part des choses entre les différentes expositions (air, eau, alimentation, contact) pour chacune des substances", explique Atmo France. Ce travail s'inscrit dans le cadre du dispositif de phytopharmacovigilance de l'Anses qui vise à mieux connaître et évaluer les effets indésirables des pesticides sur la santé et les écosystèmes. L'exposition chronique de la population générale et les risques sanitaires associés sont au cœur de ces travaux.

Recommandations de l'Anses

Concrètement, la campagne de surveillance reprend la liste de pesticides identifiée par l'expertise scientifique de l'Anses, elle-même alimentée par le retour d'expérience des Aasqa. L'agence avait présenté le 19 octobre dernier un rapport qui établit une liste de 90 substances prioritaires identifiées en fonction de leur présence avérée dans l'air et de leur potentiel danger, en France métropolitaine et dans les régions d'outre-mer de Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et de la Réunion.

Cette liste comprend des substances chimiques entrant dans la composition des produits phytopharmaceutiques mais aussi des biocides, des médicaments vétérinaires et des antiparasitaires à usage humain. Elle distingue des substances hautement prioritaires (notamment le 2,4D, la cypermétrine, le fipronil, le chlordécone ou encore le lindane, une substance interdite progressivement entre 1998 et 2006) et d'autres pour lesquelles la pertinence de la surveillance doit être confirmée (le glyphosate, ainsi que l'aldrine, reconnu comme polluant organique persistant (POP), y figurent).

Quant au protocole de suivi des pesticides dans l'air, il sera élaboré conjointement entre l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et les Aasqa. Les prélèvements seront effectués sur deux sites par région, explique Le Monde. Reste l'épineuse question du financement de la mesure. "La fiscalité sur les pesticides finance la majorité de cette campagne (via l'Anses), l'autre partie de financement étant assurée via les crédits annuels du ministère de la Ttransition écologique et solidaire aux AASQA", explique Atmo France. Selon Le Monde, le budget de la campagne s'élève à un million d'euro.

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