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Pesticides dans l'air : une base de données en attendant une surveillance nationale

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Les concentrations de pesticides dans l'air ambiant sont encore peu connues et leurs impacts sanitaires encore moins. Depuis 2002, certaines associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA) réalisent des mesures de pesticides dans l'air. Mais cela dépend « des ressources locales et des soutiens financiers mis à leur disposition ». Leur fédération Atmo, a décidé d'ouvrir au public, à partir du 18 décembre, la base qui recense l'ensemble de ces données. Elle demande, par ailleurs, la mise en œuvre d'un suivi territorial et national pérenne. En 2018, une campagne nationale de mesure d'un an avait été lancée afin de dessiner les contours de cette surveillance pérenne des pesticides dans l'air. Sans suite pour l'instant...

Dix substances mesurées de manière récurrente, dont une interdite

La base de données PhytAtmo, recense à ce jour quinze années de mesures des pesticides dans l'air. Pas moins de 321 substances actives sont recherchées sur 176 sites. « Au final, ce sont entre 40 et 90 substances actives (herbicides, fongicides, insecticides) qui sont quantifiées annuellement à l'échelle nationale », indique Atmo. Entre 2015 et 2017, dix substances ont été mesurées de manière récurrente sur les sites permanents de surveillance : cinq herbicides (Pendiméthaline, Triallate, s-Métolachlore, Prosulfocarbe et Diméthénamide(-p)), deux insecticides (Lindane et Chlorpyriphos-éthyl) et trois fongicides (Chlorothalonil, Folpel et Cymoxanil). Fait surprenant : le Lindane est interdit depuis plus de vingt ans (1998).

Les concentrations de pesticides sont très variables. Elles « dépendent des conditions météorologiques locales, de la nature des sols, des caractéristiques physiques et chimiques de la substance active, des équipements utilisés lors du traitement…». Et logiquement, ces concentrations ont une saisonnalité, en fonction des traitements réalisés. « La période fin printemps - été présente des concentrations plus élevées sur les zones viticoles (fongicides) alors que sur les zones de grandes cultures (herbicides) les concentrations sont plus importantes en période automnale ».

Réactions4 réactions à cet article

 

J'ai eu exactement le même sursaut : doser le Lindane dans l'air? Autant dans l'eau, il risque d'y être encore présent pendant quelques années, du fait de la pollution de nappes et de terres (anciens dépôts plus ou moins sauvages). Autant dans l'air, la dissipation devrait être terminée depuis longtemps, à moins que…. faut-il, dans ces conditions, doser aussi le DDT, ou l'Atrazine ou le duo Diuron/Isoproturon, voire le Glyphosate/AMPA (je m'étonne qu'il ne soit pas dans la liste)?
Il serait intéressant de connaître les zones géographiques actuellement mesurées. On pourrait en déduire les cultures présentes, ce qui pourrait expliquer les composés recherchés.

nimb | 19 décembre 2019 à 09h34
 
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Trouver dans l'air des pesticides interdits depuis longtemps montre à l'évidence que des stocks subsistent et que des personnes s'en servent encore. J' ai remarqué une chose qui m'intrigue: autour de ma maison près d'Orléans, il n'y a plus de cultures depuis plus de 15 ans dans un rayon d'au moins 2 kilomètres et je suis séparée de ces dernières par la forêt.Tout a été transformé en friches qui sont fauchées une fois par an pour le foin.Et malgré cela les sauterelles , criquets et grillons ont totalement disparu. Autrefois, quand on marchait dans l'herbe, on soulevait des nuages d'insectes et on entendait les crissements des criquets et sauterelles. Désormais la campagne est silencieuse, plus un bruit même le soir , instant choisi par les grillons.Or il n'y a plus épandages depuis belle lurette, c'est donc que l'air lui même est saturé d'insecticides. de ce fait des oiseaux autrefois très courants comme l'alouette que nous entendions au dessus des champs, ou les vanneaux huppés qui vivaient en bandes , ont totalement disparu, mais je pourrais citer aussi les bergeronnettes, les pinsons, les bouvreuils, les chardonnerais... la liste est longue et rend la vie triste et fade.Je pense que la France est irrécupérable ,étant donné toutes les actions contre-nature que le gouvernement continue à subventionner ou à soutenir. La population se rend parfaitement compte de ces dérives malgré les grands discours cherchant à lui prouver le contraire.

gaïa94 | 19 décembre 2019 à 11h00
 
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Bonjour, je comprends votre réaction concernant le lindane: pour information il est encore mesuré par la station de Lille Fives ( la seule station de mesure des pesticides mise en oeuvre pour tous les Hauts de France, en pleine ville........).

PVN | 19 décembre 2019 à 12h11
 
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A gaia
Intéressant. J'aurai cependant tendance à penser qu'avant d'invoquer une saturation de l'air,qui expliquerait votre environnement personnel, il doit plutôt y avoir, avant tout, un sol qui est peut être, et plus sûrement, "saturé" en produits phytosanitaires, le rendant encore pour quelques années difficile pour permettre le développement d'un "éco-système sain".
Je mets certains termes entre guillemets car pas forcément adaptés. De même, invoquer une saturation de l'air en pesticides me parait exagérée (je pense que vous en conviendrez) quand on invoque par ailleurs un même air saturé essentiellement par les gaz de pots d'échappement.
Orléans, c'est la plaine de la Beauce, si je me rappelle, donc des grandes étendues de céréales, sans haies ni autre végétation. Cet environnement désertique ne s'est pas créé du jour au lendemain mais progressivement.... comment voulez vous que les insectes, et surtout leurs prédateurs oiseaux, viennent y manger et vivre s'ils ne trouvent pas d'habitat? Progressivement, ils ont migré vers un ailleurs plus hospitalier (ou sont morts de faim/malades). Tout changement connait une cinétique longue pour se mettre en place, en bien comme en mal.

nimb | 19 décembre 2019 à 14h18
 
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