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Pesticides dans l'air : lancement du premier suivi national et annuel de surveillance

Après une campagne exploratoire en 2019, la France démarre aujourd'hui un premier suivi national et annuel de surveillance des pesticides dans l'air. Ces mesures, réalisées en métropole comme en outre-mer, ont vocation à se pérenniser.

Risques  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com

Ce mardi 20 juillet, les associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (Aasqa) et l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) lancent officiellement le premier suivi national et annuel des pesticides dans l'air. Son objectif, « à vocation pérenne », est de mesurer et de surveiller la concentration de divers pesticides (compris au sein d'une liste de polluants à intérêt national) dans toutes les régions françaises (de métropole et d'outre-mer).

Généralisation d'une surveillance déjà initiée

Cette démarche, financée par l'État, fait suite à une campagne nationale exploratoire (CNEP), réalisée de juin 2018 à juin 2019 par les Aasqa, le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air (LCSQA), dont l'Ineris est membre, et l'Anses. Cette première campagne a été menée en réponse aux nombreuses initiatives développées depuis plusieurs années par des Aasqa soucieuses d'évaluer la présence de pesticides dans l'air malgré l'absence de réglementation européenne à l'égard de ces substances.

En octobre 2017, en amont de cette CNEP, l'Anses avait publié une liste initiale de 90 substances chimiques présentes dans des produits phytopharmaceutiques mais aussi des biocides, des médicaments vétérinaires et des antiparasitaires à usage humain. Au moment du lancement de la CNEP, la liste avait été finalement ramenée à 75 molécules fongicides, herbicides ou insecticides à surveiller sur 50 sites. En outre, la CNEP a permis la mise en œuvre d'un protocole harmonisé développé par le LCSQA, dans le cadre du plan Ecophyto et sur la base de travaux métrologiques menés en collaboration avec les Aasqa.

75 substances examinées en métropole comme en outre-mer

Les 75 pesticides surveillés, cette fois-ci à l'échelle nationale, comprennent notamment :
- Le chlordécone, un perturbateur endocrinien interdit depuis 1993 mais encore présent dans l'environnement ;
- Le folpel, fongicide utilisé en viticulture et maraîchage, considéré comme « cancérogène suspecté » depuis 2009 par l'agence européenne sur la sécurité des aliments (EFSA) ;
- Le lindane, insecticide très persistant, exploité jusqu'à son interdiction en 1998 dans l'agriculture et dans des produits pharmaceutiques pour combattre la gale et éliminer les poux.

La concentration de ces molécules dans l'air sera mesurée par 18 capteurs fixes, correspondant à un site proche d'un bassin de vie (urbain ou péri-urbain), dans chaque région. Afin « d'avoir une photographie générale » du territoire, chaque site représentera l'un des profils agricoles suivants : grandes cultures, viticulture, arboriculture et maraîchage. Les prélèvements seront réalisés dans le respect de la stratégie et du protocole de mesure élaborés par le LCSQA. Une fois les données ainsi collectées par les Aasqa, l'Ineris reprendra la main pour les exploiter et étudier les tendances d'évolution en comparaison des conclusions de la CNEP.

Calendrier des mesures

Les mesures réalisées ne seront pas quotidiennes mais s'étaleront à chaque fois sur une période de sept jours. Au fil de l'année de suivi, 26 périodes de mesures seront effectuées sur chaque site – contre 18 mesures par an seulement pour les sites de maraîchage.

Cependant, pour certaines molécules en particulier, la fréquence de mesure sera différente. Pour évaluer la concentration dans l'air de substances dites « polaires », comme le glyphosate, un dispositif complémentaire « tournant » sera déployé, au rythme de 40 mesures par an, d'une durée de 48h chacune. Ces substances ne seront pas surveillées dans toutes les régions à la fois, la même année. Les premiers sites, choisis pour le suivi cette année, concerneront cinq régions (en plus des huit déjà couvertes par la CNEP) : Occitanie, Pays-de-la-Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, la Martinique et La Réunion.

Une stratégie à vocation pérenne

Les premières données seront rendues accessibles dès l'été 2022 sur la base de données en « open-data » de mesures de pesticides, PhytAtmo, et celle sur la qualité de l'air, Geod'Air. Elles constitueront une première source d'information cruciale sur le sujet. Pour rappel, en 2019, l'Anses avait regretté l'absence de littérature scientifique, en particulier vis-à-vis des doses à risques par voie respiratoire de certains pesticides. Encore faudra-t-il que cette démarche de suivi national annuel se pérennise comme voulu. « La poursuite de ce suivi reste conditionnée au maintien d'un financement dédié pour les années à venir », préviennent justement Atmo France, l'Ineris et le LCSQA dans un communiqué.

Réactions6 réactions à cet article

 

Les petits hobereaux présidents de chambres d'agriculture, qui jadis s'opposaient férocement à ce type d'équipement, n'ont qu'à bien se tenir désormais.
Ou bien vont-ils, comme il en est d'usage jusqu'à présent (mais les choses peuvent évoluer dans le bon sens), faire pression sur les préfets pour retarder les mises en services. Puis, une fois l'inéluctable en place, dresser l'habituel rideau de fumée pour contester / remettre en cause / faire invalider des résultats très certainement déplaisants pour leur business.
Si l'on veut vraiment que cela ait une chance de fonctionner au bénéfice de la santé des citoyens, surtout tenir éloignée la FNSEA du dispositif.

Pégase | 20 juillet 2021 à 21h11
 
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Rien à retirer à ce qu'a dit Pégase

PVN | 21 juillet 2021 à 13h12
 
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Le problème reste que dans certaines zones comme en Sarthe ou on subit par beau temps en général vent du nord est tous les miasmes de l'île de France, diéséls et autres fumées cancerogènes, mais en plus donc les produits chimiques de la Beauce et du Perche, de pollués on se verra considérés comme pollueurs.
Non que nos agriculteurs soient mieux que les autres, mais on a bien plus de forêts qu'ailleurs, 64% dans mon village.

pemmore | 22 juillet 2021 à 01h24
 
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C'est pas mal de chercher, au moins on trouvera.
Maintenant, il y a des choses qui me semblent au moins aussi importantes, c'est de connaître l'état des lieux de la qualité de l'air A L'INTERIEUR des habitations.
Tailler le bout de gras sur 10 picogrammes de glyphosate ou de lindane dans l'air extérieur d'une personne alors qu'en même temps, cette même personne respire tous les jours 10 microgrammes d'hydrocarbures (Benzène? Toluène? Xylène?) provenant de la combustion de ses bougies (c'est à la mode de brûler de brûler une bougie ou de l'encens, çà crée une ambiance!), ou 20 nanogrammes d'hydrocarbures aromatiques provenant de l'utilisation de sa friteuse ou de sa poële à frire.
Peut être que je me trompe sur les valeurs de grandeurs de chaque risque, mais à mon avis pas tant que çà (au cas où çà polémiquerait sur le fait que je veuille minimiser l'impact de la FNSEA).

nimb | 22 juillet 2021 à 10h59
 
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Bien évidemment qu'il faut s'attaquer à la pollution de l'air intérieur des habitations, aucune piste ne doit être négligée en matière de santé publique. Mais dans pas mal de cas, tel l'exemple des bougies d'ambiance, il s'agit d'un geste choisi (certes souvent sans aucune réflexion quant aux effets secondaires, cela malgré bien des alertes) par au moins d'un des habitants.
Les polluants industriels et les émissions de gaz de combustion sont imposés à tous. Mais depuis quelques temps (bien trop peu), ces pollutions sont dans le collimateur de l'UE et des règles européennes de plus en plus strictes tendent à s'imposer enfin (même si bien des états membres, comme la France - multirécidiviste - font de la résistance).
Tandis qu'avec les polluants d'origine agricole, tout a été fait jusqu'à présent pour de pas assumer de nouvelles "contraintes environnementales". Il est donc grand temps que cela change. Mettre enfin au diapason du reste de la société économique une activité qui a longtemps été la première bénéficiaire des subsides de l'UE est la moindre des choses. Ni plus, ni surtout moins.

Pégase | 22 juillet 2021 à 11h41
 
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Un produit même mesuré en 'pouillemes' mais dont le destin était de tuer les insectes pourtant bien plus résistants que nous, peut forcément provoquer une cassure dans la transmission de notre adn, il en faut très peu mais un être humain vit souvent + de 90 ans, donc ça s'accumule, par rapport à la bestiole qui vit rarement adulte plus d'un mois.

pemmore | 22 juillet 2021 à 14h10
 
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