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Pesticides : le Conseil constitutionnel censure les chartes d'engagements

Agroécologie  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

C'est une victoire judiciaire pour les associations de protection de l'environnement. Par une décision rendue ce 19 mars, le Conseil constitutionnel a déclaré non conforme les dispositions de la loi Egalim portant sur l'élaboration des chartes d'engagements départementales relatives à l'utilisation de pesticides.

Ces dispositions méconnaissent en effet l'article 7 de la Charte de l'environnement relatif à la participation du public à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement. D'une part, elles « se bornent à indiquer que la concertation se déroule à l'échelon départemental » sans définir aucune autre condition ou limite, jugent les sages. D'autre part, le fait de limiter la concertation aux seuls riverains ne satisfait pas à l'exigence d'une participation de « toute personne » imposée par la Charte de l'environnement.

Cette décision est rendue par le Conseil constitutionnel dans le cadre d'une question prioritaire de constitutionalité (QPC) posée par neuf associations et syndicats à l'appui de leur requête contre le décret du 27 décembre 2019. Ce texte permet de réduire les distances d'épandage des pesticides à proximité des habitations dès lors que sont adoptées des chartes départementales prévoyant des mesures de protection des riverains.

« C'est une victoire pour la santé des riverains et la préservation de la biodiversité », réagit le collectif d'associations. « Cette décision impose désormais aux juges administratifs et au Parlement d'en tirer les conséquences immédiatement », ajoutent les requérantes. Le législateur est en effet appelé à revoir le dispositif censuré tandis que sont attendues les décisions du Conseil d'État sur les recours dirigés contre le décret et l'arrêté du 27 décembre 2019 relatifs aux distances d'épandage.

Réactions31 réactions à cet article

 

Il reste donc encore un peu de bon sens dans ce pays. Les occasions sont si rares qu'il y a tout lieu de s'en réjouir pleinement.
On dirait bien que l'entre-soit et la petite cuisine si prisés par certains syndicats agricoles et préfets pour imposer à tous les citoyens des décisions lourdes de conséquences pour leur santé ne font plus recette auprès des hautes juridictions nationales. Nos hauts représentants de l'Etat et les parlementaires seraient ainsi bien inspirés d'agir désormais pour l'intérêt général et non plus seulement pour des intérêts catégoriels court-termistes, sauf à vouloir collectionner les camouflets. Il serait souhaitable pour la crédibilité de nos décideurs et, plus généralement, pour celle de la parole de l'Etat que l'aberration et le ridicule de cette situation ne se reproduisent plus.
En attendant, quid des campagnes de traitements en cours ?

Pégase | 19 mars 2021 à 13h24
 
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"D'autre part, le fait de limiter la concertation aux seuls riverains ne satisfait pas à l'exigence d'une participation de « toute personne » imposée par la Charte de l'environnement. "
Ca me parait tout de même logique de recevoir en priorité l'avis des premières personnes concernées (les riverains), plutôt que l'avis de personnes aptes à réagir à tout, et leur contraire, mais qui ne connaissent peut être même pas le contexte, ni même la localisation, concernée.

nimb | 22 mars 2021 à 09h59
 
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Il faut voir comment la concertation a été organisée par la chambre d'agriculture dans chaque département, laissant peu de place à l'expression personnel sur le projet. Dans la Manche peu de personnes sont allés sur le site pour déposer leur avis transformant cette consultation (comme beaucoup d'autres d'ailleurs) en parodie de démocratie. Enfin une brêche dans le super pouvoir de la FNSEA ! Ce n'est qu'un début il faut continuer !

BJ50320 | 22 mars 2021 à 10h06
 
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Bonjour, encore une entrave au monde paysan, que tout le monde aime bien, mais à condition qu'ils ne gênent aucun de ces bobos ! Un citadin pollue combien de fois plus qu'un agriculteur ? Ces réflexions émanent d'un monde de riches qui mange à sa faim et qui fait de l'agribasching à longueurs de pages et d'émissions télé et radio.

Marc07 | 22 mars 2021 à 10h42
 
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"le parlement devra tirer les conséquences immédiates..." Il lui reste donc une proposition à faire celle de" réglementer les enquêtes au regard des zones intéressées". En effet, il est bien Français d'engager une concertation sur toute la France pour les ours, en sachant qu'on les souhaite uniquement en montagne, mais voilà qu'une trace est découverte en bordure de Toulouse! pour les loups, mais voilà qu'un chien est tué dans son jardin dans le dépt de la Drôme, là je ne conseille pas de laisser un enfant pleurer dans ce coin! Je ne suis pas certain d'être bien placé pour critiquer un accord sur un département situé à l'opposé géographique du mien.
Que se soit la FNSEA qui accompagne cette enquête avant décision n'a rien d'anormal, à moins de refuser la CGT ou la CFDT, ou... dans une négociation d'entreprise, n'en déplaise à Pégase.

jmf | 22 mars 2021 à 13h13
 
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Pour une fois je suis d'accord avec les associations environnementales.
Par contre importer des produits contenant plus de mille fois la dose tolérée d'un produit interdit en France serait un premier pas avant de réglementer quoique ce soit.

ouragan | 22 mars 2021 à 14h50
 
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@Marc07
Paysans contre bobos… le poncif éculé que nous resservent à chaque fois les tenants du lobby agro-industriel (FNSEA+Crédit Agricole+ Safer) pour nous faire croire qu'il y a une unanimité du monde agricole, en prétendant faire jouer le réflexe corporatiste. Non à cette manipulation idéologique. Heureusement, il y a des paysans, de plus en plus nombreux, attachés à une autre modèle que celui de l'agro-business, qui se préoccupent des impacts des pesticides sur leur santé, sur celle des consommateurs et celle de la planète. Soutenons-les, soutenons leurs efforts pour développer le bio et les circuits-courts.

Basil Beck | 22 mars 2021 à 17h26
 
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Pour qui s'intéresse un tant soit peu au sujet, jmf, il est de notoriété publique que le syndicat agricole que vous citez ne s'est pas contenté "d'accompagner cette enquête" : il a fermement tenu la main de chaque préfet pour s'assurer qu'ils prennent bien ces arrêtés iniques (comme dans bien d'autres occasions).
Il est donc heureux que le Conseil constitutionnel reconnaisse la non conformité de ce genre de pratique occulte et les mette ainsi au grand jour.
Une lancinante question me taraude : cela vaudra-t-il au Conseil constitutionnel une descente de la brigade de Gendarmerie Démeter au motif que cette décision est susceptible de constituer un acte d'agribashing ?

Pégase | 23 mars 2021 à 09h19
 
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Pégase, Oui, le FNSEA est un syndicat majoritaire en France, encore une fois cela peut exister comme dans les autres domaines, c'est la décision des élections professionnelles.
Je constate que ce principe ne vous convient pas et souhaiteriez voir une minorité diriger, sous réserve que ce soit vos idées qui soient présentées.
Je ne trouve pas dans les textes la critique d'une position syndicale, mai simplement le fait que les enquêtes soient limitées géographiquement. Une décision prise au niveau national s'éloigne trop du terrain pour être acceptée. C'est le cas du loup, de l'ours,...On accepte du nucléaire, comme des éoliennes, mais pas chez moi! etc
Vouloir opposer ceux qui travaillent la terre au reste de la population n'est pas le meilleur moyen de réformer. Il y a possibilité de négociation sur le terrain, pour cela il faut être ouvert aux autres, les connaître, apprécier les efforts déjà en cours et échanger. C'est du moins ce que je souhaiterais constater sur le terrain, et pas cette opposition stérile avec des termes comme "iniques" sous prétexte que les décisions ne conviennent pas à titre personnel!

jmf | 23 mars 2021 à 18h41
 
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Plus je lis et relis l'article, et plus je me pose une question : c'est quoi le réel problème soulevé dans cet article? C'est la charte départementale ou c'est la distance d'épandage? C'est la non consultation d'éventuels requérants basés à perpette qui sont plus au courant que ceux basés à 50m du champ? A-t-on avant tout jugé le fond ou la forme?

nimb | 23 mars 2021 à 22h22
 
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@nimb
La déclaration d'inconstitutionnalité porte sur la forme : la procédure de participation du public non-conforme à la Charte de l'environnement. Le Conseil d'État devrait annuler les textes réglementaires pris sur un fondement inconstitutionnel.
Mais, comme le souligne Corinne Lepage dans un commentaire de la décision : "cela ne change rien au fond du problème qui n’est pas abordé par le Conseil constitutionnel et qui est celui de l’extrême proximité entre le champ d’épandage et les habitants".

Laurent Radisson Laurent Radisson
24 mars 2021 à 10h28
 
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jmf : enfermez-vous dans le déni et le renversement caricatural de situation si vous le souhaitez, sans doute pour espérer préserver le statu quo et l’hégémonie en place depuis des décennies. Mais vous n'empêcherez pas la société civile d'ouvrir de plus en plus les yeux sur la main mise d'une minorité (tout à été fait pour qu'il y ait moins de paysans, à commencer par le syndicat que vous citez ; -26% d'exploitations agricoles et -21% d'agriculteurs rien qu'entre 2000 et 2010 selon les statistiques du ministère de l'agriculture, toujours au profit de l'agrandissement donc de l'intensification, notamment chimique) sur la santé de l'ensemble de la population et son aspiration à ce qu'elle ait enfin son mot à dire sur le sujet. Pour preuve : la demande croissante et soutenue de la demande de produits labellisés AB, si possible en circuit court. Et là, je parle chiffre d'affaire, pas opinion personnelle. D'ailleurs, le syndicat que vous citez l'a fort bien compris, lui qui cherche par tout moyen à dénigrer et torpiller l'AB et, à défaut car elle se développe, à lui mettre la main dessus pour la contrôler. Il n'y a qu'à voir comment le Green deal de l'UE, avec ses 40 % du budget PAC désormais dédiés à l'action pour le climat et à renforcer l'agriculture biologique, déchaîne les passions...

Pégase | 24 mars 2021 à 10h33
 
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Pégase parle comme un curé de la Cause sacrée et sa vision est indiscutable...
Amen donc. Mais rendre un seul facteur de production responsable de la disparition de l'agriculture est un sophisme et une simplification outrancière visant à créer de la polémique : si on n'est pas d'accord avec le cheval ailé, alors on est dans le camp des horribles lobbies capitalistes et des vipères lubrique du grand capital, c'est ainsi. Re-Amen.
Le jeu est de ne pas laisser le dernier mot à ce type d'apôtre prêcheur de la Sainte Cause qui s'approprie l'environnement et dénie toute légitimité à qui n'est pas en accord avec sa Vérité Révélée ou sa Vertu...
C'est dommage pour l'agriculture et aussi pour l'environnement.
Ce jeu m'amuse de moins en moins, tellement son intolérance est systématique.

Albatros | 24 mars 2021 à 16h59
 
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Fichtre, Albatros, on dirait bien que j'ai touché là sans le vouloir un point particulièrement sensible ! On ne rigole plus du tout !
Peut-être ce "jeu" vous amuse-t-il d'autant moins que vous sentez qu'il commence à vous échapper... ?
Que voulez-vous, lorsqu'ils ne mettent pas KO à terre (et c'est bien l'objectif premier), le dénigrement, le mépris et l'ostracisme de personnes comme vous rendent ceux qui restent debout plus coriaces, déterminés à ne plus se laisser faire sans réagir et à défendre âprement ce qui peut encore l'être. Peut-être une forme de sélection naturelle, je ne saurais dire.
Quoiqu'il en soit et ne vous en déplaise, vous allez bien être obligé de faire avec. Et comme mon petit doigt me dit que je ne suis pas le seul de mon espèce, vous ne risquez pas d'en avoir pas fini avec les petits hommes verts qui vous causent tant d'aigreurs !

Pégase | 24 mars 2021 à 18h42
 
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Je viens de lire dans l'édition du Monde du jour l'édifiant témoignage d'un "repenti" de l'agrochimie, Jon Heylings, anciennement chimiste modèle chez ICI, soulageant sa conscience quant aux ravages de l'herbicide Paraquat (voir à https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/24/le-paraquat-un-poison-trop-rentable_6074345_3244.html). L'article est d'ailleurs intitulé "Un demi-siècle de mensonges et de secrets sur le paraquat, pesticide lucratif et poison violent" : excusez du peu !
Cet ancien chimiste n'est visiblement pas très loin de considérer son ancien camp comme celui "des horribles lobbies capitalistes et des vipères lubrique du grand capital" (merci pour la citation finalement assez appropriée). SI on s'en réfère à l'article, on parle là de dizaines de milliers de morts sur la planète en lien direct avec ce seul produit : il serait bon que certains s'en soucient quelque peu avant de se défouler sur leur clavier !
Décidément, rien ne va plus dans le monde de la chimie agricole ! Et là aussi, mon petit doigt me dit que le grand et salutaire déballage n'en est qu'à ses débuts, tant certaines consciences ont besoin de vider leur sac bien trop lourd pour elles...

Pégase | 24 mars 2021 à 21h50
 
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@Albatros
Le cheval ailé fait parti des évangélistes sauveurs de la planète. Le seul problème c'est que les chevaux ont des œillères qui sont particulièrement efficaces chez ceux qui volent.
Et effectivement, l'intolérance est le bras armé des militant de la deep écologie qui ne se remettent jamais en question. Et pour ces gens il ne s'agit pas d'un jeu, mais d'une rhétorique destinée à se mettre en avant au cas ou la dictature verte prendrait le pouvoir.

ouragan | 24 mars 2021 à 23h01
 
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Merci M.Radisson de me confirmer qu'on juge une fois de plus la forme, même si on donne l'impression d'avoir gagné la guerre par la même occasion. Je ne m'éterniserai pas plus sur ce dossier mais je vais juste essayer une dernière fois de faire comprendre à M.Pegase que le déclin et les soucis du monde agricole ne se résume pas à ses thèses pro-anti. Il serait bon d'aller demander aux agriculteurs qui partent à la retraite quel constat ils font de leur métier, histoire de voir si leurs dires correspondent aux vôtres, Pegase. Pour avoir des agriculteurs dans ce cas dans ma famille, je pense qu'ils souriraient à lire vos thèses ("encore un gars de la ville"). Ils ne recommenderaient pas leur métier à leurs enfants car ils ne leur souhaitent pas de gagner un 1/10e de smic de l'heure à bosser 50-60h par semaine, même pour du bio, tout en se faisant taxer de pollueurs et de gaspilleurs par une bande de blogueurs professionnels (au pire assujettis à 35h par semaine.... d'écran!) et dont ils attendent toujours les mains pour aider, depuis le 1er confinement. De ce que je connais de ma famille, on ne parle même pas de bio, ni même de FNSEA d'ailleurs ou de chambre d'agriculture.. le constat est un peu plus compliqué et bien moins simpliste : la terre est, par ex, devenue chère (spéculation, pression foncière) et les nouvelles vocations ne comblent pas ceux qui partent, pour les raisons indiquées plus haut. Et comme "en face", on veut tout, à condition que çà coûte moins qu'au voisin.

nimb | 25 mars 2021 à 09h07
 
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Merci Ouragan.
Je rassure Pégase, je reste tout à fait combatif pour que les questions environnementales ne soient pas confisquées par des inquisiteurs de sa trempe qui savent tout sur tout et refusent toute contradiction par principe (Père la Vertu, YAKAFOKON).
Le jeu dont je parle est de lui porter contradiction. Son intolérance et sa suffisance me faisaient sourire et maintenant elles me navrent. Si des gens de son acabit approchaient le pouvoir, son système de pensée totalitaire et doctrinaire me fait carrément peur pour la démocratie.
Courage à ceux qui produisent.
Il existe aussi des repentis de Greenpeace, lire Patrick Moore. Et également des gens qui sont revenus de positions béates et vertueuses, lire Michael Schellenberger.

Albatros | 25 mars 2021 à 09h22
 
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Parce que j'ai des convictions en matière d'écologie de terrain, étayées sur des faits précis et des rencontres avec des agriculteurs (sans doute pas les mêmes que mes contradicteurs toutefois), et que j'ose les exprimer, me voilà désigné comme le vil grand inquisiteur, présenté comme le diable vert à conspuer, cloué au pilori suite à un procès par écran interposé pour avoir osé franchir la ligne rouge tracée par l'agrochimie et même taxé d'être un blogueur pro (argument parfaitement farfelu mais qui, au moins, a le mérite d'une certaine originalité) ! Haro sur le baudet ! Sans doute le prix à payer classique pour avoir encore un tant soit peu le droit de s'exprimer...
Hélas pour ces clichés vite conçus vite postés (l'épouvantail d'une hypothétique dictature verte en est l'archétype), non, je ne suis qu'un simple quidam passionné d'environnement et de politique (au sens premier de vie de la cité) mais aussi lassé et inquiet de voir à quel point le modèle agricole agrochimique dominant actuel (c'est ici le sujet mais il y a d'autres thématiques tout aussi problématiques), qui vit dans une bulle hors sol et n'est en rien soutenable, impose à tout le reste de la société des contraintes désormais inacceptables (pollutions, disparition de la biodiversité, chute de la paysannerie, malbouffe, trust du premier poste de dépenses de l'UE, etc.).
Mais en participant aux fils d'échanges d'AE, j'ai vite compris à quoi je m'expose et je l'assume. Navré pour mes contradicteurs.

Pégase | 25 mars 2021 à 12h16
 
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En somme, hurler avec la meut bien-pensante contre les "méchants" (dont moi, qui tremble à l'idée de vous voir au pouvoir) et faire passer ça pour du courage...
A hurler... de rire.
Merci Pégase !
Et courage à ceux qui produisent malgré tout.

Albatros | 25 mars 2021 à 13h39
 
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Pégase, Effectivement vouloir tout détruire et particulièrement ce qui existe en agriculture et qui évolue, lentement je le concède, ne peut que trouver une opposition tranchée en face. Ce n'est pas ainsi que nous ferons accepter cette évolution nécessaire.
Avoir ses idées et les défendre est tout à fait louable, vouloir détruire ce qui existe et qui évolue est autre chose qui ne peut faire que naître une opposition "aux verts". C'est regrettable!
Nous allons devoir rapidement actualiser les données en agriculture, la crise actuelle va engendrer des coûts de production bien plus élevés. Les produits sur le marché "alimentaire" vont augmenter. Vouloir supprimer les produits dits "phyto" sur cette période sera plus difficile.
Merci à Pégase de prendre un peu plus de recul et exposer des arguments moins destructeurs, pour être entendu. Passer du cheval ailé au "baudet" ailé, comme indiqué sur son dernier texte serait négatif pour tous. L'écologie n'a pas besoin de représentants de ce type, mais plus de constructeurs seraient nécessaires. C'est ce qui éviterait cette opposition qui va naître à la veille de ces prochaines élections.
Que penser de la démarche du maire de "La Montagne" qui vient de prendre un nouvel arrêté contre les utilisateurs des herbicides et autres, mais qui avoue ne pas avoir d'agriculteurs sur sa commune.(!) Voilà bien comment on monte une partie de la population contre une autre, mais pour le bénéfice de qui?

jmf | 25 mars 2021 à 14h50
 
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Acharnez-vous sur moi tant que vous le voudrez ou bien hurlez de rire, Albatros, si telle est votre thérapie et que cela vous soulage. J'ai le dos large et le cuir épais, je peux endurer.
Mais pendant ce temps, la société civile, elle, évolue tranquillement mais sûrement dans un sens qui échappe de plus en plus au modèle dévastateur de production agricole que des gens comme vous lui imposent depuis trop longtemps. Et l'essentiel est bien là. Comme en témoigne l'inconstitutionnalité révélée de ces chartes de charlatans. Idem avec les nouvelles orientations budgétaires pour la PAC du Green deal de l'UE (je me répète mais visiblement c'est nécessaire). Et c'est ça qui vous fait vraiment trembler.

Pégase | 25 mars 2021 à 16h11
 
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C'est très aimable à vous, jmf, de me donner des leçons de bonne conduite et de me demander d'"exposer des arguments moins destructeurs". Mais avez-vous pensé à prodiguer également vos conseils en la matière à certains syndicalistes du monde agricole qui bafouent ostensiblement les lois en menaçant ouvertement ceux qui ne pensent pas comme eux et en saccageant des équipements publics ? Question arguments destructeurs, je suis très loin de jouer dans la même cour que ces gros bras... Ne croyez-vous pas d'ailleurs que ce sont avant tout ces manifestations violentes, donc illégales mais très majoritairement impunies par un Etat veule, qui sont particulièrement propices "à monter les uns contre les autres" ? Les faits qui se sont produits laissent des traces qui, s'acculant au fil du temps, génèrent une profonde exaspération au sein de la société civile. Il serait bon que certains aient cela en tête.
Quant à évoquer les "difficultés de la période" pour justifier que ce n'est pas le moment de se passer des phytos, c'est un argument qui remonte à la surface à la moindre occasion depuis des décennies tel un serpent de mer. Ce n'est en fait jamais le bon moment pour ceux qui ne veulent surtout pas s'en passer.

Pégase | 25 mars 2021 à 16h35
 
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Alors je vais essayer une dernière fois et être un peu plus clair vu que Pegase, vous avez la lecture sélective. Quand je parlais de blogueurs professionnels, je ne vous visais pas en particulier, il y a pléthore de yakafokon derrière son écran, mais si vous y tenez... je voulais simplement opposer des professionnels qui bossent 50-60h par semaine, avec 2/3 semaines de congés/an, le tout pour un smic horaire qui n'a rien de comparable à nombre de leurs détracteurs, plus habitués aux 35 heures "ronron" + 5 semaines de congés, pas forcément d'ailleurs le nez dans le boulot (ou la retraite), et avec en plus le fardeau du honteux pollueur à supporter... parce que c'est bien connu, le pollueur, c'est forcément l'autre. Ce qui serait intéressant, puisqu'on a quand même passé le temps des constats, c'est de voir maintenant pragmatiquement ce que les 35histes de salon proposent de faire avec leurs propres mains pour changer la donne (pas reluisante, c'est vrai) .... qui est partant pour un petit échange de métiers durant 1 mois, ou même un coup de main chez un producteur local (confinement oblige, pourquoi pas?!) afin d'initier et de mettre en pratique ses propres concepts? De mon côté, j'ai donné durant mon adolescence, je n'envie pas le sort de ces agriculteurs, bio ou pas, syndicaliste ou pas. La société civile "indignée" dont vous parlez est exigeante mais aussi fainéante. Raisonnement réducteur de ma part, mais selon le même schéma que le vôtre. Et çà ne fait pas avancer débat

nimb | 25 mars 2021 à 21h17
 
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Sur ce site, c'est pénible de voir l’affirmation des égos primer sur le débat d’idées, et déraper d’emblée dans la caricature et l’attaque ad hominem.
Au nom de quoi le débat sur les pesticides devrait-il être réservé à ceux qui s'auto-proclament défenseurs du monde agricole, et qui de fait ne représentent qu'eux-mêmes.
Oui les produits phyto-sanitaires sont des poisons, c'est même écrit en toutes lettres sur les bidons. Bien sûr, on va nous rétorquer que c'est la dose qui fait le poison. Ça doit être pour ça que les engagements pris en 2007 de réduire de 50% l'usage de pesticides (plans Ecophyto 1 et 2, signés par les organisations agricoles et largement subventionnés par le contribuable) sont un fiasco total. Non seulement la consommation n’a pas diminué, mais elle a augmenté (bilan Ecophyto 2 : +21% en 2018 ). Un scandale de plus relevé par la Cour des Comptes.
Les premières victimes des pesticides sont les paysans eux-mêmes, de plus en plus atteints de pathologies graves (Alzheimer, mésothéliomes, lymphomes,…).
Au lieu d’ironiser niaisement sur les bobos-écolos et ces citadins qui ignorent tout des difficultés du monde agricole, les pseudo-experts feraient mieux de s’interroger sur l’avenir des modes de production de l’agro-business confrontés à des défis incontournables. Les gens veulent manger sain et local, et c’est encore un cliché éculé que d’affirmer que le bio est hors de prix et réservé à une élite. Les enquêtes de consommation sont là pour prouver le contraire.

Basil Beck | 26 mars 2021 à 00h34
 
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@ nimb : si j'ai mal interprété vos propos, je me dois donc de faire mon mea culpa.
La question de la charge de travail et du salaire en rapport est un vrai sujet et c'est sûr qu'il y a beaucoup à corriger. Mais n'est-ce pas avant tout en interne de la profession agricole que le changement doit venir ? N'y a-t-il pas un monde entre un céréalier pur jus et un éleveur laitier transformateur ? J'ai un couple d'amis producteurs de fromage de chèvre en AOP, primé au Salon de l'agriculture, dont les chèvres pâturent autant que la météo le permet et qui, grâce à une organisation astucieuse et rigoureuse, s'estiment heureux de leur sort. Ils arrivent même à prendre des vacances ailleurs et suffisamment à leur goût. Pourtant, au moment de leur installation, la chambre d'agriculture a tout fait pour leur mettre des bâtons dans les roues, alors que l'AOP était déficitaire en production. Cherchez l'erreur : ils n'avaient tout simplement pas la "bonne" carte syndicale... C'est du passé pour eux mais les faits sont là.
Par ailleurs, je suis passé un jour chez un ami céréalier conventionnel (très sélectif sur les produits et minimaliste sur les doses employés) au moment où il faisait sa déclaration PAC annuelle. Sa remarque "Là, tu vois, pour moi, c'est fait en 2 heures. Quand j'entends certains collègues se plaindre de la charge de travail administrative..." m'est restée en mémoire. Bien sûr, cela ne vaut que pour un céréalier.

Pégase | 26 mars 2021 à 09h17
 
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@ Basil Beck : merci à vous de rappeler ces faits avérés. Cela semble plus que jamais nécessaire.

Pégase | 26 mars 2021 à 09h19
 
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on en est toujours à la case départ. Le bio accessible à tous est importé de pays qui ne s’embarrasse pas avec la déontologie ou la vie sociale de ses producteurs.
Nos producteurs bio soufrent autant que les autres parce que c'est les accords commerciaux qui faussent les comptes.
Quand à Pégase merci pour ce joli compte de fée qui convaincra les convaincus. La réalité nous montre une vérité bien moins édulcorée.
Extrait de la lettre de 12 associations d'éleveurs et bergers :
Ce sont les paroles des bergers et d'eux seuls. Elles disent la détresse, l'incompréhension, la perte de confiance, l'absence de considération, les critiques injustifiées. Elles se veulent une sonnette d'alarme pour attirer l'attention sur un métier que certains commencent à déserter et pour témoigner que la montagne, par endroit, se dégrade.

ouragan | 26 mars 2021 à 10h43
 
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Je reviens juste une dernière fois (promis) sur le sujet initial, qui est le souci de l'utilisation des pesticides, et les distances d'épandage.
Au passage, je rappelle que M.Radisson confirme que le jugement relevé dans son article porte sur la forme, pas sur le fond....c'est donc une énième guerre plus juridique que pragmatique.
Que les pesticides soient funestes, personne ne le nie, et certainement pas moi (qui ai travaillé en labo à les manipuler).
Par contre, je m'interroge sur ce que veulent VRAIMENT les dits-riverains "indignés" (et pas les riverains logés à 500kms). Est-ce une distance d'épandage conséquente (1km?), tout en acceptant l'idée que ce n'est pas du bio? ? Est-ce des champs sans culture ET sans animaux qui font du bruit et des odeurs? Est-ce plus du tout de champs? Est-ce une étendue vide sans personne qui puisse les gêner, pas même un lotissement comme le leur?
Votre interpellation à recentrer le débat est louable, M.Beck. Par contre, je ne peux que relativiser votre vision du bio, ou même du local et de son (sur)coût. Je le pratique : panier AMAP bio complémenté par un marché (pas exclusivement bio, mais axé local) du samedi situé à 500m de chez moi. Les légumes se gardent bien mieux que ceux des GMS, mais il y a surcoût indéniable, même à manger des fruits et légumes de saison. On est 3 à la maison et on est 2 à travailler, c'est absorbable pour nous. Pour cinq personnes et un seul salaire, ce serait autre chose. Il faudrait faire des choix....

nimb | 26 mars 2021 à 14h47
 
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....comme le dit ouragan, actuellement, si on veut faire manger plus de/tout le monde en bio, c’est forcément en se basant sur des apports extérieurs, donc avec des réglementations non comparables, voire plus laxistes. AE publiait récemment un lien vers une étude sénatoriale quant au marché bio français, avec ses différentes sources d’approvisionnement : la filière légumes est bien équipée ici, la viande nettement moins. De plus, si vous comptez sur la GMS pour diffuser le bio, on fait un 180° sur l’esprit développement durable (et donc social) du bio, avec des pratiques commerciales quelques fois proches du racket, et des aberrations de l'offre bio comme vendre de l’huile de palme bio (véridique) ou des tomates en plein hiver (oui, mais bios !)… on peut ainsi tailler le bout de gras sur ce zinc pendant des jours, tant il y aurait à dire. Le bio et l’écologie sont devenus des marchés bouffés par le marketing et l’économie. Comme je me dis souvent, je préfère faire moins, mais seul, que d'exiger plus de l’autre (sans en faire autant). A bientôt sur ce zinc.

nimb | 26 mars 2021 à 14h49
 
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Pour conclure, avant de tirer a vue sur les paysans pour que la fin des pesticides soit possible il faut dans l'ordre:

1 arrêter les importations de produits hors normes et la FNSEA est d'accord monsieur Pégase
2 Payer les paysans au juste prix et la FNSEA est d'accord avec la totalité des autres syndicats.
3 Ouvrir la concertation avec les personnes concernées dans le but d'arrêter les pesticides et la FNSEA serra bien obligé de s'y soumettre d'autant qu'elle représente pas la moitié des exploitants. Par contre les consommateurs qui s'en foute représentent encore aujourd'hui beaucoup plus que la majorité.

ouragan | 26 mars 2021 à 18h24
 
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