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Exposition aux pesticides : les Antilles ne présentent pas de spécificité selon l'Anses

Chlordécone mis à part, les Antilles ne présentent pas de spécificité en matière de résidus de pesticides dans les aliments ni d'exposition des consommateurs. Telle est la conclusion du dernier rapport d'étude de l'Anses.

Risques  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

L'Anses a rendu public le 5 novembre le rapport d'étude scientifique, dite "Etude Sapotille", relatif à l'évaluation de l'exposition alimentaire aux pesticides de la population antillaise. Ces travaux, qui ont délibérément exclu le chlordécone qui a fait l'objet de plusieurs études spécifiques, montrent des résultats proches de ceux observés en métropole. Mais des analyses complémentaires avec des méthodes plus performantes se révèlent nécessaires.

L'Anses est partie d'une hypothèse : "du fait des habitudes alimentaires antillaises - large place accordée aux fruits et légumes tropicaux ainsi qu'aux produits de la pêche - et de ravageurs particuliers auxquels doit faire face l'agriculture tropicale, la population antillaise pourrait être exposée à un risque particulier lié aux résidus de pesticides dans l'alimentation". Dans le but d'évaluer ce risque, l'Agence avait proposé, dans le cadre du plan national d'actions "Chlordécone" 2008-2010 mais en laissant paradoxalement de côté cette molécule, de mieux caractériser l'exposition alimentaire de la population antillaise aux pesticides. Ce sont les résultats de cette évaluation qui sont aujourd'hui publiés.

Probabilité élevée de dépassement de la DJA pour 14 substances

Pour 22 substances, soit 40% des substances prioritaires analysées, l'évaluation des expositions des consommateurs reste toujours en deçà des doses journalières admissibles (DJA), conclut le rapport.

Pour 14 substances en revanche, soit 25% des substances prioritaires analysées, "le risque de dépassement de la DJA ne peut être exclu pour certaines populations", révèle l'Anses. Parmi elles, sept substances présentent une probabilité de dépassement élevée : diazinon, diméthoate, dieldrine, endrine, oxydéméton-méthyl, parathion et phorate. La catégorie d'âge la plus vulnérable est celle des enfants de 3 à 15 ans.

"Seul l'usage du diméthoate demeure autorisé aujourd'hui. La dieldrine et l'endrine sont des polluants organiques persistants dans l'environnement largement utilisés dans le passé et interdits depuis une vingtaine d'années. Le diazinon, la dieldrine et le phorate ont été détectés dans des denrées d'origine locale (respectivement dans des échantillons de poulet et d'ananas pour le diazinon, d'eau pour la dieldrine et de poisson pour le phorate). Des utilisations passées récentes dans les Antilles ont pu être identifiées pour le diméthoate et le parathion", détaille l'Anses.

Pour 19 substances enfin, soit environ 35% des substances prioritaires analysées, "l'état des connaissances scientifiques ne permet pas, aujourd'hui, de conclure formellement en termes d'évaluation de risque". Des études complémentaires se révèlent donc nécessaires pour "améliorer les méthodes d'analyse et définir des seuils toxicologiques de référence".

L'acquisition de nouvelles données s'impose

"D'une façon générale, en dehors du chlordécone, les résultats de cette étude ne montrent pas de spécificité des Antilles en matière de niveaux de résidus de pesticides dans les aliments ni d'expositions des consommateurs" par rapport à la métropole, conclut le rapport. Les risques chimiques, comme les risques nutritionnels, peuvent être minimisés, rappelle l'Anses, "en évitant de consommer régulièrement un petit nombre d'aliments en grande quantité", d'où l'importance "d'une alimentation diversifiée et équilibrée en variant les aliments (fruits, légumes, produits laitiers, céréales, poissons, viandes)".

Mais, dans le même temps, les auteurs de l'étude soulignent ses limites. "Afin de limiter les incertitudes, ces premiers résultats devraient être confortés et complétés par l'acquisition de données de consommation et de contamination plus nombreuses, actualisées et à l'aide d'outils plus précis (méthodes d'analyse notamment)", soulignent-ils. Les priorités d'analyse ? Les substances persistantes dans l'environnement dont l'usage est autorisé dans les Antilles, ou qui ont été utilisées dans le passé, ainsi que les matrices alimentaires les plus prioritaires. L'amélioration des performances analytiques, notamment en termes de sensibilité, est également soulignée comme priorité.

"Dans le cadre du plan national d'actions chlordécone 2011-2013, il est prévu d'actualiser les données sur les comportements alimentaires et l'exposition de la population antillaise au chlordécone ainsi qu'à d'autres pesticides. Cette étude pourrait constituer une très bonne opportunité pour acquérir de nouvelles données permettant de compléter la présente étude", conclut le rapport.

Réactions1 réaction à cet article

 

Finalement le rapport de l' ANSES, c'est quasiment : "à part le poison principal, pas de spécificité en matière de résidus de pesticides dans les aliments, ni d'exposition des consommateurs."
Moi, ce type de rédaction me met en colère... , et vous ?

sigmund | 22 décembre 2012 à 19h11
 
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