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Pesticides SDHI : trois associations demandent le retrait d'autorisations de mise sur le marché

Agroécologie  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

Les pesticides à base de SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) continuent à poser de sérieuses questions sur leur impact sanitaire et environnemental. Les associations Générations futures, Nous voulons des coquelicots et France Nature Environnement (FNE) ont adressé, le 21 janvier, un courrier à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) réclamant l'abrogation des autorisations de mise sur le marché (AMM) de trois pesticides à base de SDHI : le Keynote et l'Aviator Xpro produits par Bayer, et le Librax produit par BASF. En cas de refus, elles indiquent vouloir saisir la juridiction administrative, rappelant le succès judiciaire obtenu avec deux insecticides contenant du sulfoxaflor.

« Ces produits, qui s'attaquent à la fonction respiratoire des champignons pathogènes, s'attaquent également à celle des vers de terre, des abeilles et de l'homme. Ils sont donc particulièrement dangereux », estiment les associations à propos des SDHI. Plusieurs études scientifiques ont alerté sur les risques présentés par ces fongicides. Le 21 janvier, 450 scientifiques ont publié une tribune dans Le Monde demandant l'arrêt de l'utilisation de ces produits, tandis que l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) organise une audition sur la question jeudi 23 janvier. En réaction à ces initiatives, l'Anses indique qu'elle « reste mobilisée et poursuit son expertise scientifique en toute indépendance et transparence ». En août dernier, elle avait réaffirmé l'absence d'alerte sanitaire concernant ces substances et repoussé l'idée d'un retrait des AMM en vigueur.

L'Union des industries pour la protection des plantes (UIPP), qui représente les fabricants de pesticides, dénonce une lecture excessive du principe de précaution. « Alors que certains de ces produits sont commercialisés depuis plusieurs dizaines d'années dans le monde, aucun signal sanitaire (données d'évaluation, de suivi des effets indésirables après autorisation…) n'a été identifié, à ce jour, ni au niveau national ni au niveau européen, qui justifierait le retrait des autorisations de mise sur le marché des produits concernés », indique l'organisation professionnelle.

Réactions7 réactions à cet article

 

Une fois encore, face à la veulerie des politiques et des administrations concernées, il faut que ce soient des associations qui mettent les mains dans le cambouis pour défendre l'intérêt général !
La ligne de défense du l'UIPP ("aucun signal sanitaire (données d'évaluation, de suivi des effets indésirables après autorisation…) n'a été identifié, à ce jour, ni au niveau national ni au niveau européen, qui justifierait le retrait des autorisations de mise sur le marché des produits concernés") est sempiternellement la même avant que les scandales sanitaires n'éclatent. C'est tout de même stupéfiant comme cet aréopage de gens forcément très diplômés et instruits ne les voient pas venir et, lorsque qu'ils s'en trouvent au coeur, ne s'en sentent en rien responsables.

Pégase | 23 janvier 2020 à 13h01
 
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Pégase grand procureur des méchants "très diplômés"...
Ce serait pas mal de reconnaître qu'on peut avoir besoin de quelques produits pour assurer une production agricole viable et rémunératrice.
Et que ces "gens" ne sont pas des criminels aveugles que des chevaliers blancs combattent courageusement avec leurs petites mains sur leurs claviers ignifugés fabriqués en Asie du Sud-Est...
Excellente soirée.

Albatros | 28 janvier 2020 à 19h09
 
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@ Albatros,
ce serait pas mal de reconnaître qu'on peut fort bien nourrir la planète sans recourir à la grande panoplie de chimie de synthèse tout en ayant une production agricole viable, rémunératrice et saine (tant pour l'environnement, le consommateur que l'agriculteur - demandez à M. Paul FRANCOIS, il en connaît un rayon sur le sujet). La FAO répond ainsi à la question "Les agriculteurs biologiques peuvent-ils produire assez pour nourrir tout le monde?" par "[...] les multiples systèmes culturaux, tels que ceux développés par les petits agriculteurs et les agriculteurs de subsistance, montrent une hausse des rendements en termes de récoltes totales par unité de surface. Cette augmentation résulte d'une utilisation plus efficace des nutriments, de l'eau et de la lumière ainsi que de l'association d'autres facteurs, comme l'introduction de nouveaux éléments régénérateurs dans les exploitations (légumineuses) et la diminution des pertes dues aux ravageurs et aux maladies. Il est donc possible d'accroître les rendements sur les exploitations biologiques lorsque le système agricole adopté précédemment est de type traditionnel, même s'il est dégradé."
Alors oui, je sais, l'agriculture biologique a l'immense inconvénient de ne pas perfuser toute une chaîne d'industries de la chimie, de négociants et de commerciaux. De fait, elle a même tendance a améliorer la rémunération des producteurs, ce qui - j'en conviens - ne fait pas les habituelles affaires de certains...

Pégase | 29 janvier 2020 à 10h28
 
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Quelle coïncidence : je viens de tomber sur un très instructif article publié par Le Monde sur le sujet à https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/01/28/pesticides-interdits-le-lobbying-des-industriels-pour-continuer-a-produire-en-france-et-exporter_6027530_3244.html.
L'appât du gain de ces grands groupes est sans limites ni déontologie aucune !

Pégase | 29 janvier 2020 à 14h34
 
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Un peu de nuance s'il vous plaît, Chevalier Blanc.
Les pratiques ne correspondent pas à des "panoplies" ni à des déversements inconsidérés ni de "perfuser" qui que ce soit..
Les légumineuses sont déjà largement utilisées et pourraient sans doute l'être davantage (luzerne notamment) mais ce ne sont pas des panacées universelles.
Un peu de mesure.
Le bio perfuse pas mal de fournisseurs de chimie, il n'est qu'à examiner l'annexe VIII du règlement actuellement en vigueur et mettre un tout petit peu en question les déversements de cuivre et de soufre (je reprends le vocabulaire écolo), ainsi que la somme des dérogations accordées pour utiliser de la chimie en théorie interdite dès qu'il y a un pet de travers.
Vous aimez le bio, vous adorez les déros.
Allez, bonne soirée, cher écolo-politique.

Albatros | 29 janvier 2020 à 16h54
 
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Quand on lit l'article du Monde dont j'ai donné plus haut l'adresse, il ne saute pas franchement aux yeux que la préoccupation prioritaire des grands groupes de l'agrochimie qui y sont cités soit la défense de leurs gammes de produits labellisés AB (c'est tellement insignifiant dans leurs comptes de résultat !)... Quant aux dérogations demandées pour recourir à la chimie de synthèse dès la première difficulté, vous faites certainement référence à vos amis bio opportunistes de la FNSEA - ceux qui se détournent de la production bio sitôt la période d'octroi de financements publics à la conversion épuisée (cherchez autour de vous, je suis sûr que vous en connaissez).
C'est plutôt cocasse de votre part d'exiger de la mienne de la nuance ou de la mesure, Albatros. Finalement, vous pouvez parfois être presque drôle.
Bonne soirée

Pégase | 29 janvier 2020 à 22h27
 
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Je n'exige rien de vous, cher Pégase. C'est juste une suggestion que vous suivez ou non. Vous êtes libre.
Par contre, je n'ai pas, contrairement à vous, la suffisance ou la prétention à connaître qui sont vos amis.
Je souhaite tout simplement que des gens comme vous, si tolérants, ne parviennent jamais au pouvoir. Je serai condamné sans appel.
Un peu de mesure, s'il vous plaît.
Les dérogateurs que je connais ne sont pas à la FNSEA (et ils sont mes amis, véritablement). Le monde est complexe...

Albatros | 30 janvier 2020 à 11h48
 
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