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“Green bonds : l'absence de critères clairs peut mener les entreprises à faire du greenwashing”

Les green bonds séduisent de plus en plus les acteurs privés. Mais ces outils n'étant pas clairement définis, il revient aux entreprises de déterminer si les obligations qu'elles émettent sont vertes ou pas. KPMG publie un guide pour les accompagner.

Interview  |  Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°349 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°349
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“Green bonds : l'absence de critères clairs peut mener les entreprises à faire du greenwashing”
Philippe Arnaud
Associé KPMG, Responsable du département Changement climatique & Développement durable
   

Actu-environnement : Les émissions de green bonds, ou obligations vertes, sont en forte croissance. Quelles sont les perspectives pour l'avenir ?

Philippe Arnaud : En 2015, les green bonds devraient atteindre une centaine de milliards de dollars alors qu'en 2014, 37 milliards de dollars ont été émis. Les émetteurs étaient souvent des acteurs publics, comme la région Ile-de-France, le Massachusetts institute of technology, et des organismes supranationaux (Banque mondiale, Banque européenne d'investissement, Banque asiatique de développement…). Seules quelques entreprises privées ont émis des green bonds. Mais en 2015, un basculement s'opère de la sphère publique à la sphère privée. Beaucoup d'entreprises commencent à en parler et à y réfléchir, alors qu'il y a quelques mois, ce n'était pas le cas.

AE : Pourquoi ce nouvel intérêt pour les green bonds ?

PA : Les entreprises font le choix de diversifier leurs sources d'investisseurs et il y a une forte demande pour tout ce qui est "vert". Les projets environnementaux s'inscrivent également dans le cadre de leur politique de développement durable. Tous les secteurs sont intéressés, de la gestion des déchets aux transports en passant par l'automobile… Jusque là, les émetteurs privés étaient surtout des énergéticiens (EDF, Suez), des banquiers…

AE : Y a-t-il un attrait des investisseurs pour ces obligations vertes ?

PA : Il y a une attente très forte du côté des financeurs. Récemment, un acteur américain a émis à la fois des green bonds et un emprunt classique, aux mêmes conditions. Les premiers ont été sursouscrits, tandis que le deuxième n'a pas été bouclé entièrement. C'est très révélateur de l'ambiance actuelle.

AE : Pourtant, aujourd'hui, il n'y a pas de définition claire de ce qu'est un green bond…

PA : L'absence de définition des green bonds est un vrai problème,qui devra être réglé au cours des prochaines années. Plusieurs standards ont été mis en place, comme Green bonds principles, provenant d'une cinquantaine d'institutions financières, ou le Climate bond standard du Climate bonds initiative. Mais les critères fixés sont assez flous. Puisqu'il n'y a pas de référentiel précis, chaque entreprise indique, en fonction de ses projets, si ce sont des green bonds. Si dans 80% des cas, ces acteurs font les choses sérieusement, dans 20% des cas, il y a des risques que les projets financés ne soient pas verts. L'absence de critères clairs peut mener les entreprises à faire du greenwashing.

AE : KPMG publie un guide pratique à destination des émetteurs. Quels sont vos conseils pour les entreprises qui voudraient lancer des green bonds ?

PA : Nous leur conseillons d'être extrêmement précises sur ce qui va être financé et de faire appel à un tiers indépendant pour attester que les sommes sont bien fléchées vers des projets environnementaux. Il faut également que soient définis des critères de suivi des projets financés et des bénéfices qui en sont tirés.

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