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Philippe Martin lève le gel sur les aides aux retenues d'eau agricoles


A la demande de Philippe Martin, ministre de l'Ecologie, les Agences de l'eau vont pouvoir à nouveau financer les retenues d'eau agricoles, précédemment gelées par Delphine Batho.

Eau  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Philippe Martin lève le gel sur les aides aux retenues d'eau agricoles

Environnement & Technique N°330 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°330
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Dans la continuité de son rapport de mission sur la gestion de l'eau dans l'agriculture, Philippe Martin, ministre de l'Ecologie a rétabli les aides financières aux retenues d'eau agricoles, dans un courrier adressé aux Agences de l'eau.

Son prédécesseur, Delphine Batho, s'était opposée à ce type de pratique. Elle avait en effet suspendu "toute forme de soutiens financiers à la création de réserves de substitution, dans l'attente d'un énième rapport confié à une mission parlementaire", dans une lettre datée du 2 octobre 2012 adressé aux directeurs des Agences de l'eau.

Auditionnée en Commission à l'Assemblée nationale, au mois de juillet 2012, l'ancienne ministre avait également annoncé l'abandon des projets de décret visant à alléger les obligations administratives lors de la construction de retenues d'eau collinaires.

Révélé par la France Agricole, dans son édition du mercredi 16 octobre, le courrier de Philippe Martin inverse cette tendance. Pour lui, la construction de nouvelles retenues de stockage fait partie des solutions à la raréfaction de la ressource de certains territoires et aux conflits d'usage de l'eau.

"La profession agricole va pouvoir continuer à conduire une réflexion constructive, dans ce nouveau contexte, sur la mise en œuvre d'ouvrages de stockage de nature à maintenir une agriculture compétitive et les agriculteurs, céréaliers et éleveurs, vont pouvoir développer une véritable "assurance production" face aux périodes de sécheresse", se réjouissent dans un communiqué commun, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Jeunes Agriculteurs (JA), les entreprises coopératives Coop de France, les chambres d'agriculture (APCA), l'union d'association ORAMA et Irrigants de France.

Une nécessaire inscription dans un projet de territoire

Le courrier du ministre conditionne toutefois le soutien financier à l'inscription de ces retenues d'eau dans des projets de territoire. Ceux-ci devront "viser à améliorer la connaissance de la ressource, à promouvoir les économies d'eau – notamment via l'engagement dans des pratiques agricoles moins consommatrices d'eau – et à améliorer la qualité des milieux aquatiques tout en sécurisant l'approvisionnement". Ils comprendront obligatoirement un volet de réduction des prélèvements pour l'irrigation. Un travail devrait être initié à l'automne, pour préciser les notions portées par les projets de territoire selon le courrier du ministre.

Autres limites : ce financement s'opère "à titre transitoire (…) pour les projets administrativement bien engagés et devant bénéficier d'une aide du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) programmée en 2013".

Car des aides européennes existent en parallèle dans le cadre de l'adaptation au changement climatique. Ces dernières parviennent aux Agences de l'eau concernées. "Le droit européen finance des retenues de substitution : en France, cela s'interprète par la substitution d'un prélèvement dans une rivière en pénurie, par une autre solution, notamment ces retenues collinaires, explique Martin Guespereau, directeur de l'agence Rhône Méditerranée Corse (RMC), les aides européennes impliquent toutefois une contrepartie nationale". Ce qui peut bloquer des projets.

Un coût plafond de 4,5 euros par m3

"Le premier effet du courrier de Philippe Martin sera, pour notre bassin, de débloquer un projet, le seul arrivé à maturité, en Ardèche dans la vallée du Doux, illustre Martin Guespereau, l'agriculteur va rehausser sa digue pour stocker un peu plus d'eau, soulager la rivière et arrêter de prélever dans le milieu naturel".

Un coût-plafond de 4,5 euros par m3 devrait être appliqué pour les trois principales Agences de l'eau concernées : Adour Garonne, RMC et Loire Bretagne.

Objet de débat, cette question de la sortie du moratoire sur les retenues de substitution a été ouverte lors de la table ronde de la Conférence environnementale sur l'eau et figure dans la feuille de route.

"Ce n'est pas encore fait, oppose Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement, nous continuons les discussions et attendons le document qui rend opérationnelle la feuille de route environnementale".

Réactions16 réactions à cet article

 

Ce monsieur est-il ministre de l'écologie ou de l'agriculture, ... et des chasseurs!

sirius | 19 octobre 2013 à 23h07
 
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Voila une bonne nouvelle.
Le bon sens revient.

yannquirigole | 21 octobre 2013 à 09h49
 
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Voilà une décision qui coule de source. Stocker de l'eau quand elle est disponible pour l'utiliser quand elle se fait rare...Sans compter que ça crrée des zones en eau pour la biodiversité.

Kath | 21 octobre 2013 à 11h14
 
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Le courrier du ministre conditionne toutefois le soutien financier à l'inscription de ces dernières dans un projet de territoire. Ceux-ci devront "viser à améliorer la connaissance de la ressource, à promouvoir les économies d'eau – notamment via l'engagement dans des pratiques agricoles moins consommatrices d'eau – et à améliorer la qualité des milieux aquatiques tout en sécurisant l'approvisionnement". Ils comprendront obligatoirement un volet de réduction des prélèvements pour l'irrigation.

On est sauvé, plus de cultures inadaptées, de gaspillage, de pollution, de systèmes d'irrigation inefficaces, merci Monsieur le ministre de la FNSEA

lio | 21 octobre 2013 à 11h41
 
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C'est beau, ça fait plaisir, c'est comme un bouquet de fleur ... qui va faner dans 2 jours. En gros ça sent bon les idées courtes

chocard | 21 octobre 2013 à 13h46
 
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Ministre, ça ne dure qu'un temps. Tandis qu'élu local dans un département disposant de grosses superficies de maïs irrigué, cela peut devenir une rente perpétuelle si on arrose au bon endroit...

romario | 21 octobre 2013 à 15h21
 
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Et ces "bassines" sont remplies en pompant l'hiver dans les nappes phréatiques.La belle affaire
Par contre on ne remet pas en question le mode de culture et le choix des cultures.

SCL85 | 22 octobre 2013 à 08h16
 
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il faut adapter ses cultures par rapport aux besoins en eaux , donc cultiver intelligemment , mais comme toujours et dans tout , on trouve des irresponsables à tous les niveaux , CQFD.

bautzen | 22 octobre 2013 à 08h57
 
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Le bon sens voudrait plutôt qu'on cultive des espèces adaptées à chaque terroir, à chaque contexte pédo-climatique comme diraient les agronomes. Ces retenues artificielles me paraissent une fausse bonne idée, et elles vont contribuer à artificialiser un peu plus les territoires. C'est un prélèvement indirect sur les cours d'eau, mais un prélèvement quand même car les eaux interceptées n'alimenteront plus les petits cours d'eau ni les petites nappes. Comme toute modification des écoulements, il y aura des conséquences, locales mais indéniables, et parfois définitives.
Pour ce qui est de la biodiversité, Kath, je crains que tu fasses erreur : eaux stagnantes, exposées au soleil, parfois très chargées par le ruissellement en matières en suspension et en nutriments, avec des assecs fréquents ...Pourrais-tu me citer quelques taxons patrimoniaux qui pourraient trouver refuge dans ce paradis écologique ? Moi non plus...

denver | 22 octobre 2013 à 09h35
 
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Bien d'accord avec vous denver.
Le plus important est d'adapter les cultures aux conditions locales.
Cultiver des hectares et des hectares de maïs ... non. Ce n'est pas une plante de France.
On peut cependant être satisfait que la construction et les aides soient assortie à "un projet de territoire" et à des "économies d'eau" Les méthodes de cultures doivent évoluées et les agences de l'eau devraient avant tout subventionner les installations de système goute à goute. Les agriculteurs ne sont pas des gaspilleurs, ils n'ont simplement pas les moyens de se payer ces nouveaux systèmes

Terra | 22 octobre 2013 à 15h03
 
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Merci Terra !
N'existe-t-il pas des variétés de maïs adaptées à une faible hygrométrie ? J'avais entendu parler des maïs dits "population", ça me paraissait une très bonne pratique, mais je crois que ça n'arrange pas les semenciers industriels...

denver | 23 octobre 2013 à 11h20
 
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Ne plus cultiver que des "plantes de France" est un discours plutôt limite, la plupart des plantes utilisées en agriculture ont été adaptées par sélection et nombreuses sont celles, comme le maïs, la pomme de terre ou la tomate, proviennent d'Amérique. Pourquoi cette haine du maïs et pas de la tomate ou de la pomme de terre?
Il faut des retenues d'eaux collinaires (la photo présentée est une simple citerne) pour tous les usages de l'eau, y compris pour l'agriculture, qui ne mérite pas une telle vindicte.

Albatros | 23 octobre 2013 à 15h09
 
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Nous avons déjà de gigantesque réservoir : les nappes phréatiques et on n'est pas fichu de les gérer convenablement. Vous croyaient vraiment qu'une bassine plein soleil va remédier à la raréfaction de la ressource en eau ?

prometheegaulois | 23 octobre 2013 à 20h27
 
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Disons qu'elle permettra de lisser les aléas de production.
Une nappe phréatique c'est fragile. Et ça ne se rempli pas aussi bien qu'une réserve collinaire.
L'avantage ici est de stocker de l'eau en période de "pointe" soit pendant les crues, les pluies. On evite en gros d'envoyer trop d'eau à la mer. Bien sur cela dépend de la taille de la réserve. L’abreuvoir en photo est effectivement un peu ridicule.
Une fois la réserve faite, cela peut permettre de soulager la nappe et la rivière. Le système n'est pas stupide en soit.

Mais on peut se demander si le plus simple n'est pas simplement de réduire la consommation. C'est comme pour toutes les ressources. Au lieu de parler optimisation et réduction on parle sécurisation et augmentation des capacités de production.
Bref, la sur-consommation jusque dans la gestion des ressources.

Pour albatros : la culture intensive de maïs en France est tout de même ridicule. Le climat de base n'est pas fait pour cette plante. Je ne dis pas de ne pas la cultiver (pour le fourrage c'est utile) mais de là à ne cultiver que ça...

Ce que je me demande aussi, à titre personnel, c'est :
Est-ce que la création de bassin de stockage d'eau ne risque pas d'apporter des points de nuisances aux cultures ?
Zones humides = bon pour la biodiversité, moins bon pour la culture (parasites, champignons ...)
Si c'est pour utiliser plus de pesticides, c'est pas la meilleure solution.
C'est une vraie question que je me pose et dont je n'ai la réponse.

Terra | 24 octobre 2013 à 09h35
 
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Pourquoi la culture intensive de pommes de terre n'est-elle pas aussi "ridicule" que la culture de maïs? Et les tomates?
Les nappes d'eau souterraines (phréatiques disent certains) sont un système complexe et dynamique qui doit être rigoureusement connu et protégé. Ménager ces réserves: capter l'eau avant au lieu de la pomper dans la nappe; stocker l'eau nécessaire aux besoins; intégrer ces retenues collinaires aux paysages; et évidemment rationaliser l'utilisation de l'eau.
Au lieu de brailler contre le maïs, on doit pouvoir tenter une gestion durable de l'eau: c'est possible mais c'est un tout petit peu plus compliqué, alors... braillons contre le maïs.

Albatros | 26 octobre 2013 à 10h05
 
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L'homme et son incommensurable et aveuglante prétention. Le positivisme prétendait grosso modo que la science allait nous sauvait ... cette philosophie date du XIXème.
Prétendre mieux gérer les ressources en eau avec des bassines quand on n'est pas capable de gérer correctement les nappes phréatiques est une ineptie. Les retenues collinaires que certains appellent de leur souhait croyant ainsi épargner les nappes sont exposées au soleil et donc à l'évaporation. Par ailleurs le système des nappes phréatiques fonctionne très bien. Ce qui disfonctionne c'est l'avidité du capitalisme productiviste (ici l'agriculture productiviste) qui n'en a jamais assez. Si nous épuisons les nappes phréatiques parce que nous pompons trop, qu'est ce qui vous fait croire qu'on ne va pas également épuiser les retenues collinaires ? Attention, l'eau des retenues collinaires, retenue en amont, s'évapore et n'alimente plus les nappes phréatiques (en sous sol). Cette eau n'alimentent pas seulement les agriculteurs mais aussi les rivières et les forages d'eau potable, résultat : d'un déficit (discutable) pour l'agriculture on va engendrer une pénurie pour tout le monde juste parce que nous refusons d'admettre que produire toujours plus n'est pas la solution. Cela fait 40 ans que les agriculteurs produisent plus et concentrent leurs exploitations, où en sont-ils ? Ils se suicident ! Ils est grand temps d'envisager le monde autrement et cesser la fuite en avant du toujours plus.

prometheegaulois | 28 octobre 2013 à 22h34
 
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