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Parcs photovoltaïques et biodiversité : de premiers résultats non conclusifs

La filière photovoltaïque dévoile les résultats d'une première étude relative à l'impact des installations solaires au sol sur la biodiversité. Tous les effets ne sont pas négatifs, en particulier pour la flore.

Energie  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Parcs photovoltaïques et biodiversité : de premiers résultats non conclusifs

Le sujet est sensible. Quel est l'impact sur la biodiversité des parcs photovoltaïques ? C'est à cette question que cherche à répondre une étude initiée par Enerplan, syndicat des professionnels de l'énergie solaire, en partenariat avec le Syndicat des énergies renouvelables (SER), les régions Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d'Azur, accompagnés par l'Ademe. Réalisée par deux bureaux d'études, I Care & Consult et Biotope, les résultats de la première phase de cette étude ont été rendus publics ce mardi 23 mars.

Cette dernière a consisté à documenter les effets spécifiques des centrales photovoltaïques au sol sur la faune et la flore dans les trois régions « en traitant les données issues d'un échantillon de parcs photovoltaïques en exploitation et sur la base de documents existants ». Ces documents sont les études d'impact réalisées avant construction et les rapports de suivi naturalistes réalisés après.

Verdict ? « Ce travail infirme l'idée reçue selon laquelle les centrales solaires seraient systématiquement néfastes pour leur environnement », se félicitent les deux syndicats dans un communiqué. « Ces premiers résultats sont encourageants pour permettre aux développeurs de maximiser les effets bénéfiques sur la biodiversité de leurs parcs », tempère toutefois Daniel Bour, président d'Enerplan.

Résultats difficilement lisibles

En effet, les résultats ne sont pas aussi satisfaisants que le laisse entendre la première réaction des syndicats. De plus, ils restent parcellaires et sont difficilement lisibles car les auteurs croisent quatre composantes biologiques (flore, papillons, reptiles, oiseaux), deux analyses temporelles (analyse avant/après construction, analyse de suivi après la mise en service des parcs) et trois paramètres d'analyse (richesse spécifique, patrimonialité, valence écologique).

 
Méthodologie de l'étude Les auteurs ont étudié 316 documents se rapportant à 111 parcs photovoltaïques dans les trois régions partenaires, ainsi qu'en Auvergne-Rhône-Alpes. La méthodologie et les résultats de l'étude ont été soumis à l'avis critique d'un comité d'experts, indiquent les auteurs sans toutefois en préciser la composition.
 
Les auteurs rapportent des tendances positives d'évolution des paramètres pour la flore, neutres pour les papillons de jours ou pour les oiseaux, et négatives pour les reptiles. Quant aux autres insectes, aux amphibiens, chauves-souris et mammifères, ils n'ont pas été étudiés, les données disponibles étant trop peu nombreuses pour analyser les tendances d'évolution.

« Pour la flore, les effets du parc sont souvent liés à l'apparition de nouvelles espèces, généralement pionnières, voire invasives », constate l'étude. Les auteurs ont constaté que la tendance d'évolution variait en fonction du contexte écologique et l'état initial du site. Autrement dit, plus cet état initial est dégradé, plus l'évolution est positive. À l'inverse, si le milieu est en bon état, il y a davantage de situations où la patrimonialité et la valence écologique baissent ou restent au même niveau.

Pour les papillons de jour, des tendances d'évolution positives sont constatées pour la richesse spécifique. Ces tendances sont en revanche minoritaires pour la patrimonialité et la valence écologique. Quant aux reptiles, les tendances sont majoritairement négatives. Là aussi, elles sont moins mauvaises si l'on part de très bas en termes de qualité de milieu. Les auteurs relèvent par ailleurs que l'adaptation des projets afin de maintenir les zones favorables aux espèces à forte valeur patrimoniale porte ses fruits.

 
Cette première phase présente le mérite d'agréger des connaissances jusque-là éparses.  
Richard Loyen, délégué général d'Enerplan
 
Pour ce qui concerne les oiseaux, ils sont très prudents compte tenu de la difficulté à réaliser l'évaluation. Celle-ci résulte de plusieurs facteurs : courte durée des suivis, capacités de déplacement des espèces, difficulté à distinguer les influences extérieures. « Les tendances d'évolution constatées sont majoritairement neutres à négatives entre les situations avant construction et les suivis après mise en service », rapportent les auteurs.

Une analyse plus approfondie nécessaire

Face à ces constats, les bureaux d'études formulent une série de recommandations pour améliorer la stratégie globale de suivi environnemental. Ces résultats ne constituent en effet que la première phase de l'étude et les auteurs en soulignent les limites : courte durée de l'étude (un semestre), échantillon de parcs limité, exploitation de documents existants et fournis volontairement. « Cette première phase présente le mérite d'agréger des connaissances jusque-là éparses », explique Richard Loyen délégué général d'Enerplan.

La deuxième phase va durer deux ans (2021-2022) sur un périmètre élargi (national plutôt que régional) et avec une analyse plus approfondie, annoncent les partenaires. « À l'issue de ce travail, des conclusions pourront être tirées sur l'effet des parcs photovoltaïques sur la biodiversité, et des recommandations sur les pratiques à destination de la filière et des services instructeurs seront rédigées », ajoutent-ils.

D'ores-et-déjà, il paraît manifeste que l'implantation des parcs devrait être réalisée en priorité sur des milieux déjà artificialisés ou à faible valeur écologique.

Réactions6 réactions à cet article

 

Tout est dit et bien dit dans la conclusion du billet de Laurent Radisson !
La photo qui illustre l'article est édifiante ! l'implantation des centrales a été réalisée sur des espaces à fort degré de naturalité, peu ou pas artificialisés. Que devient l'objectif de "zéro artificialisation nette" maintes fois annoncé ? N'est-on pas sur de l'artificialisation nette, sur des espaces qui ne l'étaient pas ou plus à mémoire d'homme ? La nature recule pour de bonnes raisons si on en croit la doxa du moment !
Les tenants des installations d'éoliennes, de micro centrales et de centrales solaires au sol ont une conception bien limitée de la biodiversité en se contentant de comptabiliser quelques cohortes d'espèces (diversité spécifique) avant/après installations et font preuve d'une ignorance totale du fonctionnement des écosystèmes (diversité écosystémique), de l'écologie du paysage ! De ce point de vue, la méthodologie de l'étude devrait être totalement revue. Plus approfondie, oui mais à condition qu'elle ne reprenne pas les mêmes biais ! Je dirais même plus, sur ce type de paysage et de physionomie écologique, il n'y a pas photo, de telles installations doivent être interdites et il n'est pas nécessaire de dépenser de l'argent en études d'impact avant et post installation pour en décider.
Avec les EnR, nous sommes à la veille de répéter ce que les remembrements des années 1960 /1970 ont fait subir à la trame écologique du territoire : une catastrophe écologique. Bis repetita !

Natura | 24 mars 2021 à 10h41
 
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Il serait intéressant de mener ce genre d'étude sur le développement urbain et les zones commerciales ou d'activités. Pour voir comment se comporte la biodiversité après les constructions...

Thomas | 24 mars 2021 à 11h58
 
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C'est sûr, Natura, qu'autour de Tchernobyl, les animaux sont tranquilles depuis 1986 ! Que certains de leurs descendants aient des anomalies génétiques plus ou moins graves engendrant des membres atrophiés, des organes déficients ou encore une longévité réduite (il en va hélas de même pour les enfants nés dans le secteur depuis) serait pour vous un détail sans grande importance ?
Pour autant, il est évident que les porteurs de projets de production d'énergies renouvelables doivent être conduits à une grande exigence en matière de préservation de la biodiversité. Il y a en effet encore du chemin à faire pour certains, trop convaincus que produire des énergies "propres" les dispense de tout effort sur la biodiversité. Mais c'est sans commune mesure avec les dégâts d'un accident nucléaire majeur comme divers pays en ont déjà connu (la France y est passé tout près en 1979 avec Saint-Laurent-des-Eaux 1, incident fort opportunément étouffé par EDF et le gouvernement d'alors).
Quant à implanter les projets sur des zones à faible valeur écologique, cela peut aussi conduire à certaines aberrations : les projets de parcs éoliens poussent plus facilement sur les secteurs de grandes cultures intensives où la biodiversité a déjà été dévastée par la chimie et la mécanisation...

Pégase | 24 mars 2021 à 14h13
 
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Apparemment, l'étude n'évoque que les parcs photovoltaïques au sol. L'impact des parcs installés sur des plans d'eau (le "flottovoltaïque") n'est donc pas abordé. Or, les modifications apportés au milieu aquatique peuvent se révéler extrêmement variables selon les caractéristiques du site. En réduisant, par l'implantation des panneaux solaires, la quantité de lumière pénétrant dans l'eau, la composition du phytoplancton est susceptible de varier et de modifier sensiblement toute la chaîne alimentaire qui découle de ce premier maillon. Ce risque n'est sans doute pas anodin et reprend finalement la conclusion de l'article : les "fermes" photovoltaïques sont plutôt à réserver aux espaces déjà anthropisés.

Tonton Albert | 24 mars 2021 à 15h15
 
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Il suffit de regarder une vue aérienne des grandes zones commerciales ou industrielles des villes du Sud : on s'aperçoit que l'on pourrait plus simplement et avec un impact moindre couvrir des centaines d'hectares de toitures et parkings... pourquoi venir "polluer" des espaces naturels vierges ?

Matthieu F. | 01 avril 2021 à 14h50
 
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Matthieu, vous avez raison. Imagine-t-on l’emprise au sol de toutes ces installations d’EnR à leur complet déploiement avec l’objectif de ramener la part du nucléaire à 50 % au lieu des 75 % d’aujourd’hui ? Remplacer les deux réacteurs de Fessenheim demande 3000 éoliennes terrestres sans aucun gain en Co²! Et, transitoirement, il faut maintenir nos trois ou quatre centrales à charbon pour faire face aux consommations de pointe ou acheter de l’électricité-charbon à l’Allemagne, convertir celle de Cordemais à la biomasse et ainsi écumer les forêts. Adieu le bois mort… et la biodiversité ! Les constructeurs de centrales à gaz (Allemand notamment, voir le débat sur Gazprom) se frottent les mains ! Ils en construisent pour faire face à l’intermittence des EnR. La France devra aussi s’y résoudre. Les « écologistes » qui prônent les EnR sont devenus fous ! Je les ai connus plus soucieux et plus vigilants sur les études d’impact de quelque permis de construire ou DUP que ce soit !
Pour répondre à Pégase, je suis effectivement un défenseur du nucléaire s’agissant de la production d’électricité. C’est le meilleur compromis (je dis bien compromis) d’ici 2050 si on veut lutter contre le changement climatique avec une électricité nucléaire décarbonée ayant le plus faible impact écologique et une faible emprise au sol. Sur la question des victimes éventuelles comparées du nucléaire et de celles résultant de la guerre déclarée à la nature au XXe s., le Covid a définitivement tué le match !

Natura | 01 avril 2021 à 17h19
 
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