En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Pics de pollution : la polémique redouble sur le déclenchement de la circulation alternée

La polémique sur l'urgence ou non de mettre en œuvre des mesures de restriction de circulation en cas de pic de pollution fait rage. La décision reste dans les mains de l'Etat qui a finalement décidé sa mise en œuvre ce mardi en Ile-de-France.

Transport  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

A chaque pic de pollution atmosphérique, la question se repose. Faut-il mettre en place immédiatement des mesures de restriction de la circulation ? Les régions Ile-de-France et Rhône-Alpes-Auvergne connaissent depuis le milieu de la semaine dernière des épisodes sévères de pollution aux particules, ainsi qu'au dioxyde d'azote (NO2) en Ile-de-France.

"Avec une concentration maximum journalière de 146 µg/m3 en particules fines enregistrée en centre urbain, les niveaux de jeudi [1er décembre] figurent parmi les épisodes hivernaux les plus importants de ces dix dernières années", indique Airparif, l'association francilienne de surveillance de la qualité de l'air. "En plus des émissions « habituelles » de polluants, par le trafic routier et certaines installations industrielles notamment, celles liées au chauffage progressent fortement avec la baisse des températures", analyse son homologue Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. "La baisse des températures étant par ailleurs accompagnée d'une stabilité accrue des masses d'air (anticyclone), les polluants s'accumulent et les concentrations augmentent de jour en jour", ajoute l'association.

Dans le collimateur donc, des émissions locales plus importantes liées essentiellement au chauffage au bois et au transport routier "responsables d'une part significative de l'exposition des populations résidant à proximité immédiate des grandes voiries routières".

"Cela n'a pas suffi à endiguer ce pic"

"Dès le début de cette situation de crise, la Ville de Paris a pris les mesures qui sont de sa compétence : gratuité du stationnement résidentiel et, depuis hier, gratuité des services Vélib' et Autolib' pour les nouveaux usagers à la journée", rappelait vendredi la maire de Paris, Anne Hidalgo.

De son côté, le préfet de police de Paris a pris des mesures d'urgence dès le 30 novembre, qu'il a renouvelées quotidiennement depuis. Celles-ci portent sur les émissions des installations industrielles, l'interdiction du brûlage des sous-produits agricoles, l'interdiction du chauffage d'appoint au bois, l'interdiction de chauffer à plus de 18°C les locaux professionnels et d'habitation, l'interdiction du brûlage des déchets verts, de même que celle du jardinage avec des engins non électriques.

Des mesures d'urgence concernent également les transports : renforcement des contrôles de lutte contre la pollution, limitation de la vitesse des véhicules (une mesure adoptée également par le préfet de région Auvergne-Rhône-Alpes), obligation de contournement de l'agglomération parisienne pour les poids lourds, limitation des compétitions mécaniques. "Cela n'a pas suffi à endiguer ce pic", constate Anne Hidalgo qui, dès vendredi, a demandé à l'Etat d'instaurer la circulation alternée. Une demande finalement satisfaite pour la journée du mardi 6 décembre à Paris.

Les préfets toujours décisionnaires

Car, si l'arrêté ministériel paru fin août dernier permet aux préfets de déclencher plus rapidement des mesures d'urgence, ce sont eux qui restent décisionnaires et non les collectivités locales, au grand dam de la maire de Paris. En outre, les préfets peuvent écarter certaines des mesures d'urgence prévues, au plan national, par l'arrêté du 7 avril 2016 et, en Ile-de-France, par un arrêté interpréfectoral annoncé pour cet automne mais qui n'a toujours pas été publié.

En bref, les préfets, sous l'autorité de l'exécutif, peuvent ne pas mettre en œuvre une restriction de circulation des véhicules si le Gouvernement ne le souhaite pas. Or, l'on sait Ségolène Royal, procureur de l'écologie punitive, peu encline à mettre en œuvre ce genre de mesures.

Ce que dénoncent plusieurs responsables politiques au-delà de la seule maire de Paris. Ainsi, Valérie Pécresse et Chantal Jouanno, respectivement présidente et vice-présidente (LR) de la région Ile-de-France, ont, elles-aussi, réclamé la mise en place "le plus rapidement possible" de la circulation alternée, tout en s'interrogeant sur l'impact de la fermeture des voies sur berges sur l'intensité et la durée de cet épisode de pollution "inhabituelles" à cette époque de l'année. Les élues régionales demandent, à l'avenir, un déclenchement automatique de cette mesure. Et, pour atténuer le désagrément causé par cette décision, elles annoncent la gratuité totale des transports en commun dans la région, pour un coût estimé de 4 millions d'euros par jour.

Refuser la circulation alternée, une faute ?

"La circulation alternée n'est pas une option mais une obligation en cas de pic de pollution. La refuser est une faute", estime de son côté l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage, qui avait fait voter la loi sur l'air en 1996.

A Lyon (Rhône), Europe Ecologie Les Verts (EELV) demande également la mise en place de la circulation alternée sur toute l'agglomération. "Ce n'est pas la panacée mais c'est actuellement la seule mesure efficace pour faire chuter rapidement les émissions de particules fines", juge la formation politique qui demande à ce que Lyon s'empare de l'outil que constituent les certificats de qualité de l'air pour limiter la circulation des véhicules en fonction de leurs émissions polluantes.

Un outil dont s'est saisie la Ville de Paris, tout comme l'agglomération de Grenoble (Isère), pour mettre en œuvre une zone de circulation restreinte. Le dispositif parisien a été mis en place le 1er juillet dernier avec une application effective en janvier prochain. Quant au dispositif grenoblois, il est en place depuis le 1er novembre dernier.

Réactions1 réaction à cet article

 

Je dirais: A qui la faute? Et pendant qu'on est là, soyons courageux et faisons semblant de "juger fictivement" (comme c'était le cas avec Monsanto dernièrement) les vrais coupables de ces homicides indirectes. Je crois qu'il va falloir d'hors et déjà demander RDV au futur président pour élargir la capacité des prisons. Rendons cette possibilité pour que surtout les vieux et les enfants puissent dire depuis là haut que les français parfois se réveillent!

Maes | 06 décembre 2016 à 11h52
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question au journaliste Laurent Radisson

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager