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Piles et accumulateurs portables : un effort nécessaire de collecte

L'Ademe vient de publier son rapport sur la collecte et la mise sur le marché des piles et accumulateurs en 2012. Si le tonnage de la collecte des accumulateurs automobiles est en hausse, celui des piles et accumulateurs portables est insuffisant.

Déchets  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Piles et accumulateurs portables : un effort nécessaire de collecte

Vingt trois fois le poids de la Tour Eiffel : c'est l'équivalent du tonnage de déchets de piles et accumulateurs usagés collectés (soit 233.779 tonnes) en France en 2012, selon un rapport de l'Ademe.

Cet état des lieux annuel de la filière s'appuie sur des éléments recueillis via le registre national des producteurs de piles et accumulateurs (mis en place et géré par l'Ademe), complétés de données provenant des acteurs de la filière.

"Les tonnages collectés sont du même ordre de grandeur que les tonnages mis sur le marché, et principalement constitués de batteries au plomb de type automobile", précise le document. Pour ce qui concerne la mise sur le marché, 1.274 millions de piles et accumulateurs toutes catégories confondues ont été mis sur le marché en 2012 (+2,2 % par rapport à 2011), soit 242.649 tonnes (+8,9 %). Cette évolution serait liée au secteur automobile, selon l'Ademe, le marché des piles et accumulateurs étant plutôt stable.

Différents types de déchets sont suivis : les piles et accumulateurs portables, les accumulateurs de type automobile et ceux des industriels.

Piles et accumulateurs portables : un objectif de collecte non atteint

Le taux de collecte des piles et accumulateurs (P&A) portables s'avère en légère baisse par rapport à 2011 : 35,4 % en 2012 contre 36,3% en 2011.

"Pour la 1ère fois depuis l'agrément, l'objectif fixé aux éco-organismes de 37 % en 2012 n'est pas atteint", pointe l'Ademe.

D'un point de vue tonnage, alors que l'augmentation des quantités collectées atteignait +8 % en 2011, elle ne dépassera pas +1,3 % en 2012. 11.776 tonnes ont ainsi été collectées.

Les points de collectes qui présentent les meilleurs résultats sont ceux situés dans la grande distribution (5.078 tonnes), puis ceux au sein de déchèteries, écoles, mairies, etc. avec 3.351 tonnes et enfin les autres points de collecte (par exemple dans les entreprises, ou démanteleurs d'équipements) avec 3.347 tonnes.

Les deux éco-organismes agréés, Corépile et Screlec, pour les P&A portables couvrent plus de 99,9% (en tonnages) des collectes de piles et accumulateurs portables. Ils totalisent près de 60.000 points de collecte répartis parmi les enseignes de la distribution, les collectivités et les autres détenteurs.

Ces chiffres montrent la difficulté croissante des éco-organismes à collecter les gisements restants, selon l'Ademe.

"Concernant la collecte des piles et accumulateurs intégrés dans les équipements électriques et électroniques (EEE), la coopération avec les éco-organismes DEEE permet d'augmenter les tonnages récupérés, pointe l'Ademe, les DEEE sont en effet riches en accumulateurs mais également de plus en plus riches en piles bouton mémoire et leur démontage pour récupérer ces P&A est un enjeu pour atteindre les objectifs de la directive".

Selon les régions, la collecte reste inégale. Si, en moyenne, les tonnages collectés en 2012 correspondent à 180 grammes par habitant, huit régions (Pays-de-la-Loire, Poitou-Charente, Aquitaine, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Bourgogne, Rhône-Alpes et Auvergne) collectent plus de 200 g/hab., alors que les DOM et la Corse collectent moins de 100 g/hab.

"Des efforts restent à faire pour atteindre l'objectif de 45% de taux de collecte en 2016 fixé par la Directive P&A, constate l'Ademe, des plans d'actions devraient être mis en place prochainement par les éco-organismes pour permettre de se rapprocher des objectifs".

Une collecte des accumulateurs automobiles en hausse

Pour ce qui concerne les accumulateurs automobiles, l'Ademe note une augmentation de 9% dans les tonnages de P&A collectés (208.177 tonnes).

En 2012, près de 6.700 tonnes de batteries au plomb collectées dans les DOM ont été traitées en France. Comme ils ne possèdent aucune installation de traitement de P&A usagés sur leur territoire, ces derniers sont en effet obligés de les envoyer par conteneurs en France métropolitaine pour traitement (avec des coûts et une complexité de la démarche plus importants). "Malgré la fin de la prime à la casse, les opérateurs de traitement de batteries automobiles récupèrent des tonnages importants, motivés par la valeur importante de ces batteries, portée par le cours des métaux, notamment celui du plomb", analyse l'Ademe.

Les fluctuations du cours du plomb perturbent toutefois la filière de recyclage des accumulateurs automobiles.

Pour l'instant, aucun éco-organisme automobile n'est agréé et l'ensemble des producteurs se sont déclarés en système individuel (le circuit est autofinancé en France métropolitaine, du fait de la valeur marchande du plomb).

Le tonnage des P&A industriels collectés s'élève quant à lui à 13.825 tonnes (+2,7 %).

Leur durée de vie moyenne de 4 à 20 ans, et leur fin de vie très souvent hors de France (notamment dans les trains, les avions ou encore les installations pétrolières en Asie et au Moyen-Orient) rend difficile la comparaison avec les autres déchets.

De faibles tonnages de collecte pour les accumulateurs des véhicules électriques

"Les premiers accumulateurs industriels utilisés dans les véhicules électriques ou hybrides ont été collectés en 2012 mais les tonnages concernés sont actuellement très faibles, du fait de la nouveauté de cette technologie", développe l'Ademe.

La filière des piles et accumulateurs industriels a néanmoins connu une hausse des quantités mises sur le marché de 9% entre 2011 et 2012. Les accumulateurs lithium industriels mis sur le marché ont également connu une augmentation (2 fois plus d'unités et 3,7 fois plus en tonnages), liée à l'émergence des véhicules électriques sur le marché français et des technologies de stockage de l'énergie liées au développement des énergies renouvelables, selon l'Ademe.

Autre limite : le traitement des accumulateurs Ni-MH (utilisés principalement dans les véhicules hybrides) et des accumulateurs au lithium (utilisés dans les véhicules électriques et hybrides rechargeables) est pour le moment moins rentable que celui des accumulateurs au plomb en raison de la valeur moindre des métaux contenus. Toutefois, selon l'Ademe, les choses devraient évoluer avec le développement de techniques de traitement plus poussées et l'évolution du cours des matériaux stratégiques (comme le nickel, le cobalt et le lithium).

Une réduction des piles et accumulateurs usagés traités

Le tonnage des déchets de piles et accumulateurs usagés traitées en France en 2012 montre une légère baisse par rapport à 2011 (-2%) : il ne dépasse pas 272.335 tonnes.

Les quantités de piles et accumulateurs traités déclarées par les opérateurs de traitement sont pour 5% des P&A portables, 89% des P&A automobiles et 6% des P&A industriels.

A noter : le tonnage traité est supérieur au tonnage collecté sur la même période (236.122 tonnes). "Parmi les piles et accumulateurs traités par les opérateurs français, 220.796 tonnes proviennent de France, soit 81% du total traité, et le reste d'autres pays (principalement issus de la Belgique, des Pays-Bas, de la Suisse, du Royaume-Uni, de l'Italie, de l'Espagne, de l'Allemagne, de la Hongrie, du Danemark et de l'Autriche)", explique l'Ademe.

Les tonnages exportés pour traitement en 2012 s'avèrent 3,5 fois plus importants qu'en 2011 : 15.325 tonnes des P&A collectées en France ont été exportées (75% sont de type automobile, 22% portable et 3% industriel). "L'évolution s'explique d'une part par l'augmentation des quantités d'accumulateurs au plomb automobiles collectés entre 2011 et 2012 et, d'autre part, par l'arrêt de l'activité du site de Valdi Feurs qui a réduit les capacités de traitement des piles alcalines et salines sur le territoire français", développe le document. Ces tonnages ont été principalement traités en Espagne (79%), en Allemagne (11%) et en Belgique (9%).

Réactions2 réactions à cet article

 

Quand on arrêtera de geindre sur le faible taux de recyclage, on cherchera la seule solution : la consigne. Je n'y voit que du positif car cela nous prend au porte-monnaie tout en étant indolore pécuniairement au final pour le consommateur qui recycle. Seul point légèrement négatif le coût de collecte et de gestion de la consigne et peut-être pour les statistiques nationales un impact apparent mais non réel sur l'inflation (à vérifier).

sigis | 14 novembre 2013 à 08h31
 
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Quand j'étais petit, pendant la guerre et jusqu'au tout début des années 50, quand j'allais chercher de l'huile ou du vin, maman me confiait une bouteille vide que l'épicier me remplissait. Si on y allait sans bouteille, il fallait payer le prix de la bouteille en plus.
Le comportement des consommateurs s'adapte aux conditions du marché. Si le marchand fait une ristourne quand le client rapporte le produit usagé, je suis bien certain qu'on verra les choses changer. Même si les raisons profondes sont désormais écologiques et nécessitent un financement différent de celui des bouteilles vides, l'enjeu est suffisamment important pour tout essayer. D'autant qu'on peut justement commencer par les piles et batteries. Et mesurer quels en sont les résultats. C'est un problème d'organisation de la société, donc politique. Mais ceux qui en font le métier en sont-ils bien conscients ?

Jean-Claude HERRENSCHMIDT | 14 novembre 2013 à 08h49
 
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