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Plan algues vertes : les scientifiques prônent des changements structurels majeurs des pratiques agricoles

Dans un rapport publié récemment, le Comité d'experts chargé d'évaluer le Plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes doute de l'efficacité du Plan et appelle à des changements structurels majeurs des pratiques agricoles.

Agroécologie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
   
Plan algues vertes : les scientifiques prônent des changements structurels majeurs des pratiques agricoles
Plage de Postolonec (Finistère) en septembre 2010
© Louis Verveur
   

C'est un rapport sévère, rédigé à la demande du préfet de la Région Bretagne et daté du 7 février 2011, qu'a remis le Comité scientifique chargé d'évaluer le Plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes. Le projet de la Lieue de Grève obtient un "avis globalement positif" assorti de "réserves significatives sur plusieurs points." Quant à celui de la Baie de Saint-Brieuc il n'est tout simplement "pas acceptable en l'état", notamment car il est "trop conventionnel [et il] ne se place pas d'emblée dans la nécessité de la mise en place d'un nouveau modèle agricole."

Certes, le Comité souligne que les projets de la Lieu de Grève et de la Baie de Saint-Brieuc "marquent clairement une volonté de la profession agricole de diminuer les fuites d'azote nitrique à la rivière et à la mer côtière […], un premier point très positif", mais il pondère ces propos et juge que "néanmoins, ces deux projets proposent des actions dont l'ambition globale risque d'être insuffisante." En effet, "les méthodes retenues dans ces deux projets ont déjà été utilisées pour plusieurs d'entre elles dans les programmes d'action précédents et se sont avérées insuffisamment efficaces", estiment les chercheurs.

Ils regrettent en particulier que l'accent ne soit pas mis sur des pratiques permettant de réduire massivement les apports d'azote, telles qu'une diminution massive des excédents d'azote et un usage parcimonieux des engrais minéraux, une meilleure utilisation des déjections, "voire réduction du cheptel si besoin."

Un objectif trop bas et une réduction linéaire injustifiée

L'un des points soulevé par le rapport est la probable insuffisance de l'objectif fixé. En effet, le Plan vise une concentration en nitrate à 10 milligrammes par litre (mg/L), alors que les travaux de l'Ifremer sur les baies confinées indiquent que les algues vertes apparaissent dès qu'on dépasse le seuil des 5 mg/L. "Les deux projets considèrent que le problème des marées vertes aura disparu dès qu'on aura atteint 10 mg/L NO3 dans les tributaires, ce qui ne sera vraisemblablement pas le cas", concluent les experts qui jugent qu'une concentration inférieure à 5 mg/L permettrait probablement que "la biomasse échouée sur les plages soit compatible avec l'usage touristique."

Compostage des algues vertes après ramassage : un procédé de traitement impressionnant et coûteux.
 
Par ailleurs, ils notent que les objectifs intermédiaires sont calculés en pourcentage de différence entre l'état présent et ce seuil de 10 mg/L. "Ces objectifs d'abattement linéaires (pourcentage) n'ont pas de justification scientifique, ni technique", assènent les scientifiques chargés d'évaluer la pertinence du Plan. En effet, citant un précédent avis de leur Comité, daté du 18 juin 2010, ils rappellent que "les phénomènes biologiques de croissance répondent à des équations non-linéaires directement dépendantes de la concentration en nitrate de l'eau de mer" et considèrent qu'"il importe donc de fixer des objectifs de concentration à atteindre en valeurs absolues (mg NO3/L)."

Mieux suivre les pratiques agricoles et renforcer le Plan en 2015

S'agissant des propositions, le Comité "[suggère] que ce plan algues vertes soit l'occasion de réaliser un outil moteur de plan prévisionnel de fumure (PPF) régional ou interrégional mettant en œuvre tous les acquis disponibles de l'agronomie et de la fertilisation équilibrée." En clair, il s'agit de développer une série d'outils de contrôles qui permettraient de connaître sur le long terme les pratiques agricoles dans les parcelles. "Le coût d'un tel projet reste par ailleurs extrêmement modeste pour les financeurs", ajoute le Comité.

Enfin, "le comité scientifique souligne […] que même le projet le plus abouti, celui de la Lieue de Grève, ne constitue qu'une première étape." Il est donc "clair […] qu'une étape plus importante devra être conduite après 2015 au vu des résultats obtenus."

En conclusion, compte tenu de l'inertie et du temps de réponse des bassins versants, les scientifiques jugent "qu'en l'absence d'une forte réduction de la pression agricole, qui pourra nécessiter des changements structurels majeurs, les efforts entrepris aujourd'hui semblent avoir peu de chance d'aboutir aux objectifs escomptés en 2027 par le plan algues vertes, à savoir le bon état écologique des cours d'eau."

Réactions13 réactions à cet article

 

Sidérante cette photo : on se croirait sur une vraie pelouse.

A part les locaux, je crois que les gens ne perçoivent pas bien l'ampleur du problème des algues vertes et de l'impasse écologique dans laquelle se trouve l'agriculture bretonne et plus généralement française.

Et après FNE se fait taper dessus pour une campagne de communication un peu poussée ? A voir la photo de cet article, on est pas loin de l'affiche où le gamin fait des pâtés de sable avec les algues !

Daaaavid | 03 mars 2011 à 18h05
 
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+1 pour France Nature Environnement / -1 pour la Bretagne
Malgré les affiches "néfastes" pour le tourisme j'irai en vacances en Bretagne parce que c'est quand même une super région. Même si il trône ces p.....s d'algues vertes !

chocard | 03 mars 2011 à 23h37
 
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Oui tout à fait chocard....
1 pour FNE et 0 pour le duc de Bretagne le Drian ....
1 pour les associations écologistes et 0 pour l'UMPS
Au moins le Grenelle de l'enironnement aura permis aux associations de prendre du poil de la bête face aux notables politicards.
Au fait la Belgique nous montre depuis plusieurs mois qu'un pays peut très bien se passer de ces derniers !

jms | 07 mars 2011 à 08h59
 
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a savoir, la route longeant la plage de postolonec (lors de l'épisode en photo en début d'article) a été fermée à la circulation. route recouverte d'algues vertes!!!

bzh2956 | 09 mars 2011 à 21h13
 
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venez en tunisie les plages sont propres et bio sans algues.consommez raisonnablement et utilisez raisonnablement les engrais chimiques .

Med | 10 mars 2011 à 07h41
 
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Moi ce que je ne comprend pas, c'est pourquoi les agriculteurs continuent à utiliser des engrais qui leur coûtent cher et qui se retrouvent directement dans mer et ne servent même pas à nourrir leurs cultures. Ils feraient mieux de revenir à une agriculture respectueuse de l'environnement, du sol et de la qualité de l'air et des eaux, et qui plus est peut se révéler plus productive que l'intensive (https://www.actu-environnement.com/ae/news/rapport-onu-agro-ecologie-rapporteur-alimentation-12110.php4#xtor=EPR-1)

sini | 10 mars 2011 à 14h48
 
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Je n'appellerai pas "agriculteurs" les exploitants d'élevages industriels. Ils ne devraient pas faire partie de ceux qui cultivent la terre. Ce sont des industriels à la vue courte limitée à leurs hangars pleins d'animaux hurlants, et au bureau de leur conseiller bancaire. Ces gens ne vont donc jamais à la plage ? Effarouchés par la campagne de FNE, ils protestent de leur vaillance, et de leur beau courage alors qu'ils ne concèdent que des petits pas maladifs.

mimipinson | 12 mars 2011 à 10h18
 
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Changer le regard que les gens portent sur l’agriculture

De nos jours, les discours au sujet des algues vertes diffèrent et se contredisent. Une partie de la population ne sait plus à quoi s’en tenir et se réfère aux médias qui n’hésitent pas à mettre le doigt sur les agriculteurs.

Nous sommes fils d’agriculteurs, et nous souhaitons l’être plus tard, il nous a paru indispensable d’étudier ce sujet polémiqué au travers de notre blog.

Dernièrement, beaucoup d’accusations dangereuses ont fait l’objet d’une campagne d’affichage sur le sujet des marées vertes. Cette campagne, si peu objective, gâche un travail de fond de la part de la profession agricole ; un travail de longue haleine qui va dans le bon sens, même si les résultats ne sont hélas pas encore assez visibles aux yeux du grand public.

Ces accusations ne peuvent conduire à des évolutions constructives et durables.

Il faut arrêter de stigmatiser cette profession et se rendre compte que chacun est concerné avec les stations d’épuration des communes qui ne sont pas aux normes et les fosses des particuliers qui s’écoulent directement dans les douves.

lionel | 26 avril 2011 à 20h54
 
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J’ai laissé un commentaire précédemment et Je voulais quand même répondre à M mimipinson, je suis fils d’agriculteurs et je souhaite exercer cette profession dans les années à venir.
Contrairement à ce que vous dites je vais à la plage et même plus souvent que vous.
Le problème aujourd’hui, ne viens pas uniquement de l’agriculture intensif comme ont l’à caricature trop souvent, car ci tu veut voir réellement ce qu’ai un élevage intensif ce n’ai pas en France que tu les trouveras, mai plutôt au USA et bien d’autre.
Le problème ne vient pas uniquement de l’agriculture, car ce n’ai pas l’azote mai bien le phosphore qui est à l’origine de la prolifération des marrée vertes, on n’ai en ce moment entrains de ce trompé et on le paiera lourd dans les années à venir.
Vous aussi vous contribuées a de la pollutions, car vous rejeter du phosphore avec vos lessive et bien d’autres produis que vous utilisés dans la vie de tout les jours.
Alors avant d’incriminer un profession, la première choses n’ai pas uniquement d’écouter les mendias, mais de s’instruire un minimum (documentation, écouter d’autre chercheur « privée » et nom pas publique).
Pour cela je vous invites à prendre quelque instant pour regarder nos reportage ( onglet vidéo ),
merci et bonne journée à tous.

lionel | 26 avril 2011 à 21h18
 
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Evidence et tromperie
s'il est démontré que le seuil maximal est de 5mg/l, tout planning n'essayant pas d'atteindre cet objectif est évidemment sans intérêt sinon pour démontrer la bêtise ambiante. Comment se fait il qu'il y a encore en 2011 des rejets de nitrates dans l'environnement? S'il s'agit des cochons, Je pensais (certainement à tort) que leurs déjections étaient récupérées systématiquement et traitées? Comme bien d'autres domaines, il serait fort utile de traiter le problème à sa source et d'appliquer le principe du pollueur - payeur.

Un état de démagogie (positif pour les élections, soit à court-terme) ou un état de droit et de respect de l'environnement (positif pour tout le monde à long terme)?

arthur duchemin | 09 mai 2011 à 10h16
 
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De plus en plus de scientifiques et citoyens s’interrogent sur la qualité des boues d’épurations : et si elles étaient trop polluées pour que leur épandage à des fins agricoles soit acceptable ?
Les boues d’épurations désignent le déchets à base de matière organique et de bactéries mortes produites par les stations d’épuration. Depuis 2002, ces stations de retraitement des eaux usées n’ont plus le droit d’enfouir leurs déchets sous terre. Elles défendent à présent le retraitement par épandage des terres agricoles, une solution économique à leurs yeux.
Au départ, l’épandage sur les terres cultivées permet de faire de l’engrais à partir de déjections animales (lisier et fumier). Dans les années 70, l’épandage a été étendu aux boues d’épurations des villes, pour bonifier les productions agricoles.
Ces boues sont des déchets produits par les stations d’épuration de traitement des eaux. ».
La réaction des agriculteurs, recueillies par un journaliste de l’AFP, en dit long sur les soupçons qui pèsent sur la dangerosité de ces engrais : « Ces boues ont une teneur trop forte en métaux lourds et sont trop riches en phosphore »

lionel | 13 mai 2011 à 21h26
 
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Un responsable syndical agricole local n’hésite pas à dresser un parallèle avec les farines animales à l’origine de la vache folle :« A l'époque, on ne savait pas que c'était dangereux, et ça nous a coûté très cher. Pour les boues, on ne sait pas encore ce que seront les conséquences ».
S’il n’y pas de danger identifié à court ou moyen terme, on sait que les stations d’épurations sont incapables de supprimer des métaux lourds, du mercure, des polluants organiques et métalliques faiblement biodégradables, dioxines, PCB et pesticides et résidus médicamenteux .Un cocktail d’autant plus explosif sur le plan sanitaire, qu’il se propage dans les nappes phréatiques et touche l’ensemble de la chaîne alimentaire, via les fruits et légumes.

lionel | 13 mai 2011 à 21h27
 
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et je vous invite invite tous a regarder le reportage qui est est dehors de la Bretagne, ou des algues prolifère à MARIGANE dans le sud et écouter jusqu'à la fin.
bon visionnage. http://www.youtube.com/watch?v=xfr_cExYuqg

lionel | 27 mai 2011 à 17h50
 
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