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La filière bois construction « sera au rendez-vous » de la RE 2020

Le 28 janvier, la filière bois a dévoilé son plan « Ambition Bois Construction 2030 ». Elle expose ses atouts et ses pistes d'amélioration pour répondre aux objectifs de la future réglementation environnementale (RE 2020) des bâtiments neufs.

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
La filière bois construction « sera au rendez-vous » de la RE 2020

La nouvelle réglementation environnementale (RE 2020) des bâtiments neufs fait la part belle aux matériaux biosourcés comme le bois qui stockent le carbone pendant la durée de vie du bâtiment. À terme, en 2030, pour les maisons individuelles, la construction en ossature bois « deviendra la norme » et en logement collectif, les matériaux biosourcés « seront systématiques en second œuvre et très courants dans le gros œuvre », prévoient les arbitrages sur la RE 2020 rendus en novembre dernier par le ministère de la Transition écologique.

Alors que la construction bois reste un marché de niche en France (10 % des maisons individuelles et 4 % en collectif), la filière assure qu'elle « sera au rendez-vous » de la RE 2020. Le 28 janvier, les représentants de la filière - Comité stratégique de la filière bois (CSF), France Bois Forêt (FBF), France Bois Industries Entreprises (FBIE), Fibois - ont présenté leur plan « Ambition Bois Construction 2030 ». Ils fixent dix engagements pour accompagner la RE 2020. Son application est prévue à partir de l'été 2021 et étalée jusqu'en 2030. Mais les membres du Conseil supérieur de la construction (CSCEE), dans un avis rendu le 26 janvier, plaident pour reporter son entrée en vigueur à janvier 2022.

Assurer les capacités de production

Au lendemain de l'avis du CSCEE, la filière bois entend démontrer sa capacité à répondre à la hausse attendue de la demande des constructions bois. « Les capacités de production de la filière seront bien présentes, réparties sur tout le territoire national, accompagnant le marché en développement, notamment avec la visibilité donnée par le calendrier progressif des exigences de la RE 2020, de 2021 à 2030. Cela encouragera les industriels et les entreprises de la filière bois à poursuivre les investissements de leur parc de matériels et d'équipements, pour être plus productifs », assurent les acteurs.

La construction bois est majoritairement concernée par les bois d'œuvre. La filière souligne que 63 % des besoins français de bois d'œuvre sont produits et récoltés dans la forêt française, « et que l'on exploite seulement 60 % de l'accroissement naturel de la forêt française ». La forêt française « possède les essences nécessaires et un potentiel de récolte additionnel ». Le plan de relance du Gouvernement, doté de 200 millions d'euros, soutient en effet le reboisement des forêts françaises. Le ministère de l'Agriculture affiche l'objectif de planter 45 000 hectares de forêts supplémentaires, soit 50 millions d'arbres en 2021-2022. « La trajectoire à soutenir ensuite, est de planter un arbre par français tous les ans, soit de l'ordre de 70 millions de plants chaque année jusqu'en 2035 », rappellent les fédérations. Ce plan de reboisement est « aussi vivement salué par l'aval. Les industries et entreprises de première et deuxième transformation doivent être sécurisées dans leurs approvisionnements pour investir durablement dans leurs outils de production », ajoutent-elles.

Accroître la mixité des matériaux

 
La mixité assumée des solutions constructives et des matériaux ainsi qu'une accélération des mises en chantier profiteront économiquement à l'ensemble de la construction.  
La filière bois
 
Pour gagner en productivité, la filière mise également sur l'emploi de matériaux mixtes (comme bois-béton ou acier-bois) et se positionne ainsi sur de nouveaux marchés, comme c'est déjà le cas pour les bâtiments en bois de grande hauteur.« La mixité assumée des solutions constructives et des matériaux ainsi qu'une accélération des mises en chantier, dès que l'incertitude sur les arbitrages de la RE 2020 sera levée, profiteront économiquement à l'ensemble de la construction », soulignent les fédérations professionnelles du bois.

Pour la seule filière bois, ajoutent-elles, ce marché de la construction mixte représente déjà plus de 10 milliards d'euros de valeur ajoutée créée annuellement. Et 205 000 emplois directs sur les marchés finaux de la construction durable et bas carbone, estime la filière. Pour les immeubles de moyenne et grande hauteur, les fédérations considèrent que la mixité « s'avère non seulement nécessaire, mais qu'elle devrait aussi perdurer ». À ce titre, la quantité de bois employée pour ce type de bâtiments « pourrait être de l'ordre de 30 % à échéance 2030 ».

Réduire le temps et les coûts des chantiers

Pour réduire le temps et les coûts des chantiers, les constructeurs de bâtiments en bois entendent aussi développer l'usage de la préfabrication en usine ou en atelier, d'éléments d'ouvrages qui sont ensuite assemblés sur chantier. « Cette intégration d'une démarche industrielle amont à la pose sur chantier, réduira les coûts des travaux dans le cadre d'une RE 2020 également exigeante en termes d'économies d'énergie du bâtiment », indiquent les fédérations. Les constructeurs prévoient également d'accroître leur recours aux outils collaboratifs : la maquette numérique BIM (Business Information Modeling) « pour la conception où la filière bois est déjà bien avancée parmi les filières de la construction », et les logiciels de gestion et de production à l'usine.

Investir en recherche et développement

La filière estime le potentiel de développement du bâtiment bois-biosourcé à 16,6 milliards d'euros en 2035 et à 17,1 milliards en 2050, « avec un effet additionnel attendu sur la réduction des émissions carbone du bâtiment de - 40 millions de tonnes émises en 2035 ». Ce potentiel est lié à la capacité de la filière à s'inscrire « dans des programmes de recherche et de développement innovants comme l'Alliance Industrie du futur », ajoutent les fédérations.

La filière juge également prioritaire d'accélérer le développement de référentiels « en techniques courantes pour la construction mixte et les sujets d'interfaces bois/ biosourcés/autres matériaux ». Ils sont délivrés par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), le Centre technique industriel et l'Agence qualité construction (AQC). Ces référentiels « libèrent des couvertures assurantielles et permettent d'accélérer la construction bas carbone », souligne la filière bois. Les acteurs prévoient aussi de développer les composants bois-construction à base d'essences feuillues au niveau national.

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