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Le plan apicole durable est reconduit jusqu'à 2017

Stéphane Le Foll a annoncé la poursuite du plan apicole durable, lancé en 2013. Si 70% des actions du plan sont mis en œuvre, le ministre souhaite la création d'une interprofession afin de parvenir à structurer la filière française.

Agroécologie  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a dressé le 19 juin le bilan du premier plan de développement durable de l'apiculture. Ce plan, lancé en février 2013, vise à mieux organiser la filière française déjà fragilisée par une mortalité accrue des colonies d'abeilles depuis une vingtaine d'années. La production de miel 2014 a été "la pire des années qu'a connu l'apiculture française" : elle a chuté à 10.000 tonnes, a alerté l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) en mars dernier. Soit trois fois moins qu'en 1995. Les apiculteurs ont pointé l'impact du climat, des parasites (varroa, cynips du châtaignier…), du frelon asiatique et des pesticides néonicotinoïdes.

Ce plan, doté de 40 millions d'euros sur trois ans, s'est articulé en 17 axes déclinés en 115 actions pour lutter contre ce déclin des abeilles. 70% de ses actions ont "complètement été mises en œuvre", a indiqué M. Le Foll, lors de l'inauguration le 19 juin de l'Observatoire français d'apidologie à Mazaugues (Var). "Les pouvoirs publics ont pleinement joué leur rôle pour favoriser le développement de la production : lutte contre les prédateurs notamment le frelon asiatique, santé des colonies, nouvelles méthodes d'évaluation de l'impact des produits phytosanitaires au niveau communautaire...", a listé le ministre dans un communiqué.

Les néonicotinoïdes visés

Sur les 115 actions du plan, 40 sont complètement finalisées et 35 le seront dans les six mois, a détaillé le ministère. Parmi elles, M. Le Foll s'est dit favorable au classement du frelon asiatique en danger sanitaire de catégorie 1 si "les apiculteurs y sont prêts". Ce qui permettrait la mise en œuvre de programmes de lutte obligatoire au niveau national et départemental. Le frelon asiatique a déjà été classé en catégorie 2 en décembre 2012, permettant à l'autorité administrative de définir des actions de surveillance et de prévention.

Le ministère souligne également l'adoption "sur proposition de la France" de nouvelles méthodes d'évaluation européenne des pesticides néonicotinoïdes neurotoxiques afin de diminuer leur impact sur la santé des colonies. La clothianidine, l'imidaclopride et le thiaméthoxame, fabriqués par les groupes Bayer et Syngenta, ont été suspendus fin 2013 par la Commission européenne pour leur nocivité, jusqu'à fin 2015. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a lancé le 22 mai dernier une nouvelle évaluation des risques de ces trois substances appliquées en traitement des semences et en granules. Elle rendra ses conclusions d'ici la fin juillet. Ce qui pourrait pousser Bruxelles à définitivement les interdire. "La France demande donc à ce que ces restrictions soient maintenues, voire renforcées si nécessaire", avait déjà déclaré le ministre.

Le gouvernement a également demandé à la Commission européenne  d'"accélérer" la réévaluation des dossiers d'autorisation en cours de deux autres substances néonicotinoïdes : l'acétamipride, matière active du Suprême 20 SG (Certis Europe), qui traite les pucerons des fruitiers, et le thiaclopride, matière active du Protéus (Bayer) utilisée sur les céréales. Leur toxicité avait déjà été pointée en juin 2014 par 29 chercheurs internationaux. De son côté, le plan Ecophyto 2, de réduction de moitié des pesticides en 2025, soutient les projets territoriaux visant la suppression des néonicotinoïdes et le développement des alternatives.

Les programmes de recherche sur la santé des abeilles sont également "en cours ou en phase de lancement". Une épidémiosurveillance des intoxications des colonies a été mise en place. Un réseau de vétérinaires référents a été créé pour développer le principe d'une visite sanitaire systématique.

Structurer la filière

Afin que la filière apicole se développe "pleinement", les outils sont "désormais en place notamment via la création d'instances spécifiques de décision", a ajouté le ministre. Des comités économiques et sanitaires dédiés ont été constitués au sein de FranceAgriMer (FAM), établissement national des produits de l'agriculture et de la mer, et du Conseil national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale. Un comité stratégique apicole a également été installé en octobre 2013, chargé de suivre la mise en œuvre du plan.

Toutefois, les objectifs visant à mieux structurer la filière ont été atteints "à moins de 50%". Le plan prévoyait d'encourager l'installation de 200 à 300 jeunes apiculteurs par an mais aussi de favoriser "une filière française compétitive" d'élevage de reines et d'essaims.

Stéphane Le Foll a annoncé la poursuite du plan pour deux ans, soit d'ici 2017, en le réorientant "sur les actions nécessitant la mobilisation des acteurs et les outils de formation". Le ministre a souligné la nécessité de créer "une interprofession" qui "permettrait de s'engager autour d'objectifs partagés avec une véritable stratégie pour répondre à la demande du consommateur". Il souhaite que "ce rendez-vous ne soit pas manqué par un défaut d'organisation collective". "Il y a des professionnels, des amateurs semi-professionnels et des amateurs. Tout ça dans une organisation et une structure de filière qui n'est pas organisée", a-t-il reconnu sur France Bleu Provence.

Le ministre veut encourager les groupements collectifs d'intérêt économique et environnemental (GIEE), créés par la loi d'avenir agricole d'octobre 2014, "entre agriculteurs et apiculteurs au service de la pollinisation ou entre apiculteurs pour une gestion plus solidaire des reines et des essaims". Une expérimentation "GIEE pollinisation" associant un apiculteur et 32 agriculteurs a déjà bénéficié d'un financement de 91.000 euros au titre du compte d'affectation spéciale "Développement agricole et rural" (Casdar) en janvier 2014.

Accroître la professionnalisation

Pour professionnaliser le métier d'apiculteur, M. Le Foll a également annoncé la mise en place par les pouvoirs publics d'un certificat de compétence (certi api). Il sera destiné aux apiculteurs professionnels et aux apiculteurs prestataires auprès de tiers (collectivités et services de pollinisation auprès des agriculteurs). En février 2013, 1.600 apiculteurs professionnels (soit seulement 4% en France) étaient recensés.

Les acteurs de la filière sont aussi invités à signer à l'automne un pacte apicole notamment autour d'une démarche de label "miel de France". "Si on garantit aux consommateurs la provenance, on aura là aussi capacité à redresser la production", a expliqué le ministre sur France Bleu Provence.

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