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L'usage des pesticides "mention abeilles" bientôt restreint durant la période de floraison

Un an après le lancement du plan de développement durable de l'apiculture, Stéphane le Foll a tiré un premier bilan de sa mise en œuvre. A cette occasion, il a annoncé sa volonté de restreindre l'usage de certains pesticides "mention abeille".

Agroécologie  |    |  Pierre Emmanuel BouchezActu-Environnement.com

Lors du premier bilan de la mise en application du deuxième Plan triennal de développement durable de l'apiculture (PDDA), le ministre de l'Agriculture a annoncé que l'utilisation de pesticides "mention abeille" ne pourra plus avoir lieu avant le coucher du soleil. Cette décision fait suite au rapport de l'Anses du 28 avril 2014 selon laquelle "seule la luminosité peut être proposée comme condition indicatrice de l'absence d'activité de butinage des abeilles domestiques". De ce fait "les traitements phytopharmaceutiques (…) ne [pourront] être appliqués qu'après l'heure de coucher du soleil ". Un arrêté interministériel devrait être publié dans quelques mois, a indiqué Stéphane Le Foll.

Ce plan a été élaboré afin d'enrayer la diminution de nombre de ruches et de la production de miel en France. Des efforts de soutien aux professionnels, à la recherche concernant les causes de la mortalité des abeilles et à la lutte contre ces causes doivent ainsi être fournis sur la période 2013-2015.

Selon l'établissement national FranceAgriMer, "à ce jour, 66% des actions ont été engagées (dont 24% réalisées), tandis que 31% restent à engager et 3% à réétudier". Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a insisté sur "le renforcement des moyens de l'Institut de l'abeille (ITSAP) et les efforts financiers consentis pour développer le cheptel et soutenir la recherche" tout en rappelant le "rôle leader de la France dans l'interdiction du Cruiser et l'obtention d'un moratoire européen sur les néonicotinoïdes".

Le ministère souhaite redynamiser le secteur de manière à ce que les agriculteurs puissent bénéficier du service écosystémique apporté par ces pollinisateurs. En effet, sans l'action de ces derniers, le développement de l'agroécologie appelé de ses vœux par Stéphane Le Foll ne pourra avoir lieu. A noter que ces mesures, bien que se concentrant sur les abeilles, bénéficient aux autres pollinisateurs, selon la technique de l'espèce parapluie.

Pour l'Unaf, la lutte contre les pesticides est prioritaire

"Le PPDA n'atteindra ses objectifs que si l'utilisation des pesticides particulièrement dangereux pour les abeilles est réduite de manière drastique. La priorité n'est ni la promotion du miel ni la réorganisation de la filière", affirme L'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) qui se félicite de cette décision. "En décider autrement aurait déclenché une réaction très forte de la filière", indique Olivier Belval, Président de l'Unaf, qui précise que cette mesure a été acceptée in extremis par le ministère.

"Il convient maintenant d'aller plus loin dans ce processus de révision de la « mention abeille » : elle doit cesser d'être délivrée à des produits très toxiques pour les pollinisateurs et l'arrêté du 28 novembre 2003 doit être étendu aux traitements fongicides et herbicides, qui sont eux aussi, préjudiciables pour nos abeilles", poursuit-il.

En principe, l'arrêté du 28 novembre 2003 prévoit qu'aucun pesticide ne peut être épandu durant la période de floraison ou de production d'exsudats. Néanmoins, les pesticides bénéficiant de la "mention abeille" étaient jusqu'ici exonérés de l'interdiction s'ils étaient utilisés "en dehors de la présence d'abeilles". Le caractère vague de cette mention "laissait trop de place à l'interprétation de la part des agriculteurs", indique l'Unaf.

Instaurer un dialogue entre agriculteurs et apiculteurs

Malgré les fréquentes oppositions entre le monde de l'agriculture et les apiculteurs, les professionnels de l'apiculture et des semences oléagineuses ont signé le 28 avril 2014 la première Charte de bonnes pratiques agricoles et apicoles en pollinisation.

"Cette charte est le résultat d'un travail commun des apiculteurs, agriculteurs-multiplicateurs et semenciers pour renforcer le dialogue et leur collaboration historique", indiquent le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS), l'Association nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences oléagineuses (Anamso), l'Union française des semenciers (UFS) et l'Institut technique et scientifique de l'apiculture et de la pollinisation (ITSAP-Institut de l'abeille) dans un communiqué commun.

Cet effort a été remarqué par le Comité apicole de FranceAgriMer, chargé de la mise en œuvre du PPDA, et parrainé par le ministre de l'Agriculture. Le plan insiste en effet sur l'importance de la fonction pollinisatrice des abeilles, dont 80% des cultures sont dépendantes. Selon le ministère de l'Agriculture, "la liste des plantes à fleur pollinisées par les abeilles représente environ 170.000 espèces, dont 40.000 se porteraient mal sans la visite des abeilles".

Réactions6 réactions à cet article

 

Une demi mesure pour un problème très grave.
Qui va vérifier que ces pesticides ne seront effectivement plus épandus avant le coucher du soleil, quand on voit que les outils et les modes d'épandages sont obsolètes( stockage, manipulation, mauvais état des matériel, peu de suivi des préconisations techniques, etc).
Les "robobees" de greenpeace ne sont finalement pas si éloignées de la réalité

lio | 30 avril 2014 à 10h56
 
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quelqu'un pourrait'il répondre à ces questions svp?:

*je comprends qu'ils n'ont plus le droit de sulfater en plein jour; ai-je bien compris?
*peuvent-ils sulfater qd il y a du vent, ou quand il pleut? alors que les habitations sont à côté?
Si les conditions ne sont pas respectées,à qui se plaindre? qui peut vérifier ce qu'ils sulfatent (normes abeille...)? je crois que la force du vent entre en ligne de compte, mais comment vérifier cette force? qui peut intervenir?

d'avance, merci

amuse-bouche | 30 avril 2014 à 11h09
 
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Personne, "amuse-bouche" d’où l'hypocrisie.Distribution de masques pour les riverains, il est préférable de vivre en ville (comme les abeilles)si on veut rester en bonne santé

lio | 01 mai 2014 à 10h08
 
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L'incompétence décisionnelle
Incapable de dire non aux lobbies en tout genre, on continue à autoriser l'empoisonnement général. Les pesticides sont des poisons totalement inutiles pour des cultivateurs sérieux et "actifs" dans leurs champs et pas seulement derrière leurs écrans de controle des cours de bourse...Dans une institution ou uniquement les intérêts personnels sont recherchés, l'intérêt général perd tout son sens. On ne peut par conséquent pas qualifier ceci de démocratique.

arthur duchemin | 02 mai 2014 à 10h01
 
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Nous assistons ici à l'alliance entre deux "lobbies", celui des gentils (les apiculteurs qui bien évidemment n'ont aucun intérêt économique à faire valoir) et celui des méchants (les agriculteurs qui ont tous le noir dessein de détruire la planète et de s'approprier les ressources en produisant des carburants pour affamer le monde).
La chose intéressante est qu'ils se parlent et ont besoin les uns des autres, n'en déplaise aux esprits manichéens.

Albatros | 05 mai 2014 à 11h41
 
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J'aimerais qu'il en soit de même pour la protection des riverains. Interdiction d'épandre tous ces poisons en plein jour. Pas avant minuit, si possible, pour permettre aux vacanciers de prendre leurs repas à l'extérieur et de profiter de la fraîcheur du soir au moins jusqu'à minuit, sans recevoir dans leurs assiettes de micro gouttelettes de pesticides. bienvivrebio.

bienvivrebio | 06 mai 2014 à 13h01
 
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