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La Ville de Paris adopte son plan biodiversité pour la période 2018-2024

Le Conseil de Paris a adopté le 20 mars son deuxième plan Biodiversité qui couvre la période 2018-2024. Il prévoit de généraliser la prise en compte de la biodiversité dans l'aménagement du territoire et de mieux sensibiliser les parties prenantes.

Biodiversité  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

La prise en compte de la biodiversité à Paris n'est pas une nouveauté. La Ville avait adopté un premier plan Biodiversité en 2011. Une évaluation participative a fait ressortir plusieurs points positifs parmi lesquels la dynamique lancée au sein des services de la Ville, l'identification des continuités écologiques, la connaissance des écosystèmes urbains ou encore la gestion écologique des espaces verts municipaux. Mais une faiblesse importante est également ressortie : le caractère pas suffisamment opérationnel du plan.

Une faiblesse que tente de corriger le deuxième plan Biodiversité que le Conseil de Paris a adopté mardi 20 mars et qui couvre la période 2018-2024. A cet effet, les équipes municipales ont identifié deux axes de progrès : intégrer plus fortement la biodiversité dans l'aménagement du territoire, dans l'espace public comme dans le bâti, et améliorer la sensibilisation des acteurs en faveur de la biodiversité.

Intégrer la biodiversité dans les documents d'urbanisme

Au final, le nouveau plan se décline en 30 actions regroupées en trois axes. Le premier porte sur la prise en compte de la biodiversité dans la politique de la ville. En terme d'aménagement, cela passe notamment par la prise en compte de la biodiversité dans les textes réglementaires d'urbanisme et dans les plans environnementaux : le schéma des trames verte et bleue sera inscrit dans le plan local d'urbanisme (PLU) en 2020.

   
© Mairie de Paris
 
   
La Ville prévoit également d'intégrer davantage la biodiversité dans sa politique d'achat avec un objectif de 100% des marchés incluant un critère favorable à la biodiversité en 2030 (contre 19% aujourd'hui). Elle entend aussi mettre en place de nouveaux financements via des unités de compensation ou la mise en place du 1% biodiversité (1% du coût d'une construction affecté à la biodiversité) pour 100% des nouveaux bâtiments municipaux en 2030. Cette action passe aussi par l'essor des métiers de la biodiversité avec notamment la formation de référents "biodiversité" dans chaque direction de la Ville dès 2018-2019.

La Ville de Paris ne souhaite toutefois pas agir seule et prévoit de coopérer avec les territoires limitrophes (villes, établissements publics territoriaux, départements, Grand Paris). Elle veut aussi inscrire son action dans la stratégie nationale (avec l'Agence française pour la biodiversité, l'Observatoire national de la biodiversité) et internationale à travers la convention sur la diversité biologique.

Sensibiliser sur les 637 espèces végétales et 1.300 espèces animales recensées

Le deuxième axe d'action est orienté sur la mobilisation de tous les habitants en faveur de la biodiversité. "Il est acquis que l'on protège mieux ce que l'on comprend et ce que l'on connaît", a rappelé la maire de Paris Anne Hidalgo. Or, les 637 espèces de plantes et quelque 1.300 espèces animales recensées à Paris, dont le renard roux, la fouine, l'écureuil roux, le hérisson d'Europe ou le faucon pèlerin, restent souvent inaperçues. La sensibilisation passe par le développement des études avec un objectif de 100% du territoire parisien couvert par un diagnostic de biodiversité en 2030. Mais aussi par l'organisation d'événements, des interventions dans les établissements scolaires ou encore des formations dédiées.

La Ville prévoit que 50% des aménagements en faveur de la biodiversité soient créés par les Parisiens eux-mêmes en 2030 à travers notamment le permis de végétaliser. Mis en place en 2015, il permet à tous de mener des initiatives de végétalisation de l'espaces public, par exemple sur les pieds d'arbre ou via des jardinières dans la rue.

Le plan prévoit aussi de soutenir les associations avec l'objectif que la totalité d'entre elles soient signataires en 2030 de la charte d'engagement réciproque pour la biodiversité qu'elle prévoit de rédiger dès cette année. Mais il s'adresse aussi aux entreprises avec la rédaction en 2018-2019 de la charte "Paris Action Biodiversité" que toutes les entreprises locales impliquées dans les Jeux olympiques de 2024 devront avoir signée.

Un objectif de 100% des espaces verts publics et privés en gestion écologique en 2030

Le troisième axe, qui ne prévoit pas moins de quinze actions, vise à "penser la ville comme un atout pour la biodiversité". "Cette ambition répond à une double urgence : lutter contre le changement climatique et lutter contre l'érosion de la biodiversité", a expliqué Anne Hidalgo alors que le Conseil de Paris adopte en parallèle son nouveau plan Climat.

"Il s'agit de construire la ville en tenant compte des enjeux de la protection et du développement de la biodiversité, à travers le renforcement du réseau de la nature sur le territoire parisien, les trames verte et bleu, mais aussi la trame noire (éclairage) et la trame brune (les sols), la construction d'immeubles à biodiversité positive, le développement de nouveaux espaces de biodiversité, la participation à la résilience urbaine et l'adaptation du territoire au changement climatique, le renforcement de la végétalisation de la ville et le recours aux espèces végétales d'Ile-de-France", détaille la Maire.

Le plan fixe notamment comme objectif 100 hectares de toits et murs végétalisés, 20.000 arbres plantés et 30 hectares de nouveaux espaces verts d'ici 2020. Mais aussi 40% du territoire constitué de surfaces perméables végétalisées d'ici 2024, ainsi qu'une rue végétale dans chaque arrondissement à la même échéance. Il prévoit également des actions sur le bâti avec notamment la prise en compte en 2020 de la biodiversité dans les cahiers des clauses techniques et particulières, les programmes architecturaux techniques et environnementaux (Pate) et les plans de rénovation thermique des bâtiments municipaux.

Une action est dédiée au développement de l'agriculture urbaine avec un objectif de 30 hectares cultivés en 2020 (contre 15 ha aujourd'hui) et celui de faire de Paris la capitale de la permaculture urbaine en 2030. Mais aussi une généralisation de la démarche "zéro phyto" et un objectif de 100% des espaces verts publics et privés en gestion écologique en 2030.

Enfin, le plan Biodiversité prévoit d'endiguer la prolifération des espèces exotiques envahissantes et développer des plans d'actions spécifiques pour les espèces menacées. Ainsi, prévoit-il dès 2018, un plan d'actions en faveur des oiseaux nicheurs, dont le moineau domestique qui est menacé.

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