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Plan d'investissement France 2030 : priorité au nucléaire et à l'hydrogène

Parmi les 30 milliards d'euros du nouveau plan d'investissement, la moitié sera consacrée à la transition écologique. Mais seules quelques technologies vont tirer leur épingle du jeu. Le nucléaire et l'hydrogène sont les grands gagnants.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Plan d'investissement France 2030 : priorité au nucléaire et à l'hydrogène

Le président de la République a présenté, ce mardi 12 octobre, un plan d'investissement de 30 milliards d'euros destiné à la recherche et développement visant à préparer la France de 2030 et à la rendre plus indépendante. La moitié, soit 15 milliards d'euros, sera orientée vers les technologies bas carbone et s'ajoute au plan de relance de 2020. Au cours d'un discours de plus deux heures, Emmanuel Macron a donc livré sa vision des secteurs stratégiques dans lesquels il faudrait investir ou réinvestir. « L'innovation de rupture, l'innovation technologique et l'industrialisation sont beaucoup plus liés qu'on ne le croyait. Quand on se désindustrialise, on perd de la capacité à innover. Il faut réinvestir dans une stratégie de croissance, a expliqué le chef de l'État. Mais nous ne serons pas leader dans tous les domaines. Sur certains, nous pouvons prendre le leadership. Dans d'autres où nous avons pris du retard et qu'on a abandonné, il faut les réinvestir. » Alors quels sont les gagnants et les perdants des arbitrages présidentiels ? Tour d'horizon.

Nucléaire : 1 milliard pour les technologies de rupture

Le Président a présenté ses priorités autour de 10 objectifs pour « mieux comprendre, mieux vivre, mieux produire à l'horizon 2030 » et, dans ce programme, le premier objectif est fixé sur le nucléaire puisqu'il s'agit de « faire émerger en France des réacteurs nucléaires de petite taille, innovants et avec une meilleure gestion des déchets ». Pas moins d'un milliard d'euros y sera consacré d'ici à 2030. Pour justifier cette relance du nucléaire, le gouvernement met en avant une hausse de la demande en électricité dans les prochaines décennies. « RTE va annoncer de nouveau scénario d'ici à la fin du mois, les premières données font état d'une hausse de 20 % de la demande », explique un représentant du ministère de la Transition écologique.

Si le Président estime que ce n'est pas à lui « de trancher entre les technologies », il a notamment cité la technologie SMR [Small Modular Reactors] pour une destination à l'export et les technologies permettant de réduire la production de déchets, autrement dit les réacteurs de 4e génération de type Astrid, alors que le programme a été arrêté.

Greenpeace y voit par conséquent « une annonce qui sonne comme un désaveu cinglant pour l'EPR, visiblement plus considéré comme une "technologie d'avenir" ou une "innovation de rupture" ». Mais en misant sur les réacteurs SMR prévus pour remplacer des centrales aux énergies fossiles dans d'autres pays, le discours s'apparente à « un dangereux mirage », selon la Fondation Nicolas-Hulot qui rappelle que « cette technologie présentée comme une solution sera, d'une part, très chère et, d'autre part, pas prête avant 2035 ».

Hydrogène : « devenons leader en 2030 »

Deuxième technologie encensée : l'hydrogène. « Sur l'hydrogène vert, nous pouvons être leader, nous pouvons encore le faire, le nucléaire est notre premier atout car on ne produira pas suffisamment d'électricité renouvelable pour produire nos besoins en hydrogène », estime le président de la République. Emmanuel Macron estime qu'il ne faut pas « répéter les erreurs des autres énergies renouvelables en n'investissant par sur l'offre. Il faut investir massivement. La France doit pouvoir compter deux gigafactories d'électrolyseurs et produire massivement de l'hydrogène d'ici à 2030 ». Il a d'ailleurs rappelé que l'importation d'hydrogène n'est pas une option à privilégier pour la France mais plutôt une production au plus près du territoire. Deux milliards d'euros supplémentaires sont ainsi garantis par ce plan d'investissement. Ils s'ajoutent aux 2 milliards déjà débloqués dans le cadre du plan de relance 2020. Ce qui signifie que sur les 7 milliards d'euros promis dans le cadre de la Stratégie nationale pour le développement de l'hydrogène, 4 milliards sont financés.

En matière d'énergies renouvelables, le plan d'investissement prévoit 500 millions d'euros dans les technologies de rupture sans autres détails.

Décarboner l'industrie

Cet hydrogène servira notamment à décarboner les sites industriels. C'est le troisième objectif de ce plan France 2030, avec un budget d'environ 5 milliards d'euros. « Dans le cadre de notre stratégie national bas carbone, il faut baisser nos émissions entre 2015 et 2030 de 35 %, a rappelé Emmanuel Macron, alors que le secteur n'affiche pour l'instant qu'une baisse de 5 %. Nous devons massivement investir pour décarboner les usines avec des investissements publics et privés. » Une approche saluée par Benoît Leguet, directeur d'I4CE et membre du HCC : « France 2030 permet de donner un cap aux acteurs industriels, avec des objectifs et des moyens. Mais il faut aussi fixer un cap à tout le reste de l'économie. La France a des objectifs climatiques pour 2030, elle doit clarifier les moyens pour les atteindre. »

Le volet industrie prévoit aussi d'orienter des financements vers le recyclage, et l'économie circulaire en général, pour garantir un approvisionnement en matériaux suffisant notamment métaux et plastique (recyclage chimique). Aucune enveloppe budgétaire n'est fixée. La répartition se fera au fil des appels d'offres qui seront lancés. Mais Emmanuel Macron ne laisse pas de côté la possibilité de trouver de nouvelles sources de métaux rares, notamment dans les fonds marins. L'exploration de nos zones économiques exclusives est clairement visée. L'axe de fourniture de matériaux inclut également la filière du bois avec un accompagnement prévu de l'amont à l'aval.

Vers un transport bas carbone

Deux secteurs du transport vont focaliser 4 milliards d'euros du plan d'investissement : l'aviation et l'automobile, avec une répartition d'environ un tiers pour le premier et deux tiers pour le second. « L'automobile et l'aéronautique, sont des secteurs qui doivent être au cœur de l'avenir français », énonce clairement le Président, qui d'ailleurs fixe un objectif ambitieux pour l'aérien : produire le premier avion bas carbone.

La filière des véhicules électriques et hydrides sera également encouragée avec l'objectif de produire, en France, 2 millions de véhicules de ce type d'ici à 2030, donc autant que la production actuelle nationale majoritairement thermique.

Le mirage du « tout technologique » aux dépends de la sobriété ?

Pour de nombreux acteurs et ONG, ce plan contient quelques manques : « Certains des investissements annoncés sont de bonnes nouvelles pour notre industrie et notre indépendance. Mais, à côté, le plan mise sur trop de "mythes technologiques", destinés à nous sauver », estime Matthieu Orphelin, député écologiste de Maine-et-Loire. Benoît Leguet, directeur d'I4CE et membre du HCC, aurait aimer y trouver un accompagnement des ménages, des collectivités, des entreprises pour investir dans le climat. « Après 2022, qu'est-ce qui va se passer ? L'effort public va-t-il être maintenu, car il est nécessaire. On ne trouve pas tout ça. Or, l'État doit se poser la question des moyens pour assurer sa trajectoire bas carbone. » Le spécialiste attend donc beaucoup du projet de loi de finances. Le gouvernement a d'ailleurs prévu d'amender le texte pour y ouvrir les crédits annoncés. Mais pour le reste, il faudra attendre les présidentielles et les programmes des différents candidats.

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