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Un plan national pour limiter les résidus médicamenteux dans l'eau

Limiter la dispersion des résidus de médicaments dans l’eau. Tel est l’objectif affiché du plan lancé lundi 30 mai 2011 par les ministères de l’Ecologie et de la Santé après 18 mois de gestation.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
   
Un plan national pour limiter les résidus médicamenteux dans l'eau
   

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie, et Sophie Delaporte, Directrice générale adjointe de la Santé, ont lancé le 30 mai un Plan national sur les résidus de médicaments dans l'eau. Objectif : mieux connaître les risques et mieux prévenir la dispersion des résidus.

La maîtrise des risques liés aux résidus de médicaments était un engagement du Grenelle de l'environnement, repris dans le Plan national santé environnement (PNSE 2) et inscrit également dans le Plan d'action national contre la pollution des milieux aquatiques par les micropolluants. Le comité de pilotage du plan avait été mis en place en novembre 2009.

« Des phénomènes comme la résistance de certaines bactéries dans l'environnement, que nous constatons aujourd'hui, sont des signaux. Il est important d'agir dès maintenant. La réussite de ce plan d'action repose sur la prévention, en limitant les rejets médicamenteux, et sur la recherche, pour améliorer les connaissances afin de mieux cerner les impacts sanitaires et environnementaux », a déclaré la ministre.

Méconnaissance du risque

Premier constat : les conséquences environnementales et sanitaires de la présence de résidus médicamenteux dans l'eau restent mal connues. Même si les quantités mesurées dans les milieux aquatiques ne sont que de l'ordre du nanogramme par litre, certains effets de résistance bactérienne dans l'environnement peuvent pas exemple être mis en évidence.

« La méconnaissance est telle qu'il était très difficile de fonder l'action », confirme José Cambou, responsable du réseau Santé et environnement de France Nature Environnement, qui voit dans le renforcement de la recherche un grand pas en avant.

Parmi les mesures phares figure la priorisation des différentes molécules. « Compte tenu du nombre important de molécules consommées en France, de l'urgence et de l'importance d'harmoniser les travaux sur des molécules jugées prioritaires, il est nécessaire,

d'établir une méthode de hiérarchisation et de sélection des molécules prioritaires sur lesquelles les travaux doivent être conduits en priorité », précise le plan.

Des campagnes de mesures dans l'eau potable, les milieux naturels et les sols vont être menées ; de même que dans les rejets des hôpitaux, stations d'épuration, producteurs de médicaments, élevages, piscicultures…

Le laboratoire national de référence pour les eaux, Aquaref, ainsi que le laboratoire d'hydrologie de Nancy (Anses) sont chargés de développer des outils métrologiques associés à la liste des molécules désignées comme prioritaires en matière de surveillance.

« Un appel à projet sera lancé en 2012 sur quelques bassins versants pilotes de taille limitée pour acquérir des connaissances et tester, en grandeur nature, les actions de ce plan », ajoute le ministère.

Contrôler et réduire les émissions dans l'environnement

Le volet « gestion des risques » du plan comprend des actions de contrôle et de réduction des émissions de médicaments dans l'environnement.

Parmi les mesures prioritaires figure la prise en compte de l'impact environnemental lors de l'examen des dossiers d'autorisation de mise sur le marché (AMM). « Il s'agit là d'une avancée majeure », indique José Cambou. « Les AMM ne prenaient en compte que la toxicité humaine dans une démarche coût/avantage. Depuis 2006, l'écotoxicité est étudiée mais de manière encore très imparfaite », précise-t-elle.

Pour les médicaments déjà sur le marché, une procédure de rattrapage pourrait être définie afin de pouvoir évaluer leurs impacts environnementaux.

Le plan vise également la réduction à la source plutôt qu'un traitement en bout de chaîne. « On ne peut pas tout miser sur les stations d'épuration », résume NKM. Pour les particuliers, « des gestes simples, comme ramener ses médicaments non utilisés en pharmacie, permettent d'éviter de les jeter à l'évier ou à la poubelle », ajoute le ministère.

Cela passe par la promotion et le renforcement des filières de récupération et d'élimination des médicaments non utilisés à usage humain, via le dispositif Cyclamed, et à usage vétérinaire.

Un quart des eaux contaminées

La France est le quatrième consommateur mondial de médicaments et le premier en Europe. Plus de 3.000 médicaments à usage humain et 300 à usage vétérinaire sont disponibles sur le marché français.

Une étude réalisée par l'Anses en janvier 2011 montre qu'un quart des échantillons d'eau testés contiennent des traces de médicaments : caféine, antiépileptiques, anxiolytiques… Ces traces proviennent principalement des urines et des déjections des animaux d'élevage, qui rejoignent les réseaux d'eaux usées ou directement le milieu naturel.

A ces deux sources s'ajoutent les médicaments non utilisés, dont le gisement est estimé entre 24.000 et 29.000 tonnes par an. Seules 13.000 tonnes sont récupérées dans les pharmacies. Un grande partie est donc jetée à l'égout.

Réactions9 réactions à cet article

 

Encore du flan, comme le grenelle...
Des réflexions que les réseaux associatifs ont depuis plus de 20 ans !
Maintenant, il serait temps d'agir plutôt que de palabrer encore une éternité !
Afssa, ministère de la santé ou autre, nous payons grassement des branleurs (euses) et rien avance !
La première des choses à faire c'est de déclarer la fin du nucléaire et en 5 ans seulement, c'est tout à fait possible, je le prouve quand vous voulez ! Ce qui aura pour conséquences de pouvoir développer les véhicules automobiles sans risques.
La deuxième chose, c'est de déclarer qu'à partir du 1er janvier 2012, toutes les cultures alimentaires devrons être certifiés bio, donc d'interdire sur notre territoire, toutes formes de pesticides y compris pour le jardin. La nature sait se défendre d'elle même.
Par la même occasion, apprendre à manger autrement en évitant un maximum la viande et en interdisant les OGM !
Mais il est toujours possible pour les lobby agro alimentaires de semer par avions, des maladies sur les cultures !
La troisième chose à faire, c'est de fermer toutes les usines d'incinérations, d'abord en augmentant le tri et en obligeant les fabricants à réduire leurs emballages !
Développer la récupération du méthane et l'usage de bactéries naturelles associé aux divers éléments de composte.
La quatrième chose c'est interdire tout rejet direct en mer ou en rivières des usines qui devrons posséder une mini usine d'épuration afin de rejoindre les eaux usées à nouveau retraités.

patrick25 | 01 juin 2011 à 19h33
 
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Suite :
La cinquième résolution consiste à créer pour tous les bateaux, une loi qui les obliges systématiquement tous les (2-3 ou 6 mois), à dégazer à leurs frais dans un lieu maritime sous contrôle d'agents assermentés (un peu comme pour nos véhicules)
La sixième réso consiste à faire comme d'autres pays, obliger les médecins à moins donner de médicaments, pas facile... Donc développer le secteur phytothérapies et en rembourser les produits.
Cela nécessite donc de ne plus rembourser certains autres très polluants dont le public finira par se passer (anxiolytiques, hormones, somnifères, etc)
La septième réso consiste à remettre en cause toutes les industries polluantes en les surtaxant. les produits étant plus chers, les conso se dirigerons vers du renouvelable.(Cimenteries, papeteries, chimie, etc...)
Voilà ce qui me vient à l'esprit en dix minutes, mais il y en aurait bien d'autres. Seulement, nos élus pensent trop à leurs carrières et au fric qu'il peuvent cumuler. La société ne pourra pas changer ainsi, nous devons entrevoir une autre forme de gouvernance calqué sur la Suisse, mais en l'améliorant.
Plus besoin de présidence, ni ministres, sénateurs, préfets inutiles.
Gouvernons par régions, des assemblées publiques tous les jours dans toutes les villes et villages de France, puis, regroupons les votes en national et agissons pour notre avenir alors que les politiciens n'agissent que pour le leur...

patrick25 | 01 juin 2011 à 19h55
 
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Cet article est capital pour sensibiliser les usagers de l'eau aux dangers des traces de médicaments dans l'eau traitée dans nos Step selon des
procédures classiques ,physicochimiques et biologiques qui ne retiennent pas ces molécules dangereuses ,car aucune norme analytique n'est encore
prévue ! Nous disposons des équipements analytiques nécessaires,mais
sans formation des utilisateurs pour cette recherche. Rien de positif
sera fait si on ne l'impose pas. Une loi sera nécessaire.

arthur | 02 juin 2011 à 17h26
 
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Très intéressant cet article, mais juste une remarque personnelle.
Les traces de médicaments proviendraient principalement des urines et des déjections des animaux d'élevage, qui rejoignent les réseaux d'eaux usées ou directement le milieu naturel, mais aussi des plus de 14 000 tonnes de médicament non utilisés, non récupéré par les pharmacies et qui vont dans les égouts.

Tout le monde sait que l'industrie pharmaceutique produit des médicaments pour qu'ils finissent dans les égouts !!!

La France est le quatrième consommateur mondial de médicaments et le premier en Europe certes mais que deviennent donc ces milliers de tonnes ???Heureusement pour les patients, les médicaments ne s'accumulent pas dans leur organisme mais sont éliminés par les urines et les fécès..... et finissent aussi dans les égouts !! Ce sont certainement des médicaments propres...

J'ai l'impression qu'il manque quelque chose ?? mais c'est peut-être un sujet tabou pour nos gouvernants.

Tit'anik | 02 juin 2011 à 19h16
 
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Si on obligeait les gens malades à la campagne de collecter leurs urines et feces pour les épandre dans les jardins, les champs et les prairies comme autrefois, la dégradation des molécules se ferait sans doute par les bactéries du sol (principe du biobac en agriculture). Le "tout à l'égout" connait ses limites... La ville génére d'énormes difficultés polluantes à tous les stades de la vie...Il serait peut être temps d'arrêter le développement tentaculaire des villes dans lesquelles l'homme y perdra de plus en plus son âme...et sa santé. Commençons comme on le fait pour les paysans à imposer une réduction des consommations de médicaments...Attaquons nous à soigner les causes plutot que les effets...

bertrand | 04 juin 2011 à 10h31
 
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Il est temps que l'on mette le consommateur dans la boucle en lui demandant des actions de bon sens d'Eco-Citoyen dont il montre de plus en plus qu'il en a les capacités:
- ne pas acheter de médicaments inutiles: depuis regarder ce qu'il reste dans l'armoire à discuter avec son Médecin
- ne pas jeter ses médicaments inutilisés ou périmés n'importe où, les rapporter à son Pharmacien ou au moins les mettre à la poubelle et pas dans l'évier.
Les actions réglementaires en amont ( Industrie, Professionnels de Santé) doivent être complétées par une responsabilisation du principal bénéficiaire du dispositif de Santé: le Consommateur qui deviendra un Eco-Citoyen si on le lui demande astucieusement !

Jean-Pierre V | 06 juin 2011 à 17h41
 
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Beaucoup d'idées dans ces commentaires: parfois lourdes à mettre en oeuvre, d'autres plus politiques (mais pas impossible!)... La mienne:
Un message sur la boite, genre: Rapportez en pharmacie les produits non consommés". Ca coute rien, ça peut rapporter qq tonnes de produits toxiques...

amilo94 | 06 juin 2011 à 20h13
 
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cela renvoit directement aux débats qui existent depuis longtemps (voir le site "eautarcie") sur la gestion de globale de l'eau incluant nos rejets domestiques mais si le citoyen se prend en charge, c'est une diminution d'entrée d'argent trop importante pour notre système politique. Donc le système actuel ne proposera que des taxes nouvelles et jamais une gestion par les habitants de leur conso et de leurs pollutions à la source, pour ceux qui le peuvent (un minimum d'espace). On l'a vu avec l'arret des systèmes d'épuration individuel qui peuvent facilement être beaucoup plus efficaces, permettant à d'avoir une implication écologique responsable plutot que le "système tout à l'égout"

marie | 07 juin 2011 à 11h41
 
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assez de discours, de bonnes intentions à l'eau de rose, il faut des lois qui frappent fort...L' Homme n'est pas naturellement raisonnable; les carottes coutent trop chers à la communauté, il faut des bâtons...Il faut apprendre nos enfants à être plus responsables...Il vaudrait mieux uriner sur les gazons que dans les urinoires qui vont où ???

bertrand | 08 juillet 2011 à 18h43
 
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