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Matières premières critiques : l'Europe veut relancer l'extraction sur son territoire

La Commission européenne présente un plan d'actions sur les matières premières critiques dont l'un des principaux axes est la relance de l'extraction en Europe pour réduire la dépendance aux importations.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Le 3 septembre, la Commission européenne a présenté un plan d'actions sur les matières premières critiques, ainsi que la troisième révision de la liste des matières critiques créée en 2011 et une étude prospective à l'horizon 2030 et 2050. La relance de l'activité minière en Europe fait figure d'axe fort de la stratégie européenne. Le recyclage et l'exploitation des déchets en tant que ressource feront aussi l'objet de recherches.

Exploiter les matières présentes en Europe

Le plan d'actions sur les matières premières critiques vise à quatre objectifs : développer des chaînes de valeur européennes ; renforcer l'approvisionnement européen ; développer l'économie circulaire, la durabilité des produits et l'innovation pour réduire la dépendance européenne ; diversifier l'approvisionnement auprès des pays tiers et supprimer les distorsions du commerce international. Pour y parvenir, l'Union européenne (UE) propose de mettre en œuvre dix actions. Celles-ci se concentrent notamment sur les enjeux posés par les terres rares nécessaires à la fabrication d'aimants permanents, des composants jugés critiques pour les secteurs des énergies renouvelables, de la défense et de l'espace.

L'UE souhaite notamment relancer l'extraction et la transformation sur son territoire d'ici 2025. « Si l'on examine la répartition géographique des matières premières critiques en Europe, le développement des matières premières pour les batteries, telles que le lithium, le nickel, le cobalt, le graphite et le manganèse, ouvre des perspectives intéressantes », justifie la Commission. Elle précise notamment que les déchets miniers présentent parfois des concentrations intéressantes. Pour assurer l'exploitation de ces matières, elle propose de mettre l'accent sur les régions charbonnières, en portant l'attention sur l'expertise et les compétences utiles à l'activité minière. L'UE compte aussi s'appuyer sur le programme Copernicus d'observation de la Terre pour soutenir l'exploration, l'extraction et l'après-mine. En outre, la Commission élaborera des « critères de financement durable » pour les secteurs minier et extractif d'ici la fin de 2021.

Le recyclage figure aussi parmi les axes de travail. Aujourd'hui, déplore l'exécutif européen, sa contribution à l'approvisionnement en terres rares, gallium ou indium « est peu importante ». La Commission cartographiera donc le potentiel des matières premières critiques secondaires provenant des stocks et des déchets de l'UE. L'objectif est d'identifier des projets de valorisation viables d'ici 2022. Le volet R&D du plan de la Commission sera consacré au recyclage, ainsi qu'à la substitution des matières critiques par d'autres non critiques offrant des performances similaires.

Une liste qui ne cesse de grandir

S'agissant de la mise à jour de la liste des matières premières critiques, la principale nouveauté est l'apparition du lithium parmi les 30 matières premières critiques au regard de leur importance économique et des défis d'approvisionnement. La demande européenne de lithium, un métal essentiel à la fabrication des batteries des véhicules électriques, pourrait être multipliée par 18 d'ici 2030 et par 60 d'ici 2050, explique la Commission. La bauxite, le titane et le strontium apparaissent aussi sur la liste qui ne cesse de s'allonger à chaque révision : 14 matières critiques en 2011, 20 en 2014, 27 en 2017 et 30 dorénavant. À l'inverse, l'hélium, qui reste un sujet de préoccupation du fait de la concentration de l'approvisionnement, est retiré de la liste en raison du recul de son importance économique.

Enfin, le rapport prospectif à l'horizon 2030 et 2050 évalue les besoins de secteurs considérés comme essentiels. Il pointe les tensions affectant le nickel, et plus spécifiquement l'approvisionnement en nickel de grande pureté nécessaire à la fabrication de batteries. « Ce changement structurel du marché du nickel pose de graves défis technologiques, des problèmes de disponibilité des ressources géologiques et des barrières commerciales. » Le rapport identifie aussi des tensions sur l'approvisionnement en terres rares, et en particulier en dysprosium, du fait de l'hégémonie chinoise sur l'approvisionnement. La concentration de l'extraction du cobalt en République démocratique du Congo pose les mêmes problèmes. Le lithium pose moins de soucis à court terme, mais le document explique qu'il faudra investir pour éviter un déséquilibre important du marché au-delà de 2025.

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