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Eco-industries : le gouvernement annonce son plan d'action

À l'occasion de l'inauguration à Lyon du salon Pollutec, les secrétaires d'État chargé de l'Industrie, Luc Chatel, et de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, ont annoncé six mesures en faveur du développement des Eco-industries. Détails.

Gouvernance  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
   
Eco-industries : le gouvernement annonce son plan d'action
Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET et Luc CHATEL présentent le plan stratégique Ecotech 2012
© MEEDDAT - Laurent Mignaux
   
Luc Chatel, Secrétaire d'État chargé de l'Industrie et de la Consommation, Porte-parole du Gouvernement, et Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'État chargée de l'Écologie, ont annoncé mardi 2 décembre six mesures en faveur du développement des Eco-Industries, à l'occasion de la deuxième réunion du Comité Stratégique des Eco-Industries (COSEI), qui s'est tenu en marge du salon Pollutec (Lyon).

Rebondir sur la crise financière

Ce comité composé de chefs d'entreprises et de personnalités qualifiées en matière d'industrie et de technologies de l'environnement a été mis en place le 10 juillet dernier, dans le cadre du lancement du plan stratégique Ecotech 2012. L'objectif ? Faire de la France un centre international d'excellence en matière d'écotechnologies. La crise économique et financière est la crise du court termisme, ce à quoi l'écologie répond avec des investissements sur le long terme, a affirmé Mme Kosciusko-Morizet, au cours d'une conférence de presse. Profitons de la crise pour orienter les investissements, prendre de l'avance et se réorienter, a-t-elle poursuivi.

6 mesures phares

Les six mesures, qui devraient être opérationnelles au premier semestre 2009, incluent un appel à projet de recherche sur les éco-technologies dédié aux projets de recherche et développement et en lien avec Oséo et l'Ademe. Il sera doté de 30 millions d'euros sur trois ans. Cela devrait permettre à des produits porteurs d'un réel progrès écologique de trouver le financement qui manque, a encore précisé la Secrétaire d'État. Les projets seront principalement spécialisés dans les domaines de la prévention, de la mesure et de la lutte relatives aux pollutions locales (air, déchets, eau…).

Autre mesure annoncée : le renforcement des contrôles d'étiquetage afin d'orienter les acheteurs sur des produits éco-responsables, a prévenu Luc Chatel, qui a chargé la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) d'engager des contrôles sur le secteur des éco-industries. Ainsi, à partir du 1er janvier prochain, un programme de contrôles concernant le dumping environnemental sera mis en œuvre. Il concernera l'étiquetage CO2 des véhicules, mais aussi celui des ampoules et des lampes, des peintures ou des revêtements de sol (moquettes, parquets, linoléum sur le critère Composés Organiques Volatils).

Il est par ailleurs prévu la création avec le MEDEF d'un prix TIC (technologie de l'information et de la communication) pour récompenser les meilleures innovations ayant un impact pour l'environnement.

Une autre mesure prise par le comité concerne l'orientation d'une partie des financements de France Investissement vers le secteur des éco-industries, avec un objectif d'investissement en fonds propres de 60 millions d'euros en 2009.

Un groupe de travail et de concertation entre les différents pôles de compétitivité concernés par les éco-technologies sera en outre mis en place pour aboutir à une charte de coopération renforcée entre pôles sur le modèle aéronautique, voire d'en créer un nouveau sur les technologies de l'environnement, a commenté la Secrétaire d'État. Il devra aussi structurer les compétences en matière d'écotechnologies sur le territoire et mettre en place rapidement le financement d'outils de création de nouvelles entreprises, de type incubateurs, en lien étroit avec la communauté des financeurs, et tout particulièrement les business-angels.

Enfin, une dernière mesure prévoit la définition d'un référentiel des éco-activités d'ici à la fin du premier semestre 2009, afin notamment de connaître et structurer le secteur et permettre la mise en place d'un tableau de bord de suivi semestriel de leurs activités.

Objectif affiché : transformer les contraintes en opportunité

Les écotechnologies sont un moteur potentiel de croissance et d'emplois. L'idée est de faire de l'industrie un moteur face aux grands défis écologiques actuels mais aussi de transformer les contraintes environnementales en opportunité de marché, insistait Luc Chatel le 10 juillet dernier, lors de la présentation à la presse du Comité stratégique des éco-industries installé le jour même. L'évolution de la réglementation va s'imposer à nous. Elle peut être considérée par beaucoup d'industriels comme une contrainte : si du jour au lendemain on interdit des produits qui étaient fabriqués depuis longtemps, dans l'absolu ça peut évidemment poser des difficultés. Si par contre on est capables d'anticiper, de trouver des produits de substitution et faire en sorte en sorte que notre pays devienne pionnier dans le domaine des éco-industries, il prend immédiatement une longueur d'avance. D'une contrainte il la transforme en opportunité, poursuivait-il avant d'ajouter : nous avons la volonté de mobiliser l'ensemble du secteur : grandes entreprises, PME, organismes de financement, transfert de technologies pour gagner ce combat économique qui est essentiel si on considère le poids aujourd'hui des éco-technologies.

Créer de l'emploi

Selon les résultats d'une étude réalisée par le Boston Consulting Group sur les filières éco-industrielles et présentés lors de la deuxième réunion du comité stratégique, le développement des éco-industries est particulièrement important pour la France qui dispose déjà d'une base industrielle solide, évaluée à 60 Md€ d'activité par an et 400.000 emplois en 2008 sur le périmètre considéré par l'étude*. D'après le cabinet conseil, une politique industrielle de développement des éco-industries en lien avec la réalisation des objectifs du Grenelle de l'Environnement pourrait représenter en 2020, une augmentation de l'activité directe en France de 50 Md€ par an et 280.000 nouveaux emplois.
Dans son étude, le cabinet conseil identifie quatre piliers pour enclencher la révolution industrielle verte en France : engager la France dans des filières industriels qui feront la croissance de demain (photovoltaïque et éolien « off-shore notamment), industrialiser les filières qui constituent les principaux gisements de progrès en matière énergétique et environnementale (biomasse, filière énergétique des bâtiments, recyclage et valorisation énergétique des déchets), consolider et promouvoir le leadership technologique et économique des entreprises françaises du secteur de l'environnement et inciter à l'éco-conception et à la valorisation de la performance environnementale.

Le défi de la formation

Reste que pour aider les professionnels du secteur à industrialiser leurs filières, il convient de structurer la filière et donc préalablement les formations qui y mènent.
Le Comité Stratégique des Eco-Industries préconise ainsi d'agir sur la formation pour développer des formations adaptées aux besoins et au potentiel des filières.
Car comme nous l'indiquions dans notre enquête parue le 2 décembre et portant précisément sur le sujet, actuellement les compétences nécessaires sont encore loin d'être disponibles et les chiffres qui attestent de la capacité de formation restent inexistants. Pire, l'heure est encore à la réflexion quant à la manière de former… Alors que tous craignent pour le financement des mesures, la formation constitue de toute évidence LE talon d'Achille du Grenelle de l'Environnement.
Une problématique comprise semble-t-il par Nathalie Kosciusko-Morizet qui, lors de son passage sur le stand d'Emploi-Environnement à l'occasion de l'inauguration du salon Pollutec, confirmait que des mesures allaient être proposées dès le début de l'année 2009. La création d'une ''chaire de management des éco-innovations'' dans le cadre d'un partenariat public privé a par exemple déjà été confiée au commissariat général au développement durable.

Réactions2 réactions à cet article

 
Mais quelle formation?

"Les écotechnologies sont un moteur potentiel de croissance et d'emplois"
"…mobiliser l'ensemble du secteur : grandes entreprises, PME, organismes de financement, transfert de technologies pour gagner ce combat économique"
"…filières industrielles qui feront la croissance de demain"

Ok on a compris: le moteur pour les industriels reste d'ordre économique. Avec ces mesures, on transforme la contrainte écologique (naturelle) en opportunité de faire des sous.
D'où: "pour aider les professionnels du secteur à industrialiser leurs filières, il convient de structurer la filière et donc préalablement les formations qui y mènent". Et si on formait aussi les professionnels à comprendre la nécessité d'une attitude écologique responsable? N'y a-t-il pas d'industriels RÉELLEMENT conscients des problèmes? Si on les forme seulement à adapter leur activité, ils passent à côté de l'essentiel: la prise de conscience! Formons-les aussi à se poser les bonnes questions de l'impact de leur activité sur l'environnement. Ceci afin de prévenir de prochaines erreurs. Autrement dit, quand l'industriel se dit: "je vais fabriquer tel produit et le fabriquer de telle manière", il DOIT se poser la question de l'impact sur l'environnement, AVANT de mettre le produit sur le marché et avant que les problèmes surviennent.
Pourquoi ne pas développer ces formations dès l'Université, là où on forme les futurs chefs d'industrie? Je ne suis pas certain du tout qu'un ingénieur ou un architecte, ait une bonne vision de ce qu'est l'écosystème planétaire. C'est fondamental, pourtant! car la grande majorité des activités humaines pollue, et a donc une influence importante sur cet écosystème.

Joël | 11 décembre 2008 à 21h08
 
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perte de crédit !?

Ministres pronent "sensibilisation"lobbyiste du benefice pécunier ,et s'éloignent encore du bon bout(y arriveront-ils?).
objectif;projetter grosses industries pour de gros besoins de gros consommateurs que nous sommes,en ommettant d'informer reellement les responsables de ces sites des nuisances(souvent plus que que de simples nuisances!)de l'implantation de la structure.
de la technique =oui et la science =en l'occultant,le but ne sera pas vraiment atteint...

kikaji | 16 décembre 2008 à 16h43
 
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