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Le plan de déplacement de Paris a été adopté

Après de deux ans de concertation, la Conseil de Paris a adopté lundi dernier le plan de déplacement de la ville. Ce document propose une série de mesures visant à réduire d'ici 2020 de 40% le trafic automobile et de 60% les émissions de GES.

Transport  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
L'élaboration des Plans de Déplacements Urbains (PDU) a été rendue obligatoire dans les grandes agglomérations françaises par la loi sur l'Air et l'Utilisation Rationnelle de l'Energie de 1996. La loi d'Orientation sur les Transports Intérieurs (LOTI) fixe aux PDU de grandes orientations pour organiser les déplacements des personnes, le transport de marchandises, la circulation, le stationnement. En Ile-de-France, le plan de déplacement urbain (PDUIF), élaboré à l'initiative de l'État et arrêté en 2000, constitue la référence principale des politiques publiques en matière de déplacements. Il vise trois objectifs majeurs : diminuer le trafic automobile, de façon différenciée selon les zones de l'agglomération et leur desserte en transport collectif ; augmenter, dans le même temps, la part des transports collectifs ; enfin, favoriser le retour en force de la marche et du vélo comme modes de transport urbain à part entière.
Sur un territoire aussi vaste et dense que l'Ile-de-France, les orientations du PDUIF n'ont pas toujours été déclinées à une échelle locale et la loi Solidarité et Renouvellement Urbains a prévu que le PDUIF puisse être complété par des Plans Locaux de Déplacements qui en précisent et en détaillent le contenu à une échelle intercommunale. C'est dans ce cadre que la Ville de Paris a réalisé son Plan de Déplacements de Paris (PDP) ayant valeur de Plan Local de Déplacements. Engagé le 12 juillet 2005, ce plan a été adopté le 12 février dernier par le Conseil de Paris.

Le Plan de déplacements de Paris a pour ambition de définir les grandes orientations de la politique parisienne des déplacements tout en respectant une certaine cohérence et une complémentarité entre les différents projets conçus à l'échelle de la rue, du quartier, de l'arrondissement, de la ville ou de l'agglomération. Sa réalisation a nécessité l'intégration des perspectives de développement de Paris à l'horizon 2020 (stabilité démographique, changements de rythme de vie), des évolutions économiques (commerces, transports de marchandises, tourisme, desserte des équipements), de l'évolution de la demande des déplacements ou encore de la réalité historique de l'espace public parisien. Il regroupe donc une série de propositions dans les différents domaines influant sur l'organisation des déplacements. Ces propositions doivent permettre de réaliser plusieurs objectifs chiffrés :
- augmenter la part des transports collectifs, taxis, vélo et marche à 80% des déplacements de personnes en 2013 contre 75% en 2001 et à 83% d'ici 2020.
- augmenter de 20 % d'ici 2013 l'offre de voyages sur les réseaux de transport en commun par rapport à 2001 et de 30 % d'ici 2020.
Cette augmentation de l'offre de transport en commun s'accompagne d'objectifs de diminution du trafic motorisé : baisse de 26 % d'ici 2013 par rapport à 2001 et de 40 % d'ici 2020. En parallèle, le PDP prévoit des objectifs de qualité de l'air : en 2013, les concentrations de dioxyde d'azote mesurées à proximité du trafic devront être en dessous du seuil de 40 ?g/m3 pour 50 % des rues parisiennes intramuros. Cette mesure devra être atteinte pour 100% des rues en 2020. Concernant les gaz à effet de serre, les émissions de CO2 dues aux circulations dans Paris devront être réduites de 25% d'ici 2013 et de 60% d'ici 2020. D'autres objectifs concernent également le bruit, la sécurité des déplacements, le transport de marchandises, etc.

Pour réaliser ces objectifs, le plan de déplacement de Paris propose tout une série de mesures visant dans un premier temps à développer l'offre de transport en commun. Cela se traduirait par un réseau ferré (métro, RER et train) plus dense, plus étendu surtout pour les trajets de banlieue à banlieue avec le projet de création d'une ligne souterraine de transport en commun en rocade. Concernant l'amélioration de la qualité de service, le PDP prévoit le renforcement de l'offre des métros et RER, l'amélioration du confort et de l'information des usagers et l'adaptation des gares parisiennes à la croissance du trafic. En surface, le plan de déplacement prévoit de développer l'offre de bus et de tramway et envisage la création de lignes régulières sur la Seine et les Canaux parisiens. Ces lignes s'adresseraient à un public large de Franciliens, notamment pour leurs déplacements de loisirs ou de travail ainsi qu'aux touristes.
De nombreuses propositions visent également à faciliter l'intermodalité entre les pôles de transports en commun et les autres transports (voiture, vélo, marche) et à favoriser le rabattement vers les gares.

Par ailleurs, à travers son plan de déplacement, la ville de Paris cherche à encourager les modes de déplacement doux en voulant un partage de l'espace public plus équilibré où le piéton a une place majeure. Cette volonté se traduira par l'élaboration d'un Schéma Directeur Piétons (SDP), la réduction des limitations de vitesse, la mise en place de Plans de Déplacements Ecole, un Schéma Directeur Vélo, le développement des zones 30, des quartiers verts et des réseaux de grandes promenades…
Afin de réduire le recours à la voiture, le PDP prévoit de développer les parcs-relais en Ile-de-France, limiter les créations de places de parking dans les nouveaux immeubles de bureaux bien desservis par les transports en commun, développer les Plans de déplacements d'Entreprise, mettre en œuvre un Plan de Déplacement de l'Administration Parisienne (PDAP), proposer des tarifs préférentiels pour le stationnement des résidents …
Par ailleurs, pour réduire la pollution atmosphérique, la ville de Paris mise sur l'utilisation accrue de véhicules moins polluants dans les flottes des véhicules municipaux ou des transports en commun. Les véhicules propres pourraient aussi bénéficier de tarifs privilégiés pour le stationnement et les véhicules électriques pourraient bénéficier de places réservées et de bornes de recharge plus nombreuses. La Ville prévoit d'étudier avec l'État, la Région ainsi que l'ADEME l'opportunité de dispositifs incitatifs pour les particuliers, éventuellement sous forme d'aides financières, à l'acquisition de véhicules (4 ou 2 roues) moins polluants et mieux adaptés à la ville.

Concernant la réduction des nuisances des infrastructures, le PDP prévoit par exemple d'adapter l'exploitation du boulevard périphérique, d'améliorer son insertion urbaine et reconquérir progressivement les quais et les voies sur berge de la Seine. Pour faciliter les déplacements à vocation économique, Paris souhaite développer le fret ferroviaire et fluvial, améliorer les aires de livraisons, positionner des espaces logistiques urbains constituant un point de transit autorisant une entrée massifiée des marchandises et une diffusion de proximité en véhicules peu polluants, étudier la possibilité d'utiliser le RER, le métro et le Tramway en horaire décalé pour faire entrer des marchandises dans Paris…

Adopté par la majorité de gauche, ce PDP n'a pas reçu le soutien des élus UMP et UDF, d'accords sur les objectifs mais inquiets quant aux moyens prévus pour les atteindre. Mais ce PDP n'est pas pour l'instant applicable car une nouvelle enquête publique est nécessaire et un nouveau vote des élus parisiens aura lieu après les municipales de 2008.

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