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Le plan ECOPHYTO 2018 a été présenté au conseil des ministres

Le plan de réduction de l'utilisation des pesticides a été présenté hier au conseil des ministres par Michel Barnier. Issu du Grenelle de l'environnement, ce plan semble avoir gardé l'esprit des débats et satisfait les associations écologistes.

Agroécologie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Le plan ECOPHYTO 2018 a été présenté au conseil des ministres
© Christophe B
   
Le ministre de l'agriculture et de la pêche Michel Barnier, a présenté hier au conseil des ministres son plan de réduction de l'utilisation de pesticides. Baptisé ECOPHYTO 2018, ce plan découle des débats du Grenelle de l'environnement et comporte deux volets. Le premier volet prévoit le retrait progressif du marché des produits contenant les 53 substances actives les plus préoccupantes, dont 30 avant la fin 2008.

Le second volet concerne la réduction de 50% de l'usage des pesticides dans un délai de dix ans si possible. Une batterie d'indicateurs de pression, relatifs à l'usage des pesticides, devrait être utilisée pour évaluer l'avancement vers cet objectif. L'un de ces indicateurs pourrait être le NODU. Fondé sur le NOmbre de Doses Utilisées, défini par les quantités de substances vendues divisées par une dose unité de substance active, cet indicateur ferait référence pour le suivi du plan. Il pourrait être accompagné d'un ensemble d'indicateurs plus large destiné à suivre annuellement l'évolution de l'usage global des pesticides, de prendre en compte l'ensemble des usages, et de veiller à ce qu'une réduction de leur utilisation ne s'accompagne pas d'une dégradation de leur profil toxicologique ou de leur potentiel de contamination des milieux (eaux, sols...). Cette batterie d'indicateurs a vocation à être progressivement complétée à partir de 2012 par des indicateurs d'impact, des indicateurs de risque et des indicateurs économiques.

Le plan mise sur l'expérimentation et la formation aux bonnes pratiques

Pour accompagner les agriculteurs dans cette démarche de réduction, le plan ECOPHYTO prévoit de recenser et de généraliser toutes les pratiques connues pour réduire l'apport d'intrants. Une plateforme d'expérimentation, de démonstration et de références sur les systèmes de culture « économes en pesticides » pourrait ainsi être mise en place. Les acteurs du monde agricole (Chambres d'Agriculture, Instituts techniques) sont fortement encouragés à généraliser ces pratiques. Le but est de mettre en réseau plus de 3.000 fermes pilotes.

En complément, il sera sûrement nécessaire d'innover et de mettre au point de nouveaux systèmes de culture. ECOPHYTO 2018 prévoit donc de mobiliser la recherche sur cette mission en se penchant sur les pratiques mais également les matériels agricoles.

La réduction de l'utilisation de pesticides devra aller de pair avec l'amélioration de l'information des agriculteurs en temps réel sur la présence des maladies et insectes ravageurs de cultures pour mieux cibler les traitements.

Le plan vise enfin à s'assurer de la compétence de l'ensemble des acteurs (distributeurs, conseillers et utilisateurs de produits phytosanitaires). Un programme de formation sur l'utilisation des pesticides devrait voir le jour avec en parallèle une adaptation des formations diplômantes.

Soulagement et satisfaction pour les associations écologistes

À l'annonce de ce plan, le Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) s'est dit soulagé : notre association craignait que ce rapport [ Paillotin sur lequel le plan est basé] ne soit, pendant la période estivale, totalement dénaturé, le résultat présenté ce jour a fait retomber un peu ces craintes, explique l'association qui qualifie ce plan de bel essai à transformer. Le MDRGF est particulièrement satisfait du choix du NODU comme indicateur de suivi et de la promotion de la production intégrée et non de l'agriculture raisonnée comme l'appréhendait l'association. L'association attend désormais des clarifications sur les moyens mis en œuvre pour la réalisation de ce plan qui selon l'AFP devrait coûter 206 millions d'euros sur les trois premières années.

La satisfaction est également au rendez-vous pour la fédération France Nature Environnement (FNE) : une volonté politique apparaît pour réduire l'utilisation des pesticides et ce plan est globalement satisfaisant, estime Jean-Claude Bévillard, Secrétaire national de FNE, chargé des questions agricoles. La fédération regrette toutefois que la mesure consistant à séparer les métiers de conseils et de vente de pesticides ne soit pas été mentionnée.

En revanche du côté des fabricants, on reste septique : l'objectif de 50% est irréaliste, sauf si on considère que la France n'est plus un pays agricole et que nous serons obligés d'importer des produits agricoles de base, a commenté à l'AFP Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP).

Le plan doit désormais être traduit sur le plan législatif dans les prochains textes du Grenelle. L'examen du projet de loi Grenelle 1 doit débuter le 7 octobre prochain et le projet de loi Grenelle 2 est attendu au menu du conseil des ministres au cours de la première quinzaine d'octobre.

Réactions10 réactions à cet article

 
Ahhhhh

Enfin je vais pouvoir manger des fruits avec des vers dedans sans passer pour un demeuré !
Enfin je vais pouvoir éviter de tremper mes légumes et produits "bio" dans deux litres d'eau potable, avant d'espérer les manger sans trace de produits phytosanitaires.
Enfin lorsqu'il fait beau je ne porterai plus mon ANP "appareil normalisé de protection" bref mon masque à gaz, pour me promener dans les champs les vignes et vergers de France....
WWF....

Raf | 11 septembre 2008 à 21h04
 
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Re:Ahhhhh

Restons optimiste mais attention rappelons nous la loi sur les ogm complétement dénaturée par les sénateurs,n'oublions pas que les politiques sont élus par les français mais au service des industriels.Il n'y a qu'a voir la réaction du responsable de l'institut de pollution des plantes affligeant..

lio | 12 septembre 2008 à 09h39
 
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Ogm

C'est simple 60 millions de paires d'yeux doivent lire les étiquettes, et faire ne sorte que le marché leur coûte trés trés cher !
Cela prendra du temps et cela au final leur coutera beaucoup d'argent.

raf | 12 septembre 2008 à 20h31
 
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?????

Comme le dit si bien M. Rousset dans son article-involontairement- du côté des fabricants de pesticides, "on reste septique". C'est le bon terme je crois.
Vive le bio. Acheter des produits bio est à mon sens la seule réponse efficace à toute cette mafia.

lovenothing | 18 septembre 2008 à 09h42
 
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Droit de réponse

Un diplôme pour utiliser moins de pesticides, je rêve ! Ou plutôt je cauchemarde ! A quand un diplôme de connerie où Barnier sera major !
Il suffit d'éditer un guide ou de mettre à jour son site Internet ! Ce sera déjà plus intéressant que tout ce qui y est actuellement ! Les parasites du système ont encore frappé avec la bénédiction et l'absence de sens critique d'un ancien ministre de l'environnement.

rené-pierre | 18 septembre 2008 à 12h27
 
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Où est le bio dans tout ça ?

Je ne comprends pas très bien : on veut réduire l'usage des produits phytosanitaires en regardant des "fermes-modèles" (qui je suppose en utilisent moins), mais nulle part on ne parle de l'expérience des agriculteurs bio, qui eux n'en utilisent pas du tout. Nulle trace dans l'article d'augmenter le nombre de chercheurs de l'INRA qui se consacrent aux techniques bio.
Quelle explication à cet "oubli" ?
Serait-ce qu'on voudrait dans l'avenir 2 agricultures, l'une avec "moins" de pesticides, majoritaire, et l'autre sans, minoritaire comme toujours ?
Pourtant la FAO dit que l'agriculture bio pourrait nourrir la planète !

NL | 18 septembre 2008 à 13h31
 
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Re:Où est le bio dans tout ça ?

Je viens de lire un communiqué de l'onigc qui indique que la moyenne de rendement des blé bios en 2008 est de 23 quintaux. Cela me pose 2 questions: quelle est la rentabilité d'un blé bio? si toute la production française était en bio, ne serions nous pas loin de mourir de faim?
Il faudrait que les céréaliers bios se mettent enfin au travail: c'est à dire fassent de l'agriculture et non pas de la cueillette. A moins qu'ils n'organisent la pénurie!
En attendant heureusement il existe une agriculture conventionnelle susecptible de nous nourrir à un coût acceptable

jfdvx84 | 26 septembre 2008 à 10h00
 
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Re:Où est le bio dans tout ça ?

Le bio a été évoqué dans un autre plan: Horizon 2012.
Le but du grenelle, rappelons-le, est de répondre à une demande de la société. un esprit sain dans un corps sain passe obligatoirement par un environnement sain. Aujourd'hui il existe d'autres techniques de production comme "l'agriulture intégrée" reduisant conidérblement l'apport d'intrants.Elle permet de produire des denrées en quantité et à des prix tout à fait compétitifs. La FAO a peut etre raison, mais ce nourrir avec du bio, a un prix! Et demander au ménages français, et encore plus difficiles à ceux des pays en voie de dévéloppement, de doubler leur budget nourriture....

Zaz-Etu.Agri. | 10 octobre 2008 à 10h29
 
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Re:Droit de réponse

pour votre information, ce "permis" est déja mis en place depuis des années en Suisse et tout le monde trouve cela normal et indispensable.
En tant qu'agriculteur, nous sommes un peu l'équivalent du pharmacien qui va donner un traitement phytopharmaceutiques à sa culture. Cela me parait normal d'être formé à leur notice !

sissou21 | 15 janvier 2009 à 09h00
 
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bio et bio

les produits bio ne sont pas sans produits de traitement j'entend des producteurs bio s'eleve contre l'interdiction du cuivre, le cuivre tres tres utilise en agriculture bio a forte dose; le cuivre est un metal lourd qui reste dan sle sol tres tres longtemp et stérilise les sols.
l'agriculutre bio ne pourra pas nourir le planete entiere et c'est encore les plus riches qui vont pouvoir manger des fruits et legumes ou meme des pommes de terre;
alors arretez de raconter des mensonges aux gens qui ni comprenet rien.
cele ne fait pas plaisir de depenser de l'argent pour traiter des cultures mais c'est necessaire ou alors la recolte n'est pas saine.
les ble bio sont tres dangereux car remplit de mycotoxines qui sont CANCERIGNES;
BON ENTENDEUR SALUT

coco | 05 février 2009 à 16h55
 
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