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Plastique : seize multinationales fixent les conditions du développement du recyclage chimique

Seul le recyclage chimique est capable de traiter certains emballages plastique, expliquent seize multinationales très consommatrices. Elles défendent six principes pour assurer son développement. La traçabilité des matières recyclées est essentielle.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Plastique : seize multinationales fixent les conditions du développement du recyclage chimique

Le 19 avril, seize géants mondiaux des produits de consommation ont présenté un plaidoyer en faveur du recyclage chimique des plastiques. Réunies au sein du Consumer Goods Forum (CGF), ces entreprises estiment que « le recyclage chimique est le seul moyen de recycler de grands volumes d'emballages en plastique souple et autres mélanges de polyéthylène et polypropylène en plastique recyclé de qualité alimentaire ». Les signataires proposent six principes qui, selon eux, permettent d'assurer le développement du recyclage par pyrolyse. En jeu : le recyclage de deux résines qui représentent environ 60 % des plastiques employés par le secteur de l'emballage.

 
Le recyclage chimique est le seul moyen de recycler de grands volumes d'emballages en plastique souple et autres mélanges de polyéthylène et polypropylène en plastique recyclé de qualité alimentaire  
CGF
 
Parmi les signataires de cette prise de position intitulée « Chemical Recycling in a Circular Economy for Plastics » figurent Barilla, Colgate-Palmolive, Danone, Ferrero, Henkel, Mars, Nestlé, Pepsico, Procter & Gamble ou encore Unilever. Pour appuyer leur démarche, les signataires publient aussi une analyse du cycle de vie (ACV) selon laquelle « l'impact environnemental du recyclage chimique des déchets plastique difficiles à recycler serait inférieur à celui de l'incinération ».

Une demande de près de 800 000 tonnes par an

Cette prise de position concerne le recyclage par pyrolyse des polyoléfines, c'est-à-dire du polyéthylène (PE) et du polypropylène (PP). Concrètement, les déchets en PE et en PP sont chauffés à haute température et sans oxygène pour obtenir une huile. Après purification, cette huile de pyrolyse est utilisée dans un vapocraqueur pour réduire la consommation de naphta (un mélange liquide d'hydrocarbures légers employé comme matière première par la pétrochimie). En sortie de vapocraqueur, plusieurs « coupes » sont obtenues, parmi lesquels l'éthylène et le propylène, les produits intermédiaires employés pour produire du PE et du PP. Ainsi, à travers l'intégration de cette huile de pyrolyse, une partie des résines vierges est considérée comme de la matière recyclée issue des déchets de plastique.

Actuellement, la technologie est en déploiement. Une première unité industrielle, d'une capacité de traitement de 20 000 tonnes de plastique par an, devrait être inaugurée en fin d'année par Sabic, à Geleen, aux Pays-Bas. Pour répondre aux objectifs d'incorporation de plastique recyclé qu'envisage de fixer l'Union européenne, les seize signataires estiment qu'ils auront besoin de 780 000 tonnes par an de PE et de PP recyclés, dont 680 000 tonnes aptes au contact alimentaire. Pour répondre à cette demande, 60 à 70 unités de pyrolyse doivent être construites entre 2025 et 2030, préviennent-ils. Les six principes qu'ils défendent doivent permettre ce déploiement dans des conditions « crédibles, éthiques, sûres et respectueuses de l'environnement ».

 
L'approche « mass balance » Avec le recyclage par pyrolyse, les déchets plastique sont transformés en éthylène et en propylène, mais aussi en d'autres produits intermédiaires. En outre, le rendement en éthylène et en propylène varie selon les technologies employées et la qualité de l'huile.

Les défenseurs du recyclage chimique plaident pour une approche « mass balance » qui permet de considérer que toute l'huile est transformée en éthylène et en propylène. Concrètement, des « crédits de recyclage », basés sur le volume d'huile utilisé, sont librement attribués aux produits en sortie de vapocraquage. Ces crédits sont ensuite tracés dans la chaîne de valeur des plastiques, jusqu'à l'emballage « 100 % plastique recyclé » proposé par le producteur qui a acquis suffisamment de crédits.

Les opposants défendent une approche très différente selon laquelle tous les produits intermédiaires sont en partie issus de l'huile « recyclée ». La proportion de matière recyclée dépend alors, pour chacun d'entre eux, des caractéristiques du vapocraqueur et de la qualité de l'huile.
 
L'enjeu central de la traçabilité

Le premier principe concerne l'accès aux déchets plastique. Les signataires plaident pour que le recyclage par pyrolyse permette d'augmenter les volumes de recyclage globaux. En d'autres termes, les déchets destinés au recyclage chimique ne devront pas être ceux recyclables mécaniquement à une échelle industrielle.

Le deuxième est essentiel et concerne un point âprement débattu à l'échelle européenne : la traçabilité et le décompte des matières recyclées. Sur ce sujet, les signataires plaident pour une approche « mass balance » (lire l'encadré ci-contre) qui soit « largement acceptée et appliquée ». Cette approche doit notamment distinguer clairement la part des plastiques employée sous forme d'énergie (par exemple, lors de la pyrolyse, une partie du plastique se décomposant en gaz de synthèse employé pour alimenter la réaction). Bien sûr, il faut aussi trancher la question de l'attribution des crédits de recyclage en tenant compte, ou pas, des liens chimiques entre l'huile de pyrolyse et la production des plastiques.

Parallèlement, les pétrochimistes qui fourniront le PE et le PP recyclés par pyrolyse devront être en mesure de démontrer que leurs procédés maximisent la production de plastique et minimisent celle des produits non prioritaires (comme le bitume et les cires) et énergétiques. Le quatrième principe vise à réduire les impacts environnementaux, notamment climatiques, des plastiques recyclés. Il s'agit de « démontrer de manière crédible » que ces impacts sont équivalents ou inférieurs à ceux des plastiques vierges à base d'hydrocarbures.

Les deux derniers principes ne sont pas liés aux procédés de production. L'un concerne la gestion des émissions et des pollutions. Il s'agit là de limiter les risques sanitaires et environnementaux. L'autre a trait à la crédibilité des allégations environnementales des entreprises qui utiliseront les plastiques recyclés par pyrolyse.

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