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Incendie de Notre-Dame à Paris : des retombées de plomb ont été retrouvées dans du miel

Risques  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

Une scientifique de l'Institut de physique du globe de Paris (Université de Paris, IPGP, CNRS) et deux chercheurs de l'Université de Colombie-Britannique (Canada) ont réalisé des prélèvements dans le miel de ruches situées à proximité de la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Des retombées de plomb ont été retrouvées dans 36 échantillons de miel provenant de ruches, collectés trois mois après l'incendie de la cathédrale d'avril 2019.

L'étude des scientifiques, réalisée avec la société Beeopic, est parue fin juillet 2020 dans la revue Environmental Science and Technology Letters. Les chercheurs ont comparé le miel collecté après l'incendie à un mélange de miel parisien de 2018 et à des échantillons de la région Auvergne-Rhône-Alpes collectés en 2017. « La plus forte concentration de plomb, 0,08 microgramme par gramme, a été trouvée dans un échantillon d'une ruche localisée à moins de cinq kilomètres à l'ouest de la cathédrale. Le miel parisien pré-incendie contenait 0,009 microgramme de plomb par gramme, et le miel de Rhône-Alpes avait 0,002 à 0,009 microgramme de plomb par gramme. La teneur maximale autorisée en plomb de l'UE est de 0,10 microgramme par gramme pour les sirops, les édulcorants et les jus », ont expliqué les chercheurs de l'Université de Colombie-Britannique.

Les abeilles, qui butinent dans un rayon maximum de 2 à 3 km de leur ruche, amoncellent les poussières environnantes et leurs miels « sont ainsi représentatifs de la présence de métaux dans leur environnement », a ajouté le CNRS. En mesurant les concentrations de différents métaux et les rapports isotopiques du plomb dans ces échantillons, l'étude révèle que le miel « provenant de ruches sous le vent le soir de l'incendie présente des concentrations en plomb plus élevées que les autres miels (sans toutefois dépasser les seuils des normes de consommation en vigueur). Ces concentrations décroissent avec l'éloignement des ruches du lieu de l'incendie ».

Les rapports entre les isotopes du plomb dans le miel sont représentatifs du plomb provenant des constructions anciennes de Paris et de sa région (toiture, tuyauterie...), qu'on retrouve dans les sédiments récents et les aérosols de la capitale. L'étude « confirme donc les mesures effectuées au sol de façon empirique dans la capitale après l'incendie et démontre l'utilité du miel pour le suivi des pollutions atmosphériques », a souligné le CNRS.

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Il serait intéressant dans les années qui viennent d'aussi surveiller les teneurs en plomb des champignons (avec traçage isotopique si l'on veut mieux mesurer la part de ce qui vient de l'incendie). Certaines mousses et certains lichens, ainsi que les cernes des arbres peuvent aussi 'mémoriser' ce type de pollution, et pourraient aider à rétrospectivement modéliser les retombées distantes de centaines de tonnes de plomb en grande partie vaporisées (il y avait 250 t de plaques de plomb rien que sur la flèche).

Lecteur alfa | 14 septembre 2020 à 00h57
 
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