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L'InVS revient sur la nécessité de proscrire le Plomb de certains produits de consommation

Après avoir recensé en 2004 les sources d'exposition au plomb, l'InVS vient de publier une note technique sur l'intérêt et les possibilités de limiter voire substituer ses usages dans certains produits de consommation, parmi lesquels les jouets.

Risques  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Les jeunes enfants représentent une population fragile vis-à-vis du plomb. Ils ingèrent en effet beaucoup de poussières par activité main-bouche et portent fréquemment des objets à la bouche. De plus, pour une exposition identique à celle de l'adulte, le plomb retenu dans l'organisme des enfants est plus important et leur système nerveux en développement y est plus sensible. Pour ces raisons, de nombreuses utilisations historiques du plomb ou de ses composés sont désormais proscrites en raison de la toxicité pour le système nerveux. En particulier, le saturnisme infantile se caractérise par l'atteinte du système nerveux central, aboutissant à une altération des fonctions cognitives supérieures (apprentissage, mémoire, comportement...).

Cette maladie peut subvenir même avec de faibles expositions et qui perdure dans le temps. En effet, les études épidémiologiques récentes semblent montrer que ces effets interviennent même chez des enfants n'ayant jamais dépassé le seuil de 100 microg/L de plombémie, niveau définit actuellement le cas de saturnisme (arrêté du 5 février 2004). Les femmes enceintes représentent aussi une population à risque dans la mesure où le plomb passe facilement la barrière placentaire (la plombémie du nouveau-né est peu différente de celle de la mère). L'exposition post-natale de l'enfant s'ajoute à cette exposition intra-utérine.

C'est dans ce contexte que le 15 septembre 2004, la Direction générale de la santé a demandé à l'InVS de recenser de manière la plus exhaustive possible les sources d'exposition au plomb et d'évaluer le risque sanitaire présenté par chacune d'entre elles pour les populations à risque (enfants, femmes enceintes). Dans cette note technique*, l'InVS avait souligné que le plomb était couramment utilisé pour des produits, matériaux ou objet divers, qui n'étaient pas normalement à usage des enfants mais avec lequel ils pouvaient être accidentellement en contact voire intoxiqués. C'est pourquoi l'Institut avait recommandé de bannir l'usage du plomb dans les produits pour lesquels il existait des solutions de remplacement économiquement acceptables.
Suite à ces recommandations, la Direction générale de la santé avait souhaité disposer d'un argumentaire et que soit refait le point des données épidémiologiques disponibles.

C'est dans ce cadre que l'InVs vient de publier une note technique** sur l'intérêt de limiter les usages du plomb dans certains produits de consommation. Concernant la prévention, l'InVS indique que les réglementations existantes concernant les objets destinés aux enfants sont souvent ignorées par les fabricants, et que les importateurs ne mettent pas en place des contrôles de qualité suffisants. L'institut souligne en outre que la réglementation Française concernant les jouets, ne couvre qu'imparfaitement les risques du fait de définitions restrictives de son domaine d'application. Par exemple, un bijou destiné aux enfants n'est pas un jouet, et un jouet destiné à un enfant de plus de 6 ans n'est pas soumis aux tests de relargage du plomb.
En outre l'institut précise que le risque lié à la succion d'objets en plomb trop grands pour être avalés n'est pas pris en compte par la réglementation française. Pire, tous les produits mis en cause dans des intoxications saturnines relevées dans la littérature internationale et concernant des enfants, auraient pu être fabriqués avec un autre matériau ne présentant pas de risque.

De ce fait, pour limiter les usages du plomb dans les produits de consommation, l'InVS recommande notamment de limiter la concentration en plomb total dans les jouets, de veiller à ce que les médecins soient bien informés des symptômes de l'intoxication saturnine et d'améliorer l'information des consommateurs. Un site Internet de l'État ou d'une agence de l'État devrait mettre à disposition une information claire et impartiale, comme cela existe dans d'autres pays, note le rapport.

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Glossaire

Plomb (Pb) Saturnisme

Réactions3 réactions à cet article

 
RECHERCHE DE PLOMB

Depuis plus de 10 ans la recherche de plomb est effectuée dans les copropriétés, les appartements à vendre. Normalement, il n'y a plus de peinture au plomb en vente, ou autres produits ayant pu en contenir. De plusdans le cas d'un mur infecté, un traitement est obligatoire. Pourquoi l'Etat exige toujours la recherche du plomb et comme celle d'amiante sont reconductiles ?

Anonyme | 07 février 2008 à 16h40
 
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Re:RECHERCHE DE PLOMB

Les enduits et peintures contenant du plomb ont pu être recouverts, mais très rarement totalement enlevés, du fait de la difficulté à gérer les déchets de chantier toxiques. Le carbonate de plomb, très lixiviable, est en effet potentiellement entraîné par les eaux pluviales vers les cours d'eau et les nappes phréatiques. Les boiseries plombées ne peuvent être simplement brûlées en TIRU sans dégager des rejets atmosphériques toxiques.
Ainsi, si ces enduits et peintures redevienent accessibles suite à des désordres du bâti comme les dégats des eaux, des infiltrations (toitures, façades, sols) ou des mouvements de sols, ils seront de nouveau toxiques.
La détection du plomb reste donc d'actualité.
De surcroît, les professionnels sont désormais confrontés à l'identification de peintures plus récentes, en particulier des miniums sur les éléments métalliques, qui semblent plus toxiques qu'il n'était jusqu'à présent admis, à l'analyse d'acido-solubilité.

Y.Buisson | 20 mars 2008 à 09h28
 
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pipeau

C'est bien, mais pourquoi les maires assistés par les S/Préfets, DDE et autres signent-ils des permis de construire en zones contaminées par le plomb, cadmium, arsenic...? C'est le cas en Beaujolais urbain . Aucun suivi sanitaire n'est prévu. L'INVS et ses études ne servent apparemment à rien .

bourquin | 30 avril 2008 à 08h23
 
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