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Une amélioration insuffisante de l'acidité des eaux de pluie en France

D'après une étude Météo-France, malgré une baisse de l'acidité des eaux de pluie ces trente dernières années, les milieux naturels et les écosystèmes continuent à être touchés.

Biodiversité  |    |  Lauriane Rialhe  |  Actu-Environnement.com
   
Une amélioration insuffisante de l'acidité des eaux de pluie en France
   

De 1977 à 2009, Météo-France a passé au crible la composition chimique des précipitations dans trois stations de son réseau : Abbeville dans la Somme, Carpentras dans le Vaucluse, Gourdon dans le Lot. Et sur la période étudiée, l'acidité est en baisse. À savoir que les précipitations ont naturellement un pH acide compris entre 5 et 7, et qu'elles sont considérées acides lorsque le pH est inférieur ou égal à 5,6. Sur les trois sites suivis, le pH moyen augmente entre 1980 et 2008.

D'après le bilan de l'étude relayé par le Commissariat général au développement durable (CGDD), "si les précipitations restent acides, leur pH est systématiquement supérieur à 5 depuis 2005 et s'approche du niveau naturellement observé dans les eaux de pluie". Une tendance à la hausse du pH, et donc à la baisse de l'acidité, observée dans plusieurs pays européens, notamment en Autriche où l'on observe une baisse de 40% des dépôts de sulfates (source d'acidité) entre 1984 et 1993, et de 61% en Allemagne entre 1992 et 2000. En France, pour la période 1980-2008, Météo-France observe une baisse de 65% en moyenne sur les trois stations étudiées. L'origine de la plupart des sulfates, un des éléments majeurs des composés dissous dans l'eau de pluie, est l'oxydation des minerais de sulfites, la présence de schistes, ou de déchets industriels.

Parmi les substances contribuant aux retombées acides ou acidifiantes : le dioxyde de soufre (SO2), des oxydes d'azote (NOx) et l'ammoniac (NH3).

Pourquoi cette baisse européenne ?

Si les sulfates présents dans les précipitations peuvent donc être d'origine naturelle, marine principalement (de 7 à 19% sur les stations étudiées), une part importante des sulfates est d'origine anthropique. Issus de l'oxydation du SO2 émis dans l'air en acide sulfurique, le dioxyde de soufre lui-même est émis à 51% par la transformation d'énergie : raffinage du pétrole et production d'électricité principalement. Or, le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa) montre que depuis 1990, les émissions ont baissé de 77% et de 90% depuis 1980. D'ailleurs, sur l'ensemble de la période, tous les secteurs (y compris l'industrie manufacturière, le résidentiel/tertiaire et l'agriculture/sylviculture), ont vu leurs émissions diminuer. Une baisse que le Citepa explique notamment par la diminution des consommations d'énergie fossile du fait de la mise en œuvre du programme électronucléaire, par les dispositions réglementaires environnementales mises en œuvre, ainsi que par les progrès réalisés par les exploitants industriels en faveur de l'usage de combustibles moins soufrés, et l'utilisation de filtres.

Les oxydes d'azote (NOx) proviennent, eux, majoritairement des transports routiers et dans une moindre mesure des secteurs de l'agriculture, de la sylviculture et de l'industrie. Les dépôts moyens de nitrates (NO3), exprimés en équivalent azote, fluctuent selon les années. Ils diminuent en début de période pour atteindre une baisse finale de 39% entre 1980 et 2008, mais restent finalement stables. Selon le Citepa, la baisse d'émission de NOx dans le secteur du transport routier s'explique par des procédés simples comme l'équipement progressif des véhicules en pots catalytiques, ou encore la substitution de combustibles en faveur du gaz naturel et l'arrêt de certaines installations. Quant au secteur de l'agriculture, ses émissions ont baissé de 26,6% depuis 1990 "du fait du renouvellement du parc des tracteurs et des autres engins".

Entre 1980 et 2009, les dépôts moyens d'ammonium, provoqués par l'ammoniac (NH3), sont globalement stables. L'ammoniac (NH3) est émis dans l'air majoritairement par le secteur de l'agriculture, et plus particulièrement l'élevage. Sur la période, les émissions de NH3 ne diminuent que de 6% selon le Citepa. Les fluctuations observées dans les émissions de l'agriculture, selon les années et les régions, seraient liées à l'évolution du cheptel et de la quantité de fertilisants épandus. L'augmentation constatée entre 2007 et 2008 résulterait donc, "d'une part, de l'utilisation accrue de fertilisant synthétique liée à la suppression de la jachère obligatoire et donc à l'augmentation des surfaces agricoles, et d'autre part, de la part croissante d'engrais sous forme d'urée fortement émetteur de NH3". Quant à la baisse constatée entre 2008 et 2009, elle s'expliquerait principalement par une baisse du prix des matières premières agricoles fin 2008, qui aurait incité les agriculteurs à consommer moins d'engrais lors de la campagne agricole (2008-2009).

 
Dépassement de la charge critique d'acidité Peu touchée par l'acidification, la France exportait, en 1997, 70% de ses émissions de SO2 et 63% de ses émissions de NOx à travers l'Europe. Le 1er décembre 1999, la Commission économique pour l'Europe des Nations Unies (CEE-NU) a obtenu de 26 pays européens, dont la France, qu'ils s'engagent à respecter, dans le cadre du protocole de Göteborg, des plafonds d'émissions afin de réduire les impacts de la pollution atmosphérique sur la santé et l'environnement. Bien plus tard, l'arrêté du 30 juillet 2003, entré en vigueur au 1er janvier 2008, vient fixer des valeurs limites d'émission pour les installations existantes : la charge critique d'acidité définit donc la quantité maximale de dépôts acidifiants qu'un écosystème peut supporter à long terme sans subir de dommages en l'état actuel des connaissances.
 
Les écosystèmes dégradés par l'acidité

La pollution acide peut impacter les forêts, les sols et les milieux aquatiques et modifier les équilibres chimiques de ces milieux naturels. Elle appauvrit les sols en minéraux nécessaires à la nutrition des végétaux : calcium, potassium, magnésium, au profit des cations acides (protons, aluminium), et favorise le passage dans l'eau de métaux contenus dans les sols ou dans des matériaux.

En Europe, les dépassements des charges critiques d'acidité étaient estimés à plus de 15% des surfaces en 1985. En 2005, la situation s'améliore avec 8% des écosystèmes européens concernés par des dépassements des charges critiques d'acidité, localisés essentiellement dans les pays de l'Europe septentrionale (Suède, Finlande…). En France, ces dépassements sont estimés à 10%, et les régions les plus touchées étant les Vosges, les Ardennes et les Landes. Dans le bilan de l'étude Météo-France, le Commissariat général du développement durable (CGDD) rappelle que "pour les zones où la charge critique d'acidité a été dépassée, plusieurs décennies seront nécessaires pour que certains écosystèmes dégradés retrouvent leur état initial". D'ailleurs, les écosystèmes dont la charge critique est toujours dépassée ne sont pas en voie de restauration.

Réactions1 réaction à cet article

 

je serais bien curieux de savoir ce que sont les niveaux d'acidité en Allemagne...avec leur centrales a charbon qui crachent du souffre en permanence !

Moise44 | 18 août 2011 à 05h22
 
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