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Le plus grand port fluvial de France touché par le fléau du Myriophylle

Cauchemar aquatique qui a envahi les canaux de nombreux départements, le Myriophylle hétérophylle est devenu incontrôlable. Dans le port de Saint-Jean-de-Losne sur les rives de la Saône, différentes techniques de lutte sont actuellement expérimentées.

Reportage vidéo  |  Biodiversité  |    |  Romain Pernot  |  Actu-Environnement.com

Originaire d'Amérique du Nord, cette plante exotique vendue comme décoration d'aquarium s'est un jour retrouvée dans un cours d'eau… Et c'est là que les problèmes ont commencé. « Le Myriophylle hétérophylle se reproduit par bouturage. Un seul fragment d'un centimètre est capable de former des racines et de venir se réimplanter dans un milieu vierge », précise Karine Pascal, responsable du bureau environnement aux Voies navigables de France (VNF).

Une fois la plante repérée en 2017 à Saint-Jean-de-Losne (Côte-d'Or) dans le plus grand port fluvial de France, des opérations de coupe sont rapidement entreprises. Mais rien n'y fait, la plante colonise tout… Elle peut pousser de 30 centimètres par semaine. Conséquence : un impact massif sur la biodiversité mais aussi sur les activités humaines. Notamment le tourisme fluvial, qui représente plus d'un milliard d'euros de retombées économiques pour le territoire.

Pour lutter contre le développement exponentiel de cette espèce invasive exotique, quatre méthodes sont à l'essai dans le port : l'ensemencement de bactéries rentrant en concurrence avec la plante, la diffusion d'un colorant naturel qui inhibe la photosynthèse des plantes en entravant les rayons du soleil ; des remous qui mettent en mouvement l'eau stagnante et perturbent l'implantation du Myriophylle ; et des rideaux de bulles à l'entrée du port qui empêchent les échanges avec la Saône.

« Ces différentes techniques viennent chacune agir sur un facteur qui favorise le développement de la plante. On essaye de comprendre quelles sont les techniques qui fonctionnent ensemble, et s'il faut privilégier une technique plutôt qu'une autre ou en associer plusieurs», souligne Karine Pascal.

Les résultats de l'expérimentation seront dévoilés début 2023. En parallèle, un partenariat avec l'université de Lorraine a été mis en place pour tenter de cerner le comportement de la plante. Une urgence car d'après les derniers relevés, le Myriophylle a été observée sur les bords de la Saône alors qu'il ne poussait jusqu'à présent que dans des eaux stagnantes du port, preuve de son effrayante capacité d'adaptation.

Réactions4 réactions à cet article

 

Bonjour, dommage que dans cet article nous n'avons que le point de vue des gestionnaires du port qui considèrent principalement l'impact de l'invasion de la plante sur les activités humaines. J'aurais apprécié avoir l'avis d'écologues avec une analyse sur les intérêts potentiels de la plante sur l'environnement et l'utilisation (humaine et non humaine) qui pourrait en être fait.
Ensuite, il est évident qu'une plante exotique commercialisée se retrouve dans notre environnement. Ce résultat n'est qu'une grossière erreur de notre système économique général.

Alonzy | 06 août 2022 à 08h30
 
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Canaux = eaux plus ou moins stagnantes, d'où réchauffement, proliférations algales, désoxygénation, eutrophisation. Et comment voulez-vous alimenter des canaux avec des cours d'eau qui sont eux-mêmes en mauvais état? On peut l'admettre pour ce qui est du transport fluvial commercial. Quant au tourisme de promenades touristiques en pénichette c'est très agréable, mais le coût de l'entretien est sans commune mesure avec le tourisme pour tous ceux qui ont les moyens de s'offrir ce loisir. Et c'est le modèle qui est pourtant proposé en ce moment en Bretagne, par des élus qui pensent surtout à faire parler d'eau avec des "projets" bien médiatisables, comme la construction d'un ascenseur à péniches (vous avez bien lu). Les poissons migrateurs et autres espèces piscicoles? La qualité de l'eau? On s'en fout!

petite bête | 09 août 2022 à 17h38
 
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Alonzy, Si la plante n'avait pas été dans le commerce, elle ne serait pas dans la rivière! C'est du bon sens, mais ce qui est la cause principale et bien réelle, c'est qu'un individu a rejeté cette plante en eau vive, et pourquoi pas avec son poisson rouge !
Interdire la vente de plantes exotiques n'est pas possible et si c'était le cas, nous n'aurions pas beaucoup de d'arbres dans les parcs, de fleurs dans nos jardins,...Pour moi, c'est l'irresponsabilité des utilisateurs qui est en cause, tout comme on ne peut pas interdire la vente de couteaux en France en raison des risques d'une utilisation meurtrière.

jmf | 10 août 2022 à 10h32
 
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En fait, comme pour la jussie, propagée par des aquariophiles, comme la taxifolia propagée à Monaco par le muséum (!) et qui met en danger les herbiers de posidonies, il s'agit d'échappements involontaires, par simple rejet dans le réseau d'évacuation des eaux pluviales. Lorsque vous changez l'eau d'un aquarium, de minuscules algues correspondant aux plantes contenues dans l'aquarium se retrouvent dans le milieu et peuvent s'y établir et proliférer, et cela malgré les stations d'épuration. Je n'évoquerai pas l'irresponsabilité des acheteurs de ces espèces, mais celle des vendeurs et de ceux qui en ont autorisé la diffusion et la vente. Il y a aussi les espèces qui sont arrivées par les navires, dont la plus importante est la corbicule qui, si elle filtre remarquablement les eaux (en particulier de la Loire), consomme une trop grande partie du phytoplancton nécessaire aux autres espèces et au final, aux poissons. Il est vrai qu'avec l'invasion des silures (prédateur sans régulateur), il n'en reste déjà pas beaucoup.

petite bête | 10 août 2022 à 12h12
 
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