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Le plutonium découvert dans la Seine n'entraîne pas de risque sanitaire, estiment l'ASN et l'IRSN

Une pollution au plutonium a été décelée dans les sédiments de la Seine. Son origine est due en partie aux rejets d'effluents liquides du centre du CEA à Fontenay-aux-Roses. L'impact dosimétrique est jugé faible par l'IRSN et l'ASN.

Risques  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Le plutonium découvert dans la Seine n'entraîne pas de risque sanitaire, estiment l'ASN et l'IRSN

"L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) considère que [l'impact dosimétrique maximal des rejets des effluents liquides des installations du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Fontenay-aux-Roses (Haut de Seine) sur les populations les plus exposées], évalué à un maximum de 0,12 millisievert (mSv) par an, est faible et ne devrait pas entraîner de risque sanitaire", a indiqué l'ASN, mardi 17 juin, rappelant que "la dose annuelle moyenne due à la radioactivité naturelle que reçoit un individu en France est de l'ordre de 2,4 mSv et la dose moyenne due aux examens médicaux est de 1,3 mSv". Ces résultats ne nécessitent pas la mise en place de mesure de suivi et de protection, conclut l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) qui a réalisé l'évaluation de l'impact sanitaire de cette pollution.

Cette évaluation a été réalisée dans le cadre d'un programme de recherche, engagé en 2008 et appelé Rhapsodis, visant à reconstruire l'historique des contaminations en particules radioactives dans la Seine. L'IRSN a analysé les radionucléides présents dans des sédiments du fleuve et a informé l'ASN en 2010 de la présence de concentrations anormales de plutonium dans des carottes de sédiments. Dans son avis rendu le 4 février, l'IRSN évoque des "concentrations singulières en plutonium".

   
Carte de la vallée de la Seine © IRSN
 
   
Travaux sur le plutonium à Fontenay-aux-Roses

Ces anomalies ont été décelées dans des sédiments prélevés dans le bassin des docks de Rouen (Seine-Maritime) et dans le bras mort de la Seine à Bouafles (Eure), en amont de Rouen. "Les anomalies correspondent à des dépôts ayant eu lieu en 1961 et 1975", explique l'ASN. L'activité des sédiments du bassin des docks de Rouen est de l'ordre de 5 becquerels par kilogramme (Bq/kg) et l'activité des seconds échantillons d'environ 2 Bq/kg.

En 2011, l'ASN a demandé au CEA d'établir l'origine de la contamination et à l'IRSN d'évaluer son impact sanitaire.

"L'origine précise de l'anomalie de 1961 n'a (…) pas été identifiée", rapporte l'ASN. L'IRSN explique pour sa part qu'"il n'est pas exclu que [son] origine (…) soit en partie industrielle", l'autre partie ayant pour origine les retombées atmosphériques des essais d'armes nucléaires.

Quant à celle de 1975, "le CEA a confirmé que le marquage des sédiments de la Seine (…) était lié aux activités de recherche sur les procédés de retraitement et de séparation des transuraniensqu'il menait à cette époque sur le site de Fontenay-aux-Roses", explique l'ASN. En l'occurrence, elle est probablement liée à un incident datant du 30 janvier 1975, détaille l'IRSN. Des effluents contenant du plutonium 238 ont été mélangés par erreur à des effluents "douteux", c'est à dire susceptibles d'être rejetés après analyse. Le contenu d'une des cuves de stockage des effluents douteux a été effectivement rejeté aux égouts, sans connaissance des résultats d'analyses. Quelque 18 milliards de becquerels de plutonium 238 auraient ainsi été déversés.

"Depuis leur création, les installations du CEA de Fontenay-aux-Roses sont autorisées à rejeter des effluents liquides dans les réseaux d'eaux usées, sous certaines conditions", explique l'Autorité, précisant qu'ils "ont pu être rejetés directement en Seine ou être traités par la station d'épuration d'Achères avant leur rejet en Seine".

Les maraîchers d'Achères sont les plus exposés

Cette situation a conduit l'ASN à demander à l'IRSN une évaluation de l'impact radiologique de ces rejets, notamment parce que "les boues de la station d'épuration issues du traitement ont pu par ailleurs être épandues dans les champs voisins".

A l'issue de son expertise, l'IRSN a qualifié de "faible" l'impact dosimétrique maximal sur la population potentiellement exposée. "Il est évalué à 0,12 mSv sur une année", rapporte l'ASN, précisant que "ce calcul d'impact est fondé sur différents scénarios, prenant en compte plusieurs situations de transfert à l'homme : agriculteur qui travaille dans un champ où les boues de la station d'Achères sont épandues ou irrigué par les eaux de la Seine, résidents qui consomment des aliments provenant de ces champs ou de leur potager, etc".

Et l'IRSN de préciser que "l'essentiel de la dose reçue par [la population étudiée] (95%) est due à l'exposition interne par inhalation de plutonium mis en suspension lors des travaux dans les champs".

Réactions9 réactions à cet article

 

On oublie de préciser que le plutonium est sûrement la substance la plus toxique sur cette Terre et qu'elle n'est pas uniquement dangereuse du fait de sa radioactivité. Il ne faut pas oublier que la radioactivité naturelle s'ajoute aux radioactivités médicales et accidentelles (comme ici) et ne doivent pas être considérés une à une quant il s'agit de calculer la dose reçue annuellement. Mais bon, si l'ASN nous assure qu'il n'y a aucun danger, je dors sur mes deux oreilles.

EctO | 20 juin 2014 à 08h51
 
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Comme d'habitude, chaque fois qu'on est confronté à problème sanitaire nucléaire, le message est identique : "pas de risque". C'est ce qui s'est passé pour Tchernobyl.
Pour Bordeaux-La Hague-Fukishimu, on estime préférable de ne pas nous en parler tellement le problème est insignifiant...
Donc plutonium dans les cours d'eau = pas de risque sanitaire.

Alors c'est vrai, les seuils de radioactivité dans la Seine sont faibles, mais comme le fait remarquer EctO, ce sont les doses cumulées qui compte. Et quand on additionne toutes les petites sources insignifiantes quotidiennes...

Jetter un thermomètre au mercure dans la nature est interdit, pourtant le mercure est moins dangereux que le plutonium et la quantité dans un thermomètre est moindre que le plutonium dans la Seine. Alors pourquoi interdite le rejet de mercure ? Tout simplement parceque à force de doses cumulées, les dégâts deviennent insurmontables.

Tout le monde le SAIT (il ne s'agit plus de croire ou non). Ne vous laissez pas être désinformé.

"Le plutonium découvert dans la Seine entraîne un risque sanitaire", estime Zugzwang.

Zugzwang | 20 juin 2014 à 12h06
 
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à Ecto
Le plutonium 239 est naturellement présent dans la croûte terrestre à des niveaux de 50µBq/kg et la planète en produit annuellement entre 4 à 30 kg par an par fission spontanée et/ou bombardement de rayons cosmiques sur U 238. Sans parler des apports forcés par les centrales au charbon mondiales qui envoient annuellement 7000 tonnes d'uranium dans la haute atmosphère où une partie se transforme en plutonium toujours par bombardement cosmique...

le plutonium naturel serait moins toxique uniquement parce que ce sont les anti-nucléaires qui le décident ou c'est parce qu'il tirent d'un capital social et matériel substantiel en se substituant aux médecins et aux physiciens quand il s'agit de parler des risques sur la santé?

Bernard | 20 juin 2014 à 13h11
 
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Et toujours le même reflet: Le risque O n'existe pas! Plutonium, Mercure, pas de problème , ce ne sont que des traces! et pourtant, nous savons que le methyl-mercure est présent dans les sédiments de l'Ill en Alsace jusqu'à Sélestat en provenance de...Thann , mais qui ,heureusement a abandonné la procédure de l'electrolyse du sel et ne rejette plus dans le contre-canal ,affluant de la Thur puis de l'Ill.
Quand au CEA, oui, des eaux contaminées ont été rejetées dans la Seine , mais en très faibles doses , assurées d'une longue durée de vie!

arthur | 20 juin 2014 à 13h14
 
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On n'avancera jamais tant que les amateurs de théories du complot et autres spécialistes du "j'en sais rien mais j'en parle quand même" continuerons de mélanger les notions de "dangers" et de "risques". Mais bon, il est tellement plus facile et confortable de faire peur ...

pfiouuu | 23 juin 2014 à 10h15
 
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Il y a deux types de communication en matière de radioactivité.

La première c'est de dire qu'il n'y a aucun danger...

L'autre c'est de cacher l'information comme chez nos voisins Suisses :
"D’importantes sources de radium hautement radioactif ont été trouvées dans une ancienne décharge de la ville de Bienne par les autorités qui ont choisi de ne pas diffuser l’information..."

eco julo | 24 juin 2014 à 10h03
 
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L'éternel besoin de transparence ... ce qu'on appelle "transparence" est souvent le reflet de ce que choisissent de dire les médias grand public, c'est tout et aussi bête que cela. Les gens sont la plupart du temps paresseux, s'ils ne voient rien dans les 2 ou 3 premières lignes de leur média préféré ils en concluent qu'il n'y pas d'actualités ...
Allez faire un tour sur le site de l'ASN ou de l'IRSN, si toutes les industries étaient soumises aux mêmes règles de transparence je crois qu'on ferait beaucoup de progrès ...

pfiouuu | 24 juin 2014 à 11h50
 
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quelques Becquerels par kilo, c'est négligeable devant la radioactivité naturelle du granit breton (ou d'ailleurs). Et la toxicité correspondante est également négligeable devant celle de des métaux lourds de l'air de n'importe quelle ville. Le reste n'est que mauvais esprit ou récupération politicienne.

dmg | 26 juin 2014 à 22h14
 
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@pfiouuu. Bien pire : si on appliquait le même niveau d'exigence aux industries, il n'y aurait plus aucune industrie depuis longtemps...

dmg | 26 juin 2014 à 22h17
 
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