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Petites entreprises : la transition écologique est incontournable pour garder des parts de marché

Les petites entreprises vont devoir prendre à bras le corps la transition écologique et environnementale si elles ne veulent pas perdre leur business. BPI France se positionne pour les convaincre et les accompagner financièrement.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°354 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°354
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L'organisation de la COP 21 à Paris est l'occasion pour de nombreuses entreprises de mettre en avant leurs solutions et/ou leurs efforts en matière de transition énergétique et environnementale (TEE). De grands groupes notamment se positionnent. Plusieurs sont d'ailleurs mécènes de la conférence internationale. Mais concrètement sur le terrain tout reste à faire. Et notamment dans les PME (moins de 250 salariés) et ETI (entre 250 et 4999 salariés).

Convaincue que la transition énergétique et environnementale constitue une "révolution d'une importance et d'une ampleur au moins aussi grande que la transition numérique en cours", la banque publique BPI France a souhaité connaître le niveau de prise en compte de cet enjeu par les PME et ETI via leur salariés. Il ressort d'un sondage de 1.000 collaborateurs que, pour ces entreprises, la TEE est principalement poussée par les normes et les lois. Elle est perçue par conséquent comme une contrainte supplémentaire, d'ordre économique.

La plupart des salariés (84%) observent donc un décalage net entre le discours environnemental porté par leur entreprise et la réalité qu'ils constatent au quotidien. L'écologie est vécue comme une surcouche, une rustine qu'il faut ajouter à son activité pour se plier aux normes réglementaires mais très peu comme un levier d'innovation et de développement, au grand dam de BPI France : "En n'y voyant qu'un sujet règlementaire et contraignant, les entreprises se privent des leviers positifs de l'écologie. Elles se mettent en risque en sous-estimant la mutation écologique de la société, alerte BPI France dans son étude. Avec cette transition il y aura de grands gagnants et de grands perdants. La concurrence ne se jouera plus entre les grands et les petits mais entre les rapides et les lents", prévient la banque. BPI France appelle donc toutes les entreprises à faire de la TEE l'une de leur priorité. Elle prévoit d'ailleurs de les soutenir à hauteur de 4 milliards d'euros d'ici à 2018.

700 millions d'euros pour les PME

A travers l'ensemble de ses dispositifs, BPI France a financé la transition énergétique et environnementale dans les entreprises à hauteur de 800 millions d'euros par an depuis 2011. A l'horizon 2018, l'établissement entend accentuer son action envers les producteurs d'énergies renouvelables en fonds propres avec un objectif de 400 millions d'euros entre 2015 et 2018 et en cofinançant des projets avec les banques (objectif de 800 M€ par an). Les industriels innovants sont également ciblés par des interventions directes en fonds propres, des subventions et des avances remboursables.

Pour les PME et les ETI, BPI France leur réserve 700 millions d'euros sur quatre ans. Elle cible surtout l'efficacité énergétique et mise sur ses prêts verts. Ces prêts de 100.000 euros à 3M€ d'une durée de sept ans doivent aider les entreprises à intégrer dans leur processus de fabrication industrielle des équipements plus économes, moins polluants ou conduisant à des produits éco-efficients. "En matière de transition énergétique, la phase d'investissement en amont est conséquente, ces prêts verts à taux bonifiés sont incitatifs", a expliqué Régis Lemoine, chargé d'affaires financement chez BPI France lors de la présentation de l'étude.

BPI France veut convaincre

Selon un premier bilan des prêts verts octroyés ces dernières années (449 entre octobre 2010 et décembre 2013), BPI France constate que ces produits financiers ont attiré des entreprises plus performantes et innovantes que la moyenne. La banque cherche à convaincre désormais les autres PME et ETI à sauter le pas. Surtout que 74% des salariés interrogés dans le sondage pensent que leur entreprise pourrait aller plus loin en matière d'innovation écologique.

Et les arguments sont nombreux : "La TEE est un puissant levier de différenciation stratégique et d'innovation, prône BPI France. Aujourd'hui plus aucun appel d'offres public ne fait l'impasse sur la prise en compte des enjeux environnementaux", argumente-t-elle. Rappelons qu'une réforme de la commande publique a été annoncée pour début 2016. Les objectifs sont de mieux prendre en compte les critères environnementaux, sociaux, et d'ouvrir davantage la commande publique aux PME. "Le climat pour les PME c'est de la compétitivité car elles sont les fournisseurs de grands groupes toujours plus investis sur la question", confirme Marc Jacouton, président du Club PME Climat du Global Compact France.

La TEE est également une stratégie pour maîtriser les coûts (énergie, ressources naturelles) et répondre à une nécessité "marketing" face à un marché en mutation : "Les entreprises font face à des exigences écologiques de plus en plus marquées de la part des clients en BtoC. La pression écologique se fait également de plus en plus visible en BtoB", remarque BPI France. Toutes les parties prenantes des entreprises les poussent à s'engager dans la transition environnementale à l'image de leurs établissements financiers. Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont de plus en plus pris en compte dans les décisions de financement (ISR). "Plus aucune entreprise ne peut faire l'impasse sur l'enjeu de la TEE dans l'élaboration de ses projets d'investissements au risque de voir ses sources financières se tarir", prévient BPI France. A bon entendeur…

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