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Adaptation aux changements climatiques : NKM présente un Plan en 80 actions et 230 mesures

Ce sont finalement 80 actions déclinées en 230 mesures qui constituent le premier Plan d'adaptation français. Bénéficiant d'un financement dédié de 171 millions d'euros, l'effort repose néanmoins avant tout sur les collectivités locales.

Gouvernance  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
   
Adaptation aux changements climatiques : NKM présente un Plan en 80 actions et 230 mesures
   

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, a présenté ce mercredi 20 juillet 2011 le Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC) élaboré conjointement par une quinzaine de directions générales ministérielles. Articulé autour de 80 actions, le Plan propose 230 mesures pour la période 2011-2015 et a vocation à initier une suite de "plans quinquennaux." La mise en œuvre du plan sera évaluée par un comité prévu à cet effet et qui réunira des représentants des cinq collèges du Grenelle.

Une mise en œuvre tributaire des collectivités

"Il faut que les collectivités partagent notre projet", explique Nathalie Kosciusko-Morizet précisant que "beaucoup [des mesures proposées] passent par les collectivités locales." De même les entreprises seront mises à contribution via la révision de certaines règles propres aux Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) et via l'adaptation de l'agriculture. Enfin, l'amélioration du confort d'été des bâtiments dépendra pour une bonne partie des efforts que mettront en oeuvre les particuliers. "On met de l'adaptation dans les outils existants", résume Nathalie Kosciusko-Morizet, citant les Plans locaux d'urbanismes (PLU), les règles ICPE et le schéma national des infrastructures de transport (SNIT).

Quant au coût des mesures annoncées, la ministre juge qu'il est "difficile à chiffrer" en particulier parce que "relativement peu de mesures ne vise que l'adaptation." Néanmoins, le Plan bénéficie d'un budget dédié de 171 millions d'euros. S'y ajoutent diverses sommes, et notamment les 391 millions d'euros alloués via les Investissements d'avenir et "[participant] de près ou de loin à l'adaptation", les 500 millions d'euros prévus pour le financement du plan submersion rapide pour la période 2011-2016 et le plan sécheresse.

Deux scénarios

Le climatologue et vice-président du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) Jean Jouzel, chargé par la ministre d'élaborer les scénarios de référence sur lesquels s'appuie le PNACC, explique avoir retenu deux hypothèses : le scénario B2 du GIEC, qui prévoit une hausse moyenne des températures mondiales de 2 à 2,5°C d'ici 2100 par rapport à l'ère préindustrielle, et le scénario A2 qui prévoit une hausse de 3 à 3,5°C.

Ces deux scénarios prévoient, de manière plus ou moins marquée, des hausses de températures plus importantes dans le Sud Est de la France et en été. De même, selon Jean Jouzel, les canicules devraient être plus marquées avec des températures maximales en hausse de 4 à 5°C par rapport aux maximales actuelles et une possible multiplication par cinq du nombre de journées caniculaires. Quant aux précipitations, le climatologue s'appuie notamment sur l'étude Climsec menée par Météo-France avec le CNRS qui anticipe une baisse du volume global des précipitations associée à une augmentation des événements extrêmes.

Quatre axes majeurs et prioritaires

Plutôt que de présenter l'intégralité des 230 mesures, Nathalie Kosciusko-Morizet a insisté sur les "quatre axes majeurs et prioritaires" que sont l'adaptation aux sécheresses, la problématique sanitaire, l'aménagement du territoire et la politique forestière.

S'agissant de la préservation des ressources aquatiques, le PNACC mise sur des mesures pour économiser 20% de l'eau prélevée en 2020. Annoncé de longue date par la ministre, cet objectif se décline via des actions comme les programmes de détection et réduction des fuites dans le réseau et l'aide à la récupération des eaux de pluie ou des eaux usées. Reste que pour les associations environnementales, certaines mesures, comme la réalisation de retenues collinaires pour subvenir à certains besoins agricoles, sont inappropriées.

Concernant la question sanitaire, le PNACC prévoit de développer les savoirs sur les maladies émergentes et de renforcer les dispositifs de surveillance. Pour cela, le Plan propose en particulier la création d'un groupe de veille santé-climat au sein du Haut conseil de la santé publique (HSCP) chargé d'évaluer les données, d'alerter et de faire des recommandations aux pouvoirs publics.

En matière d'aménagement du territoire, l'objectif est d'assurer que les investissements publics dans les infrastructures, notamment les infrastructures de transport, sont pertinents face aux nouveaux aléas climatiques. Ainsi, le Plan prévoit de renforcer l'observation des côtes françaises, d'intégrer le risque de submersion dans les plans littoraux et de revoir les normes techniques pour la construction des routes.

Quant à la forêt, les deux objectifs prioritaires sont la diversification des espèces et la prévention des incendies. Le plan prévoit ainsi d'adapter de nouvelles générations d'arbres à travers la diversification des ressources génétiques, d'identifier des espèces résistantes et d'aider financièrement les exploitants forestiers à engager cette mutation.

La politique d'atténuation n'est pas abandonnée

Enfin, si le PNACC met l'accent sur l'adaptation, la ministre a affirmé que la stratégie d'adaptation n'est pas réalisée "à défaut de faire de l'atténuation." Indépendamment des résultats de la conférence onusienne de Durban (Afrique du Sud), les changements climatiques sont une réalité à laquelle il convient de se préparer, a estimé Nathalie Kosciusko-Morizet. "On part de l'idée que plus on s'y prend tôt, moins c'est coûteux", explique la ministre, précisant que la France est le premier Etat de l'Union européenne à avoir élaboré un plan d'adaptation.

"Nous avions le sentiment que l'adaptation masquerait l'impératif absolu des actions d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre", reconnaît Jean Jouzel qui juge néanmoins qu'aujourd'hui il devient nécessaire de préparer l'adaptation car "tout est joué" s'agissant des premiers impacts significatifs attendus au cours des vingt prochaines années.

Réactions3 réactions à cet article

 

La première mesure à prendre c'est de limiter la croissance démographique en limitant les allocations familiales (sans effet rétroactif) à deux enfants par femme. C'est de l'inconscience d''imaginer qu'on va consommer moins en étant toujours plus nombreux.

René Varenge | 21 juillet 2011 à 09h33
 
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je pense que si on euthanasiait tous les R.V on aurait déjà une partie de la solution.
Trêve de plaisanterie, je trouve désolant que nos élus jouent à l'autruche. Depuis qu'on parle de réchauffement, au lieu de nous organiser pour le limiter, on va s'organiser pour s'y adapter... jusqu'à quelle température?
Et ils en parlent comme s'ils avaient trouvé quelque chose d'intelligent!!!

Bioclim | 22 juillet 2011 à 14h16
 
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Bioclim
Sauf que moi je n'ai pas proposer d'euthanasier qui que ce soit, on ne peut pas en dire autant de vous. Et quelles solutions concrètes proposez vous pour limiter le changement climatique ?

René Varenge | 22 juillet 2011 à 14h57
 
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