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Afrique : les défis de l'adaptation au changement climatique

Alors que la sécheresse et les inondations frappent actuellement l'Afrique, l'ONU insiste sur l'importance d'investir dans des mesures pour renforcer la résilience climatique des pays. Le coût d'adaptation est de 7 à 15 milliards de dollars par an.

Gouvernance  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
Afrique : les défis de l'adaptation au changement climatique

Les investissements dans l'adaptation au changement climatique "peuvent aider à promouvoir les moyens de subsistance de 65% d'Africains en 2050", souligne un nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) publié le 13 août. Alors que l'Afrique accueillera 2 milliards de personnes en 2050, soit le double de la population actuelle, la majorité "dépendra de l'agriculture pour leurs moyens de subsistance".

"Avec 94% de l'agriculture dépendant de la pluviométrie, les effets futurs du changement climatique, notamment l'augmentation des sécheresses, des inondations et de la montée du niveau de la mer, peuvent réduire le rendement des cultures dans certaines régions d'Afrique de 15 à 20%", a prévenu Achim Steiner, Directeur exécutif du Pnue.

L'impact des phénomènes météorologiques extrêmes, qui frappent actuellement le continent, est étroitement lié au degré de préparation des pays ainsi qu'à leur capacité à réagir. "En intégrant les stratégies d'adaptation au changement climatique dans les politiques de développement nationales, les gouvernements peuvent fournir une transition vers la croissance verte, protéger et améliorer les moyens de subsistance de centaines de millions d'Africains", a ajouté M. Steiner.

D'autant que la sécheresse et les multiples conflits qui sévissent en Afrique de l'Est (Ethiopie, Soudan, Djibouti, Burundi, Ouganda, Somalie, Kenya…) menacent aujourd'hui 14 millions de personnes de famine, a alerté le 9 août le Bureau onusien de coordination des affaires humanitaires (Ocha). Tandis que des pluies torrentielles et inondations impactent, depuis juin dernier, l'Afrique de l'Ouest et centrale entraînant plusieurs dizaines de milliers de sinistrés (Niger, Côte d'Ivoire, Cameroun, Tchad…).

Stocker l'eau, renforcer les capacités communautaires "pour gérer durablement les écosystèmes", améliorer la productivité agricole sont autant de mesures pour limiter la vulnérabilité des populations face au changement climatique.Un projet d'écosystème aquatique dans une collectivité locale au Togo "a conduit à une augmentation de l'accès à l'eau pour l'usage humain, l'agriculture et l'élevage de 488%", cite le rapport.

Financements de l'adaptation

Le continent africain n'est pourtant responsable que de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Aujourd'hui, le coût d'adaptation en Afrique est de 7 à 15 milliards de dollars par an. Si le réchauffement est contenu à 2°C, il "s'élèvera à 35 milliards de dollars par an d'ici 2040 et 200 milliards d'ici 2070", a prévenu le Pnue, dans une étude publiée en novembre 2013, en marge de la conférence sur le climat de Varsovie. Mais si aucune mesure d'adaptation n'est prise, les dommages pourraient coûter "jusqu'à 7% du produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique d'ici 2100 dans un monde à 3,5-4°C".

Les fonds dédiés à l'adaptation en Afrique (hors Banque mondiale et banques nationales de développement) s'élevaient à 743 millions de dollars en 2010 et à 454 millions en 2011. Les fonds nécessiteraient une augmentation moyenne de 10 à 20% par an d'ici à 2020 pour couvrir les coûts de résilience à cette échéance, selon l'étude.

Les pays industrialisés ont promis 100 milliards de dollars par an d'ici 2020, via un Fonds vert annoncé en 2010, pour aider les pays en développement à s'adapter au changement climatique. La première capitalisation du Fonds vert pourrait aboutir avant fin 2014, avec un premier objectif de près de 20 milliards de dollars sur trois ans. Mais "il n'y a aucun aperçu clair du montant qui serait alloué aux pays de la région africaine et de la répartition probable du financement pour les mesures d'adaptation et de réduction", déplore le Pnue.

L'ONU prévoyait 245 projets de mécanisme du développement propre (MDP) en Afrique d'ici 2012 visant à réduire les émissions. La moitié des projets a été menée.

Même avec un scénario de réchauffement inférieur à 2°C d'ici 2050, la malnutrition en Afrique "pourrait augmenter de 25 à 90%", a prévenu Achim Steiner en soulignant la nécessité de développer "des cultures résistantes à la sécheresse, de construire des systèmes d'alerte précoce, d'investir dans les sources d'énergies renouvelables et d'assurer que les effets catastrophiques du changement climatique soient contrôlés ou, mieux encore, évités".

Des réfugiés climatiques

Les conséquences climatiques sur la sécurité alimentaire continuent de pousser les populations à une immigration transfrontalière. Selon le rapport "Global Estimates 2012", publié en mai 2013 par l'International Displacement Monitoring Centre (IDMC) et le Norwegian Refugee Council (NRC), l'Afrique comptait 8,2 millions de déplacés climatiques en 2012. Soit "plus de quatre fois plus qu'au cours des quatre années précédentes". Au Nigeria, 6,1 millions d'habitants ont été contraints à l'exode du fait d'inondations. Les zones arides en Afrique, qui représentent déjà environ la moitié du continent, pourraient croître de 4% d'ici 2100, selon le Pnue.

32,4 millions de déplacés climatiques ont été recensés en 2012 dans le monde. Ils devraient être 250 millions d'ici 2050, selon le Haut commissaire adjoint de l'ONU pour les réfugiés.

La conférence sur le climat prévue à Paris en décembre 2015 pourrait ouvrir la voie à la création d'un statut de déplacé environnemental. En juin dernier, le Tribunal de l'immigration et de la protection néo-zélandais a accordé le statut de réfugié climatique à une famille de l'île de Tuvalu, en Polynésie.

Réactions3 réactions à cet article

 

bonjour!
et l'on continu dans les lamentations!!!
tous avait parlé de ceinture verte, qu'en est-il des suites
et les organisations de l'onu?
pourquoi n'associe-t-on la société civile?

DAOUD | 25 août 2014 à 23h06
 
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Les MDP sont une bidouille de transnationales pour détourner le système en accélérant leur délocalisation industrielle vers la Chine et le Brésil et par là même la mort de l'industrie européenne. Ils sont une des nombreuses preuves tangibles -avec les escroqueries- de l'inanité de ce bidule qu'est le "'marché carbone" défini par l'UE avec l'ETS.
L'UE assène une preuve de plus à ce fiasco qu'est l'ETS en n'abondant pas l'hypocrite "fonds vert" qui n'atteint même pas le montant du budget annuel d'une collectivité locale occidentale moyenne.
Réveillez-vous, les "vertueux".

Albatros | 26 août 2014 à 10h44
 
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Quel est le budget de la Conférence de Paris?
Quel est le budget cumulé des conférences des COP?
Que fait la presse en matière d'information, à part de l'exhortation à la "vertu" et de la pub pour tout ce qui est autoproclamé "bio"?
Au lieu de financer les voyages des superstars écolos, pourquoi ne pas consacrer ces sommes à l'aide pour les pays d'Afrique?

Albatros | 26 août 2014 à 10h48
 
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