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Accord de Paris : des plans de relance verts permettraient de rattraper des engagements insuffisants

Les engagements des États sont insuffisants pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris, rappelle le Pnue. L'organisation onusienne demande aux dirigeants de saisir l'opportunité des plans de relance pour mener des politiques plus ambitieuses.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Malgré la baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) causée par la pandémie de Covid-19, le monde se dirige toujours vers une augmentation de la température moyenne supérieure à 3°C au cours du siècle, constate le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) qui publie, ce mercredi 9 décembre, son « Emissions Gap Report ».

Pour y remédier, le Pnue appelle les États à mettre en œuvre des relances vertes post-Covid 19. Pour l'instant, c'est loin d'être le cas : un quart des membres du G20 ont consacré une part de leurs dépenses de relance à des mesures à faibles émissions, mais, pour l'essentiel, les dépenses ont bénéficié à des secteurs fortement carbonés et n'auront aucun effet perceptible sur les émissions.

Forte hausse des émissions en 2019

Chaque année, en amont de la conférence climat, le Pnue évalue l'évolution du climat sur la base des émissions constatées et des engagements de réduction des émissions de GES des pays. Il met ainsi en lumière l'emissions gap, c'est-à-dire l'écart entre les émissions compatibles avec l'atteinte des objectifs de l'Accord de Paris et les émissions projetées compte tenu des politiques effectivement menées.

Le Pnue constate d'abord qu'en 2019, les émissions totales de GES ont atteint un nouveau sommet à 59,1 gigatonnes d'équivalent CO2 (GtCO2e), en hausse de 2,6 % sur un an. Derrière ce mauvais résultat (la croissance annuelle depuis 2010, n'est « que » de 1,4 %) se cachent des évolutions contrastées selon les sources. Les émissions liées aux activités humaines (énergie, transport, industrie, etc.) ont progressé de 1,1 %. Les émissions liées à l'usage des sols ont été dopées par la forte augmentation des incendies de forêt : elles ont bondi de 13,3 %, s'agissant du CO2, et de 84,6 % s'agissant des autres GES.

Parmi les principaux émetteurs, l'Union européenne, les États-Unis et le Japon affichent des baisses respectives de 3,1 %, 1,7 % et 1,6 % en 2019. À l'inverse, les émissions progressent en Russie (+0,8 %), en Inde (+1,3 %) et surtout en Chine (+3,1 %). À noter que la Chine totalise plus du quart des émissions mondiales et que ses émissions par habitant sont environ 40 % supérieures à la moyenne mondiale. Les États-Unis émettent 14 % des GES mondiaux et ont des émissions par habitant trois fois plus élevées que la moyenne mondiale. Quant à l'Union européenne elle est responsable de 8,6 % des émissions mondiales, pour des émissions par habitant 25 % supérieures à la moyenne.

Mauvaise trajectoire

Pandémie oblige, les résultats provisoires pour 2020 sont très différents : la réduction des déplacements, de l'activité industrielle et de la production d'électricité pourrait entraîner une chute des émissions de l'ordre de 7 %. « Cependant, cette baisse ne se traduit que par une réduction de 0,01°C du réchauffement climatique d'ici 2050 », pondère le Pnue.

Quant aux engagements pris par les États, ils restent insuffisants pour limiter la hausse des températures à 2°C. Actuellement, l'ensemble des mesures proposées placent la température moyenne terrestre sur une trajectoire de hausse de 3,2°C d'ici 2100. « Les niveaux d'ambition doivent être à peu près triplés pour revenir sur la trajectoire des 2°C et être multipliés par cinq, au moins, pour limiter la hausse à 1,5°C », explique le Pnue.

Dans ce contexte, le programme onusien estime que la pandémie constitue une opportunité pour mettre en œuvre rapidement deux stratégies de réduction des émissions : une relance verte et une modification des comportements.

Modifier les modes de consommation

Une relance verte pourrait réduire jusqu'à 25 % les émissions, par rapport aux politiques en place avant la Covid-19. En 2030, les émissions mondiales pourraient être réduites à 44 GtCO2e, au lieu des 59 GtCO2e prévus. « Cette nouvelle trajectoire placerait les émissions mondiales dans la fourchette qui donne 66 % de chances de maintenir la hausse des températures en deçà de 2°C ». Le Pnue recommande d'articuler ces stratégies de relance verte autour de trois priorités : un soutien direct aux technologies et infrastructures zéro émission ; un abandon progressif des subventions aux combustibles fossiles et le renoncement aux projets de centrales au charbon ; et le soutien à des solutions fondées sur la nature, comme le reboisement.

Pour aller plus loin, le Pnue estime qu'il faut déployer des politiques incitant des changements de comportement de consommation. Environ deux-tiers des émissions mondiales sont liées à la consommation des ménages, constate le Pnue. Il revient aux gouvernements de faciliter l'accès à un mode de vie sobre en carbone. Parmi les mesures préconisées figurent l'amélioration de l'efficacité énergétique des logements, le remplacement des vols court-courriers par des liaisons ferroviaires, le développement des infrastructures vélo et du covoiturage, ou encore des politiques de réduction du gaspillage alimentaire.

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