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EnR : l'éolien chinois et les petits projets photovoltaïques européens tirent les investissements mondiaux

Le PNUE publie le bilan 2010 des énergies renouvelables et pointe la croissance de l'éolien chinois et l'importance des petits projets photovoltaïques en Europe. Quant à l'avenir, il juge notamment que le gaz pourrait concurrencer les renouvelables.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
   
EnR : l'éolien chinois et les petits projets photovoltaïques européens tirent les investissements mondiaux
   

"La Chine, et les pays en voie de développement sont actuellement les plus gros investisseurs dans le secteur des énergies renouvelables à grande échelle alors que l'Allemagne continue d'avancer avec les toitures solaires." Telle est la principale conclusion du rapport "Tendances mondiales de l'investissement dans les énergies renouvelables 2011" publié par mardi 5 juillet 2011 par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Un tiers des nouvelles capacités de production électriques

Le PNUE estime qu'en 2010, les investissements mondiaux dédiés aux énergies renouvelables se sont élevés à 211 milliards de dollars, en hausse de 32 % par rapport à 2009. "Les fermes éoliennes en Chine et l'installation de panneaux solaires sur les toits en Europe sont largement responsables de la hausse", avance le PNUE.

Hors grands barrages hydrauliques, l'énergie renouvelable a représenté 8,1 % de la capacité mondiale de production d'électricité dans le monde en 2010, contre 7,1 % en 2009. Par ailleurs, ces énergies ont représenté 34 % des nouvelles capacités de production d'électricité raccordées réseaux l'an dernier.

L'éolien, reste en tête avec près de 95 milliards de dollars investis en 2010, suivi par l'énergie solaire (86 milliards de dollars) et la biomasse et le recyclage des déchets (11 milliards de dollars).

Le Sud progresse…

S'agissant des nouveaux investissements financiers, c'est à dire les investissements pour les projets de grande échelle, "pour la première fois, les économies en développement ont dépassé les pays développés", explique le PNUE, précisant que 72 milliards de dollars ont été investis dans les pays en voie de développement, contre 70 milliards de dollars dans les économies développées. La Chine devient ainsi le nouveau leader mondial avec 48,9 milliards de dollars d'investissements publics, soit 28 % du total mondial.

Bien que les sommes investies soient bien en deçà des investissements chinois, de nombreux pays en développement affichent des taux de croissance élevés : l'Inde a augmenté ses investissements de 25 % (3,8 milliards de dollars), les pays asiatiques, hors Chine et Inde, de 31 % (4 milliards de dollars), l'Amérique latine de 39 % (13,1 milliards de dollars) et l'Afrique et le Moyen Orient de 104 % (5 milliards de dollars).

Les pays en développement ne sont cependant pas les seuls à afficher d'importants taux de croissance des investissements financiers. Parmi les pays développés, "les Etats-Unis sont les grands gagnants" souligne le rapport, précisant que ces investissements ont dépassé les 25 milliards de dollars contre un peu moins de 16 milliards en 2009. Les investissements aux Etats-Unis ont bénéficié du plan de relance et ont été dirigés principalement vers de grands parcs éoliens.

… quand l'Europe stagne

 
Etats-Unis : les renouvelables dépassent le nucléaire Pour la première fois aux Etats-Unis, la production électrique issue des renouvelables s'établit à 11,7% du total au premier trimestre, contre 11,1% pour le nucléaire, selon le service des statistiques du ministère de l'Energie. La croissance des renouvelables est principalement due à un bond de 52,2 % de la production d'hydroélectricité. L'éolien représente pour sa part 13 % des renouvelables (1,5 % de la production électrique totale).
Quant au gaz, il participe à hauteur de 32,9 % de la production, en très légère hausse par rapport au 32,7 % affiché un an auparavant. Enfin, le charbon décline légèrement et participe pour 29% du total, contre 29,4% en 2010 et 31,1% en 2009.
 
Cependant, le rapport souligne que toutes les régions n'ont pas connu une croissance des investissements financiers en 2010. Les investissements européens ont ainsi reculé de 22 %, pour atteindre 35,2 milliards de dollars.

Le PNUE précise toutefois que cette chute "a été compensée par une hausse de la création de projets à petite échelle, principalement dans le secteur des toits solaires." En l'occurrence, il explique que la forte croissance des petits projets d'énergie solaire en Europe est étroitement liée aux tarifs d'achat, notamment en Allemagne, et à la forte baisse du coût des installations photovoltaïques. S'agissant de ce second point, le rapport évalue à 60 % la chute du coût de revient du mégawatt (MW) photovoltaïque depuis mi-2008.

En l'occurrence, le Pnue rappelle qu'en 2010, les investissements dans le petit photovoltaïque ont progressé de 132 % en Allemagne (à 34 milliards de dollars), de 59% en Italie (5,5 milliards USD), de 150 % en France (2,7 milliards) et de 163 % en République tchèque (2,3 milliards).
Le PNUE anticipe un marché "solide" en 2011, et cela, même si les baisses de tarif rétroactives annoncées en Espagne et en République tchèque "altèrent la confiance des investisseurs."

Attention aux centrales thermiques au gaz

La croissance enregistrée en 2010 s'explique par trois facteurs selon le PNUE : les aides financières pour faire face à la crise financière de 2008, le niveau élevé des prix des énergies fossiles et les tarifs d'achats élevés accordés aux producteurs d'électricité verte.

Pour 2011, le Pnue considère que des surcapacités de production dans l'industrie des renouvelables, la fin des programmes de relance, la baisse des tarifs d'achat et la compétition avec les centrales au gaz constituent les principales menaces sur les investissements.

"Les centrales au gaz, plutôt que les énergies renouvelables, pourraient être les principales bénéficiaires des problèmes rencontrés par l'industrie nucléaire", prévient le rapport. Le document explique que, du fait du "boom du gaz de schiste", les prix du gaz sont restés entre 3 et 5 dollars par million de British Thermal Unit (BTU), contre 13 dollars en 2008. "Cette situation incite les énergéticiens aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et ailleurs, à construire plus de centrales thermiques au gaz aux dépens des contrats d'achat d'électricité proposés aux projets d'énergies renouvelables", prévient le Pnue.

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