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[Pollutec] Économies d'eau : les ressources du recyclage

Les progrès accomplis dans le traitement de l'eau poussent les industriels à envisager un recyclage plus massif de cette ressource, avec à la clé des économies conséquentes. À la condition d'investir...

Eau  |    |  Actu-Environnement.com
[Pollutec] Économies d'eau : les ressources du recyclage

Économiser l'eau ? Les industriels français en ont l'habitude. Depuis les années 2000, ils ont déjà réduit d'un tiers leur consommation de cette ressource, vitale pour la plupart de leurs activités. Mais les menaces que fait peser le dérèglement climatique sur nos réserves rend cette question toujours aussi cruciale. Selon le Plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc) publié en 2017, la France devrait connaître un déficit en eau potable de 2 milliards de mètres cubes par an à l'horizon 2050 pour les secteurs de l'alimentation, de l'agriculture et de l'industrie. Or, d'importants gisements d‘économies existent encore, via des leviers propres à chaque industrie (rapports de bain plus court dans la teinturerie, nettoyage sans eau par brossage et aspiration pour certains matériaux de construction...), mais surtout par le biais de la récupération des eaux usées.

Boucles en cascade et circuits fermés

Mieux traités, les rejets aqueux deviennent en effet de plus en plus réutilisables pour d'autres usages, soit externes (arrosage d'espaces verts ou de cultures, par exemple), soit en interne dans les circuits de refroidissement, la fabrication de vapeur, les chaudières… « La qualité de l'eau se dégradant inévitablement, cette réutilisation peut s'organiser en cascade d'un équipement à l'autre, en fonction du degré de pureté attendu », précise Xavier Lazennec, directeur de l'activité eau et ports au sein d'Egis, un groupe de conseil et d'ingénierie. « Bien que cette option reste rare, il est aussi possible de mettre en place des boucles fermées et de fonctionner en mode zéro rejet liquide. » Depuis 2017, c'est d'ailleurs le cas du fabricant de produits pour le traitement des pièces métalliques Jean et Chaumont et Associés (groupe Galvanoplast), à Tinqueux (Marne). Tout est envisageable, estime Xavier Lazennec, « à condition d'être pragmatique, de cartographier les besoins au sein d'un même site pour bénéficier d'une vision globale et d'y mettre le prix ».

Des technologies qui s'affinent

 
Le savoir-faire des traiteurs d'eau réside dans l'assemblage des technologies pour obtenir le recyclage le plus adapté et le moins de rejets possibles.  
Xavier Lazennec, Egis
 
Actuellement, ce traitement de l'eau ne bénéficie pas de révolution technologique notable, mais les méthodes se perfectionnent considérablement, en évitant le recours à la chimie. Basée sur le transfert de composés entre deux masses liquides, mises sous pression, à travers des membranes de plus en plus fines, jusqu'à la centaine de microns, l'osmose inverse permet d'atteindre des degrés de purification de 80 à 90 %. Elle vient notamment à bout des composés perfluorés (PFAS), ces micropolluants utilisés dans de nombreuses applications industrielles et qui se stockent longtemps dans les organismes et autres écosystèmes. Une méthode si efficace qu'il est ensuite souvent nécessaire de... reminéraliser l'eau. En associant la biodégradation de la matière organique par des micro-organismes à des membranes de filtration très fines, avec leurs pores inférieurs au dixième de micron, les réacteurs biologiques à membranes (BRM) parviennent également à retenir de nouveaux contaminants chimiques.

Moins de chimie, plus de physique

« Cette technologie est employée en pétrochimie en Russie. Combinée à l'osmose inverse et à l'électrodialyse, elle se traduit par des niveaux de rejet compatibles avec la réutilisation de l'eau pour le nettoyage, le refroidissement ou la production de vapeur », explique Bertrand Garnier, chargé des innovations pour les recherches applicatives chez Water Technology Solution (WTS), une filiale de Suez. Pour venir à bout des éléments difficilement biodégradables, elle se complète éventuellement de traitements à l'ozone ou au charbon actif.

L'électrolyse est mobilisable pour fabriquer de l'hypochlorite de sodium, à partir d'une saumure, destinée à détruire sans produit chimique les bactéries, virus, algues, champignons et biofilms. Cette technologie permet par ailleurs d'extraire des métaux comme le cuivre, le zinc ou le nickel, par électrocoagulation. Ou encore, en double électrolyse, de procéder au détartrage de l'eau. Un bon moyen de limiter les purges dans les systèmes de refroidissement, et donc de réutiliser la même eau plus longtemps. La startup Intelgralco, qui développe ce type de traitement pour les eaux des tours de refroidissement, estime à 30 % les économies d'eau ainsi réalisées. La désalinisation de l'eau, quant à elle, peut passer par l'électrodialyse, un échange d'ions à travers une membrane, sous l'effet d'un champ électrique.

Premiers pas en France

« Le savoir-faire des traiteurs d'eau réside dans l'assemblage de ces technologies pour obtenir le recyclage le plus adapté et le moins de rejets possibles », analyse Xavier Lazennec. Contraints par le mauvais état de leur ressource en eau et par une réglementation plus stricte, certains pays comme la Chine ou la Russie ont pris de l'avance dans ce domaine, notamment pour leurs industries lourdes. Mais, même en Europe, quelques groupes sensibles à leur image, comme L'Oréal ou la SNCF, ont engagé des démarches volontaires. « La tendance commence à se généraliser », estime Bertrand Garnier. Les matériaux de construction de CMCA (filiale de Colas) sont ainsi fabriqués à 98,4 % à base d'eau recyclée et d'eau de pluie. L'eau de lavage des rames de train du centre de maintenance de la SNCF à Pantin est réinjectée à 80 % dans le circuit, pour la même opération, et le site économise 30 000 m3 d'eau par an. En complément, un autre progrès est aussi à surveiller, inscrivant encore plus fortement l'eau dans une logique d'économie circulaire et d'économies tout court : la valorisation sous forme de concentrats des composés extraits de l'eau. « Ces méthodes restent chères et nécessitent des filières en aval, mais elles font déjà l'objet de projets R&D et commerciaux chez WTS », souligne Bertrand Garnier.

Nadia Gorbatko

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