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Actu-Environnement

Pollution aux PFAS : la Métropole de Lyon lance sa stratégie de prévention et de traitement

La lutte contre les fameux polluants éternels, les PFAS, se précise dans la région lyonnaise. La Métropole, particulièrement touchée en raison de ses installations industrielles au sud du territoire, déploie son plan d'actions.

Eau  |    |  F. Bénard

Ce lundi 27 mars, le Conseil Métropolitain du Grand Lyon a voté à l'unanimité sa stratégie contre la pollution aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), aussi appelées polluants éternels.

Cette pollution massive a été révélée en 2022 suite à une enquête des journalistes de Vert de rage dans la vallée de la chimie au sud de Lyon. Elle a permis de constater des « taux élevés de certains PFAS dans les milieux (eau, air, sol) autour de la plateforme industrielle de Pierre-Bénite », liés aux usages actuels et historiques, comme certaines mousses anti-incendie, comme le rappelle l'Agence Régionale de Santé (ARS) Auvergne Rhône-Alpes. Une surveillance avait alors été lancée par les services de l'État, confirmant une pollution généralisée (eaux superficielles, souterraines, et toutes les espèces de poissons prélevées).

Plus précisément, toujours selon l'ARS, les champs captants de deux communes puisant dans la nappe alluviale du Rhône sont concernés par « des concentrations, pour la somme de 20 PFAS, supérieures à 0,1 µg/L qui correspond à la valeur limite définie par la récente directive européenne qui entrera en vigueur en France en 2026 » : 0,23 µg/L pour le secteur de Ternay, et 0,12 µg/L pour celui de Grigny. Les valeurs sont en revanche inférieures au seuil maximal pour les quatre PFAS considérés comme devant faire l'objet d'une attention particulière.

Quant à la pollution dans les milieux aquatiques, elle est faible pour les eaux superficielles, « plus significative et assez hétérogène » pour les eaux souterraines. En entrée et sortie des stations d'épuration, un seul composé a été détecté.

Evaluer le niveau de contamination des habitants

Le nouveau plan d'actions de la Métropole de Lyon porte sur plusieurs volets : l'amélioration des connaissances, le suivi de la pollution dans tous les milieux, le développement de solutions, et la prévention et protection de la population.

La collectivité confirme ainsi sa contribution au financement d'une étude sanitaire sur quatre ans par l'Institut Écocitoyen scientifique de Fos-sur-Mer (Bouches du Rhône). Ce centre est reconnu pour sa spécialisation dans l'effet des pollutions environnementales sur la santé. Cette étude, en complément de celle de l'ARS, aura d'une part « pour objectif de connaître les niveaux d'imprégnation des populations exposées », et d'autre part de « mieux comprendre la relation entre l'environnement et l'organisme humain s'agissant des PFAS ». Les citoyens seront impliqués au-delà de la campagne de prélèvements : la première phase de l'étude comprendra le développement participatif du protocole. « C'est un travail long et complexe qui mérite un partenariat avec l'ensemble des acteurs publics, les associations et les habitants », approuve Bruno Bernard, Président de la Métropole de Lyon. Cette dernière rappelle également qu'elle soutient « les initiatives citoyennes des associations locales dans leur volonté de créer leur propre Institut écocitoyen, non seulement sur les PFAS mais aussi sur l'ensemble des pollutions ».

Traiter et prévenir la pollution de l'eau de consommation

Concernant le volet eau potable, un plan d'action commun entre la Métropole et la régie Eau Publique du Grand Lyon est prévu. Il visera une évaluation plus précise de la pollution, l'identification de solutions de traitement ou de dilution, et la communication auprès des communes et habitants concernés.

L'ARS ne recommande pas de restreindre la consommation d'eau issue des champs captants les plus touchés, mais plutôt de diminuer la concentration en PFAS, notamment par une station de traitement et une interconnexion avec le réseau du Grand Lyon. Ce que confirme Anne Grosperrin, vice-présidente au cycle de l'eau : « Nous travaillons aussi avec les syndicats des eaux des territoires voisins pour étudier des solutions de traitement et d'interconnexions possibles entre le réseau du Syndicat Rhône-Sud (qui concerne dans la Métropole les communes de Givors, Grigny, Solaize) impacté par des taux importants de PFAS et le champ captant de Crépieux-Charmy afin de sécuriser ainsi l'ensemble de nos réseaux d'eau potable ».

En termes d'assainissement, le Grand Lyon bénéficiera du soutien de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse « pour accompagner les petites et moyennes entreprises susceptibles d'intervenir dans les processus de concentration ou de mise en circulation des polluants perfluorés ». Des enquêtes de contrôle ciblées de rejets toxiques seront mises en place au niveau des sites industriels déjà identifiés comme rejetant des PFAS. Le groupe Métropole insoumise, résiliente et solidaire, qui siège au sein de la majorité au conseil métropolitain, réclame par ailleurs un principe de pollueur-payeur : « il n'est pas envisageable que les industries continuent, sur notre territoire comme ailleurs, leurs activités sans participer à la réparation des dégâts environnementaux et sanitaires qu'elles provoquent ».

La stratégie prévoit enfin d'inclure dans le dialogue les agriculteurs, eux aussi potentiellement concernés par la pollution aux PFAS.

Un état des lieux de la pollution à l'échelle nationale très attendu

L'ampleur de la pollution aux PFAS sur le territoire français est encore mal connue. En février 2022, un rapport sur le sujet était commandé par le Ministère de la transition écologique à l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable (Igedd). Le député Nicolas Thierry et l'association Robin des Bois réclament qu'il soit rendu public, ce qui devrait être le cas depuis octobre dernier. « Ce rapport est potentiellement extrêmement sensible. Il est de la responsabilité du gouvernement d'informer le public et les élus pour mieux prendre en compte et anticiper les risques engendrés par ces composés organiques ultra persistants », explique Nicolas Thierry. Un tel état des lieux aiderait également à établir des normes, comme prévu par le Plan d'action national sur les PFAS présenté en janvier dernier. Le Gouvernement a jusqu'au mois d'août 2023 pour présenter ce rapport au Parlement, comme prévu par la loi climat et résilience.

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