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Pollution de l'air intérieur : un coût (minimum) évalué à 19 milliards d'euros par an

L'Anses a mené une première étude exploratoire pour chiffrer le coût pour la société de l'exposition de la population à six polluants de l'air intérieur. L'exposition aux particules dans les bâtiments constitue une part prépondérante de ces 19 Mds€.

Bâtiment  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Habitat, bureau, école, transports… Les Français passent près de 90% de leur temps dans des environnements clos. Or, "la qualité de l'air respiré dans ces environnements peut avoir des effets sur le confort et la santé, depuis la simple gêne (gêne olfactive, somnolence, irritation des yeux et de la peau) jusqu'à l'apparition ou l'aggravation de pathologies : allergies respiratoires, asthme, cancer, intoxication mortelle ou invalidante". C'est pourquoi l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI) et Pierre Kopp, professeur d'économie de l'université Sorbonne Panthéon I, ont mené une étude exploratoire pour évaluer le coût socio-économique de cette pollution.

L'évaluation, qui porte sur six polluants (le benzène, le trichloréthylène, le monoxyde de carbone (CO), le radon, les particules et la fumée de tabac environnementale), établit à 19 milliards d'euros par an le coût de cette pollution. Les auteurs préviennent : "Cette première étude [est] plus illustrative que quantitative" étant donné son périmètre restreint. Elle ne prétend donc pas à "l'exhaustivité des coûts associés à la pollution intérieure dans la mesure où en l'état actuel des connaissances, il n'est pas possible de recenser l'ensemble des polluants intérieurs et d'en évaluer les effets associés".

En 2011, l'étude européenne Aphekom avait évalué à 31,5 Mds€ par an le coût du non-respect des seuils préconisés par l'OMS pour les particules fines dans 25 grande villes de l'UE. Une étude du ministère de l'Ecologie évaluait, en 2012, l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique entre 20 et 30 mds€ par an.

14 Mds€ pour les particules

L'évaluation du coût socio-économique de la pollution de l'air intérieur consiste à additionner les coûts estimés des décès prématurés, de la prise en charge des soins, des pertes de production mais aussi les coûts de la prévention, de la recherche... Les particules à elles seules coûteraient 14 Mds€ par an.

Les six polluants de l'air intérieur pris en compte causeraient 19.884 décès par an : 342 décès liés au benzène suite à une leucémie, 20 décès par cancer du rein engendré par le trichloréthylène, 2.074 décès par cancer du poumon associé à une exposition au radon résidentiel, 98 décès d'une intoxication au CO, 16.236 décès associés à une exposition aux particules (dont 10.006 d'origine cardiovasculaire, 2.074 par cancer du poumon et 4.156 des suites d'une broncho-pneumopathie chronique obstructive) et 1.114 décès par la fumée de tabac environnementale (dont 152 par cancer du poumon, 510 par infarctus, 392 par accident cérébral et 60 des suites d'une broncho-pneumopathie chronique obstructive).

La morbidité totale engendrée par ces mêmes polluants est estimée à 31.211 personnes par an, dont 28.800 cas sont liés aux particules.

Une évaluation partielle du coût de la pollution de l'air intérieur

Les polluants ont été retenus selon la disponibilité des données sur les niveaux d'exposition de la population et les effets sanitaires associés. "L'absence de certains polluants communément rencontrés dans l'air des environnements intérieurs et pour lesquels les effets sanitaires sont connus peut susciter des interrogations", reconnaissent les auteurs. Ainsi, certains polluants prioritaires dans l'air intérieur des logements, le formaldéhyde et l'acroléine, ne sont pas pris en compte dans l'étude, "du fait de l'absence de relations dose-réponse publiées, accessibles et validées par la communauté scientifique". L'amiante, les oxydes d'azote, les composés organiques volatils (COV) et semi-volatils (COSV), les hydrocarbures aromatiques polycycliques, les agents biologiques (moisissures notamment) ne figurent pas non plus dans le périmètre de l'évaluation. "Un élargissement des polluants intérieurs considérés pourrait a minima inclure les polluants classés prioritaires par l'OQAI et l'Anses, et qui ont fait l'objet récemment, ou doivent faire l'objet prochainement, de l'établissement d'une VGAI" (valeur guide dans l'air intérieur), estiment les auteurs.

Les effets retenus pour chaque polluant sont relatifs à une exposition chronique, or, "les effets aigus peuvent être générateurs de coûts". L'effet cocktail de ces différents polluants n'a pas non plus été pris en compte, car peu abordé par les évaluations sanitaires.

Les auteurs estiment donc que la poursuite de ces travaux pourrait prendre en compte le formaldéhyde, les moisissures, l'effet cocktail. Une approche par source de pollution (ameublement, produits ménagers…) leur paraît également pertinente.

Réactions8 réactions à cet article

 

Étonnante précision des chiffres...

Wackes Seppi | 10 avril 2014 à 23h45
 
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Quelle Nouvelle! La Pollution Intérieure est supérieure à l'Industrielle! Mais enfin, qui produit ces polluants mis sur le Marché,sinon les Pollueurs
Et pourtant, des Produits Naturelles nous permettent d'obtenir une atmosphère respirable ,sans effets sur la Santé . On ne les trouve pas dans les SuperU ?mais dans les Forêts dites Vierges , derniers témoins de la Nature de nos Ancêtres ,exposés eux aussi aux Polluants Planétaires!

arthur | 11 avril 2014 à 12h57
 
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Ces calculs d'apothicaire me rappellent ceux de la sécurité routière : on additionne des choux et des carottes, on multiplie par l'age du capitaine et on tombe en général entre 20 et 30 milliards d'euros. Suffisant pour alarmer le bon peuple mais pas trop pour qu'on puisse penser que des solutions sont possibles. Pour moi, dans ces questions, le seul cout qui devrait être pris en compte, c'est le cout du traitement des malades (et éventuellement les recherches associées). Mais intégrer dans le calcul, la perte de la production des personnes décédées... dans un pays qui compte 3 millions de chomeurs et 10 millions de gens qui ne travaillent pas à leur convenance, c'est vraiment se foutre du monde ! De même qu'intégrer le cout d'une vie humaine. La vie humaine n'a pas de prix, ou alors si peu quand il s'agit pour les assurances de dédommager une victime. Et puis surtout, globalement, ne voir que les couts, pour un économiste, c'est un peu fort de café. Dans un bilan, il y a toujours deux colonnes, il y a ce que ça coute et ce que ça rapporte. Les médecins dans les cliniques, les chercheurs, les ambulanciers, les infirmières, les systèmes de dépollution, la recherche automobile... tous ces gens-là participent à l'économie du pays. Tous ces gens là participent à la constitution du PIB. Donc globalement, l'opération est forcément neutre. Et puis, au fait, ça nous couterait combien de ne plus polluer ?

Hervé | 11 avril 2014 à 17h31
 
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Le métro est un bon exemple de pollution massive par les particules, la fumées et toutes les émanations des machines avec la chaleur et des personnes avec la pollution biologique (microbes, champignons microscopique). Un détail curieux beaucoup de parfums contiennent des constituants dangereux pour l'environnement, parfois fortement irritants! En tout cas ce sont les logos visibles sur les concentrés.
La pollution dans les autres transports en commun varie suivant les dégré de ventilation (ou la possibilité de ventilation...)
Il sera bien difficile de conjuguer transports en commun et qualité de l'air respiré par les usagers.

ami9327 | 13 avril 2014 à 01h39
 
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M. Arthur a écrit le 11 avril 2014 à 12h57 :

« La Pollution Intérieure est supérieure à l'Industrielle! Mais enfin, qui produit ces polluants mis sur le Marché,sinon les Pollueurs » ,

Bravo ! Les moisissures ou le radon sont produits par des « pollueurs » ! Les producteurs de meubles utilisant des panneaux de particule, des vernis, etc. sont des pollueurs...

La fumée de cigarette, les émanations de cuisine sont produits par des « pollueurs » » !

« Et pourtant, des Produits Naturelles (sic) nous permettent d'obtenir une atmosphère respirable ,sans effets sur la Santé » ?

Oh oui ! L'encens – reconnu comme cancérigène – est un produit naturel permettant d'obtenir une atmosphère respirable...

.

M. Hervé a écrit le 11 avril 2014 à 17h31 :

« Ces calculs d'apothicaire... »

Je crains que vous ne soyez p as assez « réaliste ». Lire : cynique.

Un décès prématuré est, tout compte fait, un bénéfice pour une société égoïste (enfin, la société de ceux qui ne sont pas spécialement menacés par le décès prématuré) et pour ces bobios qui considèrent que l'humain est une catastrophe pour Notre Bonne Mère Nature.

Wackes Seppi | 14 avril 2014 à 16h14
 
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On se calme ...
C est pas évident de quantifier le coût d'une pollution que l'on ne sait que partiellement appréhendé. L'article le dit lui même "Cette première étude [est] plus illustrative que quantitative". Prenez votre vélo, arretez d'acheter des meubles à 2francs six sous, ne mettez pas de "trucs" pour parfumer votre intérieur ( et sur vous aussi), ne fumez pas à l'intérieur, aerez correctement votre logement tous les jours, ne nettoyez pas votre intérieur avec des produits chimiques de synthèses, laver votre linge à la cendre, ne peignez pas vos murs ou vos meubles avec des peintures pleine de COV......Soyons moins cons et mous serons moins malade... Et pitié arretez de dire que vous n'avez pas le choix ( faut que j'aille chercher mes enfants , je dois faire les course,.... blabla.. ca c est vrai pour tout le monde alors soyons adulte et arrettons de nous trouver les excuses à l'inaction.

Olive7431 | 15 avril 2014 à 09h36
 
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... et ajoutons les possibilités de dépollution grâce à certaines variétés de plantes d'intérieurs.

Did | 16 avril 2014 à 07h59
 
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Malheureusement les plantes, en dehors des conditions de laboratoires, n'ont pas la capacité à dépolluer l'air de nos habitations ...Il faut donc agir à la source

http://www.appanpc.fr/Pages/article_recherche.php?art=392

Oliv7431 | 16 avril 2014 à 09h38
 
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